Rêve de femmes
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N°45 - S'abandonner, s'ouvrir, s'offrir, ça s'apprend
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N°44 - Cultiver la joie
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N°43 - Rites des Premières Lunes
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N°42 - Une Sexualité Sacrée - Pour quoi ? Comment ?
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N°41 - L'alimentation vivante peut-elle restaurer la santé des femmes ?
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N°40 - L'appel de la Femme Sauvage
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N°39 - Se séparer sans se déchirer
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N°6 - Agenda lunaire 2016 - N°6 - PDF
N°38 - Une femme avec une femme
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N°37 - Amour, tendresse, fluidité
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N°36 - La fonction de l'orgasme
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N°5 - Agenda lunaire 2015 - N°5
N°35 - Oser rêver grand et vivre ses Rêves pdf
N°34 - Sorcières, soeurcières, sourcières d'aujourd'hui PDF
N°33 - La Gynéco autrement PDF
N°32 - Les blessures sexuelles PDF
N°31 - Vivre en harmonie avec son cycle lunaire PDF
N°30 - Le Polyamour PDF
N°29 - Rites de purification PDF
  - Agenda lunaire 2013 - N°3
N°28 - La fidélité : à qui, à quoi ? PDF
N°27 - Tentes rouges, Cercles de Femmes PDF
N°26 - Clitoris et points A, B, C, D, E, F, G... - Parlons d'amour et de sexualité aux ados PDF
N°25 - L'argent, une valeur féminine - Décoder le calendrier Maya PDF
N°2 - Agenda lunaire 2012 - N°2
N°24 - Mystère et Puissance de la Matrice - Lorsque les Mères saturent PDF
N°23 - Femmes lunaires, femmes solaires - Secrets de beauté au naturel PDF
N°22 - L'Homme honore le Féminin - Histoires de Seins PDF
N°21 - Les Archétypes - Accouchement Orgasmique PDF
N°1 - Agenda Lunaire 2011
N°20 - Saisons de vie - L'enfant... école alternative PDF
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N°19 - Réinventons le couple - Perceptions subtiles PDF
N°18 - Ménopause épanouie - Tao des émotions PDF
N°17 - Contraception naturelle - Rivalité... Sororité PDF
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N°16 - L'IVG - L'Apparence reflète l'Intérieur PDF
N°15 - Le Sang des Lunes - Pretresses d'aujourd'hui PDF
N°14 - Contes Initiatiques - Sexualité Yin PDF
N°14 - Contes Initiatiques - Sexualité Yin
N°13 - Femmes en réalisation - Prière... action PDF
N°12 - Gratitude - Danse, Grand-Mère
N°11 - Du corps à l'esprit - Femmes de Pouvoir PDF
N°10 - Femme créative - Porter la Vie
N°9 - Semences pr l'à-venir / Mère Terre
N°8 - L'Esprit des Plantes - S'ouvrir à la Mort
N°7 - Le Don d'Amour - Sexualité Sacrée PDF
N°6 - Gai-rire de soi - Apprentie de la Vie PDF
N°5 - La Voix du Silence - Notre lieu de Pouvoir PDF
N°4 - Appel des Femmes... conscience planétaire PDF
N°3 - Responsabilité/Liberté - ...les Ados PDF
N°2 - Sororité/Coopération-Ménopause... Sagesse PDF
N°1 - Cycles du corps-Cycle Lunaire Féminin PDF
 
 
 
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Une Sexualité Sacrée - Pour quoi ? Comment ? - N°42

> Extrait | > Galerie | > Portrait

SOMMAIRE

03 Édito / Karine Nivon
04 Sommaire

CARPE DIEM
07 L'air du temps / Frédérique Larcher
08 Astro mondiale / Daniel Testard
10 Énergie de saison / Maïtie Trélaün
CORPS ACCORD
13 La femme et le cycle lunaire / Legend Keeper Géraldine
14 Faites-le vous-même / Serena Zigrino Deligny
15 Pénélope chez la Gynéco / Annie Destombes
16 La Révolution des Yoni / Mahasatvaa Ma Ananda Sarita
18 L'ayurvéda au féminin / Nathalie Geetha Babouraj
20 Essences féminines / Anne-Julie Yonnet
PARFUMER L'ESPRIT
22 Le coeur se livre / Sylvie de Berg
23 Femmes alchimistes / Marie-Laure Dellea-Loisance
24 Célébrons la femme debout / Christine Marsan
25 Livre-toi ! / Rêve de Femmes Editions
26 Parole de terrien / Yann Marty
27 Poésie vivante / Camille Case
TISSONS NOS LIENS
29 Couples en chemin / Françoise Berry
30 Vers une parentalité bienveillante / Cendrine Pasquier
31 Matern'elles / Clémence Laloue
32 Vue d'ado / Lisa
DOSSIER
Une Sexualité Sacrée. Pour quoi ? Comment ?
34 Je suis née femme / Sabryna Berthoud
36 Un cheminement sacrément long / Stefany Vella
38 Deux êtres entiers, l'un face à l'autre / Cecilia Gautier
40 Invitation à l'usage des amoureux qui veulent mettre de la spiritualité dans leur vie sexuelle,
et vice versa. / Judith Benitah-Rumani
42 L'homme tantrique ou le vrai romantique ? / Pierre Servanton
44 La sexualité sacrée ou la rencontre avec « L'Extraordinaire Permanent » de la Vie / Danièle Flaumenbaum
47 Sacraliser la sexualité / Pierre-André Blanc
49 Un temps pour soi / Claire Hérino-Imbert
POUR L'AMOUR DE L'ART
51 Se relier au vivant par la création / Emmanuelle Mounier
52 Portfolio : Anna Miarczynska
PARTAGE
Onguents, crèmes, potions...
Secrets partagés sur ce que les femmes créent depuis toujours
GARDIENNES DE LA TERRE
69 Femmes de boue / Nydia Solis Tzaquital
72 Des racines dans la ville / Marie Gullí Démarre
NOURRITURES TERRESTRES
74 La cuisine ayurvédique / Vibusha

75 L'Agenda des Femmes
76 Bulletin de commande
78 Pubs
84 Le Rêve d'une femme / Anne Barth

 
 

 

EXTRAIT

Revue n°42 - Eté 2016 - Nous vous faisons découvrir d'autres textes écrits par des auteurs pour le site : Emma, Rémy, François-Marie, Maria, Marianne, Daniel, Emma, Karen et Myrha.


DOSSIER : "UNE SEXUALITE SACREE - POUR QUOI ? COMMENT ?"



1- De la sexualité refoulée à la Sexualité Sacrée de Emma GRILLET

Le respect de l’Énergie de Vie demande bien souvent une rééducation des consciences et un réapprentissage d’une hygiène et beauté de la VIE. Il y a actuellement beaucoup de confusions et d’interprétations erronées sur le sens de l’Énergie de Vie ou sexualité (celle-ci est bien souvent réduite à une vision primaire de son sens), et bien davantage lorsque nous parlons des « organes de Vie : Yoni et Vajra ».

Chaque être, au cours de sa vie, rencontre son énergie de Vie ou énergie sexuelle. La sexualité est fondatrice de notre création, de notre évolution et de notre conservation. Sans sexualité, nous ne serions plus vivants.
Que la sexualité que nous vivons soit refoulée, primaire, en évolution ou accomplie, cette énergie nous habite de notre premier battement de cœur dans la matrice de notre mère à notre dernier souffle d’incarnation.
La sexualité refoulée est vécue dans le corps, puritainement. Nous avons un équilibre énergétique. Si nous refoulons notre énergie à un endroit de notre corps, elle se surajoutera dans un autre espace. Ainsi, l’énergie brimée dans la base se réfugiera dans la tête. En conséquence, la Vie est abordée d’une manière rejetante, jugeante (car l’énergie de frustration est, elle aussi, niée), non chaleureuse, et retenue dans des principes, des dogmes, des croyances.
La sexualité dite « primaire », quant à elle, se manifeste dans un aspect très fonctionnel et mécanique, accompagné d’un désir immédiat, brutal, éphémère et égoïste où la recherche de l’orgasme dépend du partenaire. Nous retrouvons souvent, associés à la manière de considérer l’énergie sexuelle, des sentiments au Cœur, comme la jalousie, la possessivité, l’envie, la frustration, la rancœur…

La sexualité consciente ouvre un aspect de conscience et de respect tant dans la relation que sur les organes de yoni et vajra. Les notions de détachement et de dévotion se matérialisent dans le corps. La quête de l’orgasme s’apaise pour faire place à une acceptation et un plaisir de « ce qui est ». Ce stade d’éveil à l’énergie sexuelle permet aux partenaires de s’unir non pour se dominer, mais pour se soutenir et reconnaître la profondeur de qui ils sont. Respect, connaissance de soi et de l’autre, connaissances ancestrales de la Vie et assimilation de ces sagesses dans le corps rayonnent dans leurs relations.
La Sexualité Sacrée, épanouie dans les structures de l’être, alchimisée et spiritualisée dans le corps, c’est la rencontre de la divinité dans la matière… palpable, émanante et visible. La Sexualité Sacrée montre les plus belles créations Divines dans notre chair et dans notre Matière. Rayonnante de Lumière et de Joie, communicante de bonté, de beauté et de grâce, cette source sacrée nous habite dans toutes les cellules de notre corps. L’énergie sacrée se manifeste dans une sexualité lumineuse, associée à un amour dans le cœur et une sagesse dans l’esprit, unie à une conscience collective, planétaire et universelle : Un parmi Tous, Tous dans le Un de notre Un.

De même, Yoni et Vajra (nos organes de Vie féminin et masculin) sont à considérer sur différents plans corporels :
Au niveau physique, ils ont des fonctions organiques essentielles pour nos besoins fondamentaux, comme tous les autres organes de notre corps. Ils ne sont pas des organes Vitaux tel le cœur, car nous pouvons vivre même s’ils dysfonctionnent. Ils ne sont ni « sales » ni « en Or »… Ils sont !!!... Et leur essence ASSUME dans leur intégralité leur fonction d’ÊTRE.
Au niveau émotionnel, ces organes portent de multiples blessures originelles, infantiles et karmiques car ils sont symboliquement la Base de la construction de notre Identité dans cette vie Terrestre. Nous y retrouvons les schémas éducatifs de notre enfance, ou bien souvent ces conditionnements se retrouvent dans tous nos comportements, mais également dans notre pouvoir d’action dépendant de notre capacité à émaner notre puissance de Vie (issue de notre source créatrice se situant dans notre base…). Ils portent également tous les conditionnements et les poids émotionnels que nous leur projetons.
Au niveau mental, de multiples croyances fausses et injustes sont véhiculées sur cette partie de nos corps, provoquant soit un rejet, une indifférence voire une « blasphémation » de cette partie divine de notre structure, soit une focalisation extrême, une idolâtrie, une identification réductrice et aliénante ôtant la neutralité même de ce qu’ils sont. Ce ne sont pas notre corps, notre désir, notre sentiment d’amour qui sont des problèmes, mais notre conscience limitée, aveugle et radicaliste, amenant des actes désalignés et déconnectés de notre Centre.

Au niveau énergétique et spirituel, ils sont sources de la Création, de l’Énergie de Vie et de nos possibilités de générer une énergie nouvelle, purifiante et émanante de la Vie. Ils sont à l'origine de nos possibles de construction, de nos pouvoirs d’action en lien ou non avec nos pensées et sentiments.
Ainsi, l’énergie sexuelle est une énergie vivante. C’est la principale puissance de laquelle découlent les autres forces. Sa nature, c’est le mouvement, l’enfermer équivaut à activer une bombe nucléaire.
L’être humain est d’essence divine, à la fois masculine et féminine (représentée par Shiva et Shakti, que l’on voit s’accoupler dans les temples hindous), yin et yang. Dans certaines traditions, l’essence de l’énergie sexuelle est utilisée en méditation-prière pour appeler les plans célestes, pour d’autres, pour réaliser la communion cosmique, et pour d’autres, pour créer leur projet.
Loin de nous annihiler, la sexualité bénie nous permet de faire jaillir au plus haut de notre verticalité la Vie, et non de la déverser au bas de nos sphères.

Le Tantra et le Tao nous proposent de rencontrer nos Forces de Vie, de cesser d’en avoir peur, de les démystifier et de leur redonner leur justesse divine. Ce qui ouvre à une réconciliation intérieure, une réharmonisation sur tous les plans et ainsi à l’UNITÉ…
Retrouvons le chemin qui mène à notre centre en nous réappropriant l’énergie que nous rejetons ou projetons et en nous réconciliant avec le Tout que nous sommes…

Emma GRILLET
Accompagnante en Tantra et Channeling
Cercles de femmes, cercles mixtes (homme/femme)
www.emma-grillet.fr

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2- Réenchanter sa sexualité, première étape de l’élan spirituel de Rémy

La place de la sexualité dans une démarche spirituelle s’inscrit dans un processus de réintégration et non d’élimination.

Si l’on observe la dynamique de connaissance de soi, qui est un des processus qui meut notre énergie et notre conscience sur le chemin d’une spiritualité vivante et incarnée, on se trouve rapidement face au choix de réintégrer le corps dans notre champ spirituel ou au contraire de l’éliminer au profit de l’Esprit.

Le fait que nous soyons incarnés au sein du mystère de la création m’invite à présupposer le corps comme espace sacré où s’exprime tout entier le mystère de l’univers. La sexualité dont le corps soutient une partie de l’expérience s’invite sur le chemin de la connaissance qui révèle l’être au profit de la personnalité.
La sexualité unit toute l’humanité au-delà des époques, des lieux, cultures et croyances. Nous en ferons tous plus ou moins l’expérience et même si l’on est engagé dans son élimination par choix et ascèse, cela ne fait que la placer au centre de nos préoccupations.

Se réveiller à notre être est aussi se réveiller à notre sexualité en y investissant notre conscience. Ce processus permet d’appréhender celle-ci, non plus comme un acte purement reproductif, mais comme une qualité de la conscience et de l’énergie à nous révéler la porte des étoiles.
Pour ce faire il est bon dans un premier temps d’opérer un pas de recul « intérieur » pour nous voir tels que nous sommes, sans rien chercher à faire, ni à commenter ou réussir.
Savoir d’où l’on part, s’interroger sans fard sur l’espace où se trouve notre sexualité dans le développement de notre être, comme : Je n’y ai jamais pensé ! Je ne veux pas trop m’y investir car j’ai des peurs ou des croyances ! Ce n’est pas agréable ! Je ne trouve pas l’échange que j’attends avec mon partenaire, ou bien au contraire, je suis tourné vers son espace sacré afin d’ouvrir mon être à plus vaste.

L’important, outre ce qui est sous-jacent aux questionnements de départ, est de se mettre en chemin depuis ce lieu où la présence de la sexualité est un processus de réintégration et non d’élimination. Une des qualités qui me semble essentielle à cette réintégration est d’oser un regard toujours neuf sur ce que nous en faisons. Déjouer les complaisances et faire œuvre de simplicité. Toute vérité spirituelle s’est toujours formulée simplement, voyons donc si notre sexualité s’exprime aussi avec simplicité. Doit-on faire de multiples respirations, méditations, asanas, mantras, visualisations, jeûnes pour y trouver de la grandeur quand celle-ci s’éveille au corps et à la conscience ? Si toutes ces pratiques sont éminemment respectables, s’expriment-elles d’un espace de mon être qui a peur ou de celui qui ressent de la joie ?

L’ampleur et la souplesse de l’être s’imposent comme acte préparatoire à l’accueil d’une sexualité sacrée vivante, ouvrant sur une joie profonde et bienveillante de toutes les composantes de notre être.
Depuis que je travaille sur les peurs, les attentes qui s’expriment au travers de la sexualité, je suis forcé de constater que le chemin qui nous conduit à découvrir la porte des étoiles commence par un ré-enchantement de notre sexualité.
Donc, avant tout engagement dans un processus spirituel au travers de sa sexualité, il sera bon de bien connaître ou reconnaître ce qu’est notre sexualité.

L’union du féminin et du masculin qui porte au voyage que nous avons choisi d’entreprendre, est une cocréation femme/homme.
Savoir accueillir l’autre est primordial. Oser l’écoute des peurs, des fantasmes, des attentes de notre partenaire avec bienveillance, en libérant très vite les jugements sur ceux-ci qui sont, in fine, des jugements sur nous-mêmes.
On ne peut pas revendiquer le sacré dans l’acte s’il n’y a pas œuvre d’écoute mutuelle dans la simple expression des désirs.
Pour accueillir le féminin, l’homme devra, entre autres, entreprendre une écoute à l’endroit où l’intensité de la sexualité s’exprime dans le relâchement, la lenteur, l’abandon. La femme devra quant à elle libérer les legs générationnels voire transgénérationnels sur son rapport à l’homme et à l’expression de sa féminité.
La question qui m’est alors fréquemment posée par les femmes est : Que puis-je faire si mon compagnon n’est pas dans cette recherche du développement de l’être ?

Il est bon alors d’emprunter la voie de l’Éros qui est désir, mouvement, et expression de la vie.
Honorer ses désirs de soi à soi sans rien juger « il n’y a pas de passage à l’acte ici », c’est aussi oser son féminin dans tous les aspects qu’il peut revêtir, comme un regard contemplatif de la vie. Être son féminin vivant, accueillir cette part de nous qui désire la connaissance de l’âme comme celle du corps.

Le désir de cet autre « contre soi » est semblable à ce qui s’exprime dans l’émotion à la vue d’un arbre, d’une fleur, d’une œuvre d’art, qui ne seront jamais nôtres mais nous pouvons tous goûter ce qu’ils révèlent de nous et en nous.
Nul besoin de multiplier les partenaires ou les expériences sexuelles pour s’engager dans l’exploration d’une sexualité sacrée. Il se peut qu’un jour vous preniez simplement un homme ou une femme dans vos bras et que vous vous transportiez mutuellement au firmament du monde. Qu’un simple partage de quelques minutes dans un moment sans attente, juste l’un contre l’autre, vous propose un sentiment d’éternité. Cette union sans acte sexuel est là aussi l’expression de la sexualité sacrée.
Pour investiguer ce chemin, il est bon de travailler l’écoute, la sensorialité, la tactilité et la détente corporelle. Pour ma part je recommande le Tantrisme qui est une voie spirituelle qui ne rejette rien. Mais toutes les voies qui sont empreintes de non-dualité portent aussi à cette ouverture.
N’abandonnez pas vos peurs, abandonnez-vous à vos peurs.

Rémy, vijnana@re-my.com
Fondateur de www.tantrisme.org
Accompagnateur de stage de tantra depuis 8 ans. Initié dans un ordre occidental depuis plus de vingt ans, je travaille à relier l’ésotérisme transmis par les écrits à la joie de l’expérience vivante.

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3- Du cœur des mandalas à celui des étoiles de François-Marie Périer


L’homme et la femme cherchent à retrouver l’unité originelle, la complétude avant la scission et l’exil… C’est la grande nostalgie des origines, le retour au sacré qui nous appelle, fait d’Amour et de Sagesse, comme le montre l’éternelle fusion amoureuse de ces deux principes, l’un masculin, l’autre féminin, au cœur des mandalas tibétains.

J’ai écrit ce texte en 2012 écoutant les chants composés par la mystique Hildegarde de Bingen, sainte et docteur de l’Église (XIIe siècle) qui décrivait l’Univers comme une éternelle union du principe masculin et du principe féminin.

Chants de l’extase, Hildegarde de Bingen

Quand le champ des plausibles est quitté, c’est le quantique.
La voix n’implore plus même, elle est pluie de photons, coulée d’eau de l’espace, glace ou marbre futurs, explorant la nuit cosmique, où les mots ne demeurent qu’atomes raréfiés porteurs de trinité, dans des vagues de silence, où le désir n’est pas, rien que de la beauté.
La parole étendue dans le courant céleste brille à peine dans l’extase comme un battement d’ailes, une delphinale guidance.
Lois des nombres dans l’onde de la parole, figures déliées libres.
La conscience se découvre Univers et son chant fleuve d’étoiles.
Tiré de Terres Promises, Éditions Brumerge, Grenoble, 2014


Texte écrit devant la statue de Canova, Eros et Psyché, au Louvre
Amour et psyché

Canova, Amour et Psyché : Eros, dieu de l’amour ailé, fils de Vénus, se penche sur la jeune fille plus belle que sa mère... Le grand miroir de Psyché se renverse, l’accueille et lui rend sa lumière.

L’Amour donne le baiser à l’Âme et la réveille… Il se penche et s’épanche sur elle.
La symétrie des corps est unie par un même cœur comme les ailes du papillon des âmes libérées par la métamorphose.

Psyché, c’est l’âme et c’est le souffle, réveillés par l’Amour, car l’union des corps et leur séparation donnent de l’ampleur et du rythme à la respiration.
Ensemble, le dieu et la mortelle traverseront les épreuves de Vénus, mère matérielle d’Éros, vouée au seul plaisir, jalouse de la beauté de l'âme qu’elle refuse à son fils. Mais Zeus accèdera au terme du parcours initiatique à leur mariage et leur éternité : l’Âme et l’Amour sont éternels.

Tiré de Terres Promises, Éditions Brumerge, Grenoble, 2014


J’ai écrit ce texte à Tenerife, aux Canaries, en 2013 au cours d’une nuit en méditation (tiré de Oniriques Origines).
Prajna-Karuna, Sagesse et Amour

Le Dharma est étymologiquement « Ce qui soutient le monde » éternellement : l’amour en son intime douceur. Prajna et Karuna, la Sagesse et l’Amour, sont enlacés au cœur des mandalas tibétains. Prajna, la Sagesse, est féminine. Karuna, l’Amour-Compassion, est masculin. Ils sont représentés par un Bouddha et sa parèdre unis amoureusement dans le lotus, dans un plaisir non duel, fondus l’un en l’autre.

Merveilleuse image pour dire qu’au cœur de l’Univers et de tout être, il y a toujours dans sa chambre nuptiale la douce énergie de fusion de l’Amour et de la Sagesse, Philo-Sophia éternelle.


J’ai écrit ce texte à Livingston, au Guatemala, en 2004
La beauté et le symbole des couples en voyage : Âmes-sœur - Syzygie


Les anciens Gnostiques disaient que tout procède de l’Un
premier en couples de complémentaires métaphysiquement unis : les syzygies.
Ces couples furent scindés par la chute de l’un ou l’autre amant. La chute de Sophia, la sagesse, en fut l’exemple le plus célèbre.
L’homme, sans cette sagesse, et pour cette sagesse féminine, traverse les espaces en monade nomade assoiffée de tendresse, et le désert de sa vie, en quête d'altérité. La femme le désaltère. L’oasis fait paraître beau le désert. Le désert fait paraître belle l’oasis. La promise, l’âme sœur, est celle dont les étoiles dans les yeux nous parlent depuis quelques années-lumière d’il y a quelques années-lumière, lorsqu’elle était à nous unie, et tunique de rêve vêtant notre nue unité en la nuit précédant l’aube universelle.

L’homme et la femme, comme les corps célestes, ne tiennent dans le vide, l’espace de leurs vies, que par les champs magnétiques de leurs désirs de se connaître. Piste de danse. Piste aux étoiles, tel est cet univers. Tout danse, tout s’aime et s’aimante et les champs magnifiques émeuvent les mondes.

Tiré de Oniriques Origines, Éditions Brumerge, Grenoble, 2014


François-Marie Périer, enseignant, guide de voyage, auteur et photographe. Son dernier livre, Q(o)uest, interroge la destinée de l’Occident à travers ses mythes et ses archétypes depuis l’Inde jusqu’à Jung.
http://les-editions-brumerge.wifeo.com/francois-marie-perier.php

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4- Sexualité : de la sensation à l’amour divin de Verhulst Maria

Des corps qui se rencontrent dans un acte d’amour éveillent la magie. Le mystère divin de la vie se rejoue. Le magnétisme sexuel scelle dans la matière la fréquence vibratoire de la beauté du don d’un être à un autre. La conscience du monde extérieur et la perception de sa propre identité disparaissent dans l’exhalation. La transcendance consciente ou non commence son œuvre de transformation…

Dans l’antiquité, en particulier durant les fêtes dionysiaques et les rites de fécondité, l’énergie sexuelle était considérée comme une manifestation du divin. La fécondité étant la vie, la vie étant sacrée, les organes sexuels générateurs de vie étaient perçus comme l’expression du divin en nous. Le sexe était déifié et sacré.
Dans les traditions orientales, et notamment le tantrisme, l’énergie sexuelle est une voie pour atteindre la connaissance intérieure, un état supérieur de conscience et d’illumination.
Par contre, le christianisme et le judaïsme vont faire basculer la sagesse ancienne en instituant la honte, la culpabilité et la défiance pour une apogée au XVIIe siècle dans un fanatisme d’intolérance à l’égard du sexe.

Après des siècles de morale judéo-chrétienne et de civilisation matérialiste instaurant une dissociation entre profane et sacré, émerge une nouvelle conscience qui, tant bien que mal, cherche à réunir ce qui a été séparé. Pour que « sexualité » danse à nouveau avec « spiritualité », hommes et femmes devront réapprendre à s’abandonner à l’énergie sexuelle afin qu’elle se transmute en énergie spirituelle. Le premier acte d’amour sera d’avoir suffisamment d’amour pour soi pour valider et réhabiliter tous les échelons d’ascension de l’instinct à l’amour divin.
Le désir et la pulsion sont les premières manifestations de l’instinct sexuel.
Aussi longtemps que sa conscience s’identifie uniquement au corps, l’être humain pense et vit une sexualité qui est de l’ordre de la sensation. De toute sensation de plaisir naît le désir d’en avoir davantage. Tant que les énergies sexuelles se manifestent sous cette forme inassouvie, elles ont besoin d’être vécues car un instinct refoulé crée une névrose et un instinct renié provoque la perversion.
Durant ce temps, la magie du mystère de l’union s’enclenche et l’énergie sexuelle déclenche la puissance nécessaire à ouvrir la porte entre l’esprit divin et la matière. Lorsque cette énergie circule de haut en bas, elle transmet la vie dans notre corps et le corps est animé par l’âme qui alimente notre processus de transformation. Lorsqu’elle se déploie de bas en haut, le même processus de transformation recherche le cœur pour humaniser notre animalité.
Donc, même lors d’une sexualité organique où chacun des partenaires n’est en référence qu’avec lui-même, il y a dissolution de la structure individuelle du Moi qui ouvre le portail d’une autre dimension d’eux-mêmes.

Petit à petit, le relationnel reprend ses droits. Notre chemin d’évolution fait naître le besoin de vivre une relation en conscience, plus aimante et créative aux moments des ébats avec le partenaire. En mariant cœur et sexe, une autre qualité de présence à soi et à l’autre nous fait grimper l’échelon vers la dimension spirituelle.
Mais le relationnel n’est pas encore le spirituel.
Le corps étant le siège des affects et des émotions, l’ouverture de cœur lève le voile suivant sur les angoisses archaïques de chacun des partenaires. Pour les hommes, la peur de l’archétype maternel, le sentiment d’engloutissement, la perte de contrôle avec le risque de devenir dépendant du féminin… Pour la femme, la peur d’être soumise dans l’abandon face à l’homme, d’être vulnérable et dépendante si elle s’ouvre à la relation, la peur d’être pénétrée et objetisée…
Le couple est le chemin initiatique de transformation par excellence car se désidentifier de ses constructions psychoaffectives, d’un amour d’attachement et de l’ego réclament un travail sur soi considérable.
Une fois l’histoire personnelle de chacun réhabilitée, réparée, une fois le passé de nos traumatismes effacé, lorsque l’autre n’est plus considéré comme un ennemi, un danger ou un simple objet de plaisir, et encore moins comme un refuge ou un substitut maternel ou paternel, femme et homme récupèrent réellement leurs qualités féminine et masculine. Le sentiment de communion corps, cœur, âme grandit et ils sont prêts pour l’ultime échelon du processus d’ascension.

L’union du Masculin et du Féminin a eu lieu en soi. On perd les limites de la personnalité égotique et l’unité divine est vécue comme son propre Être, comme « je suis », comme un état de conscience absolu.
Le plaisir naît de la connexion des corps qui s’attirent par la force magnétique des dualités qui tentent de recréer la source de l’être, la fusion cosmique originelle, l’éternité, la vacuité, le néant qui a produit le Un.
Or lorsque la connexion divine est réalisée en soi, on est naturellement harmonisé par le féminin-masculin intérieur. Nos besoins ne sont plus attisés par nos manques, qu’ils soient sexuels, affectifs ou spirituels et paradoxalement, on ne recherche plus tant le plaisir en tant que finalité.

Le corps humain contient tout l’univers et lors de l’acte sexuel, la résonance de deux fréquences du Soi qui s’épousent dans la matière devient la symphonie de la création entière. Les cellules vibrent universellement à l’unisson, et l’orgasme ressenti sera divin. C’est la plénitude, l’illumination qui à ce stade de l’évolution peut aussi se produire avec ou sans acte sexuel car un baiser, un regard pourrait suffire.
Chacun a une attitude intérieure qui rend hommage à l’union et à son partenaire en le sacralisant non pas dans le contrôle d’une intention mais dans une qualité naturelle d’Être de par la réalisation de l’unité en soi.

Verhulst Maria
Chemin de transformation, de conscience & d’éveil
Spiritualité & Chamanisme
Directrice de l’école de Biodanza SRT de Soignies
www.centre77.org
info@centre77.org

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5- Rituels de femmes pour s’épanouir au rythme des saisons de Grasselli Meier Marianne

Célébrez avec la nature un écorituel pour honorer votre sexualité. Captez l’Âme saisonnière, vibrez et cocréez une cérémonie, en solo ou entre femmes.

Je vous invite à capter l’âme de l’Été. Aucune saison ne ressemble à une autre et chacune d’entre elles nous permet de vivre pleinement une facette de nous-mêmes. La saison estivale nous propose de vivre intensément notre potentiel et notre jouissance. Nous remarquons également que les saisons deviennent plus chaotiques que par le passé. J’aime à penser que, mère nature, telles les femmes sous hormones, a moins accès à sa cyclicité et que, pratiquer un rituel entre femmes, permettrait de redonner « mouvance à la vie » y compris pour la terre mère.

Préparer et vivre un écorituel, c’est retrouver le lien entre ce qui vous environne et votre être profond, et vivre l’authenticité de qui vous êtes. Chaque cérémonie est un puissant capteur d’énergie. Je vous propose d’en trouver le chemin ensemble.
Commencez par une promenade consciente. Prenez un sac et un tambour si vous en possédez un. Dès votre arrivée en pleine nature, captez ce qui vous entoure : votre peau dénudée caressée par le vent, vos narines qui frétillent quand vous vous approchez des fleurs, des buissons de baies. Vous percevez les chants et les mouvements des animaux qui partagent votre territoire. Le soleil apporte sa chaleur et votre corps exhale ses odeurs. Sentez que vous vous expansez. Ramassez et emportez quelques éléments de la nature, juste parce que cela vous « parle ». Remerciez mère nature pour ses dons.

Choisissez votre lieu de cérémonie. En extérieur ou de retour chez vous, délimitez votre espace. Vous veillerez à ne pas être dérangée, mais en pleine Nature, c’est plus difficile ! Toute invitation spontanée fera donc partie du message de votre rituel : accueillez ce qui vient.

Sacralisez votre espace et posez votre intention. Placez votre cueillette près de vous et une bougie au centre de votre espace ou, en extérieur, l’un des éléments que vous avez ramassés. Un rituel commence par une invocation. Cherchez vos propres mots. Debout, pieds ancrés dans la terre, frappez quatre fois dans vos mains pour vous relier aux quatre saisons et laissez-vous habiter par leur résonance. Respirez profondément, dites à haute voix : « Je me relie à ma sexualité avec joie, puissance et vénération. Je te remercie, esprit de l’Été, pour ta présence. »

Poursuivez votre rituel en vous agenouillant près de vos éléments naturels. Disposez-les en forme d’amande, l’archétype de votre sexe. Vous formez un sexe féminin primordial : brindilles, branches tout autour, puis vous posez avec délicatesse mousses, fleurs, etc. en son centre. S’il y a des zones meurtries ou blessées, symbolisez-les également. Mère nature vous comprend et vous offre son accompagnement. Laissez venir vos émotions. Vous posez un acte de beauté. Chacun de vos gestes est précieux. Posez un caillou ou une pierre semi-précieuse pour représenter le clitoris. Si votre histoire a été douloureuse, soufflez doucement de l’amour sur les endroits blessés. Un proverbe amérindien dit « Ce qui est dehors est comme ce qui est dedans ». Vous avez été attirée par des éléments naturels parce qu’ils étaient re-connaissables, c’est-à-dire connus par une part de vous-même. Mère nature et vous fusionnez maintenant dans cette énergie commune de célébration. Sentez si vous avez envie de poser votre front sur la forme au sol ou de vous y asseoir ou de vous coucher tout près d’elle. Prenez votre temps. C’est une rencontre intime.

Levez-vous et déplacez votre bougie sur un côté. Prenez votre tambour et commencez par jouer la pulsation du cœur (deux coups rapprochés dont l’un est plus fort) ou frappez-le avec vos pieds. Le rythme vous anime. Bougez votre bassin. Puis laissez-vous entraîner dans le rythme qui vous convient en accélérant peu à peu. Dansez autour du sexe primordial de la terre mère ! Accélérez toujours, vous palpitez dans l’air chaud qui vous entoure. Vous êtes l’Été, le pouvoir des rencontres, l’énergie montante, vous dansez toujours plus vite, vous êtes juste rythme, son, corps, chaleur. Ne forcez rien, mais osez être dans cette vitalité, hors de ce que vous connaissez de vous.

Pour terminer, diminuez progressivement votre pulsation de tambour. Votre respiration se calme, devient plus profonde. Prenez un temps de repos habité par toutes vos sensations. Captez à nouveau avec conscience ce qui vous entoure : un oiseau dans le ciel, une forme de nuage, une odeur, des sons. Laissez venir un sourire au fond de vos yeux. Accueillez les messages de cette cérémonie : des associations, des images, une voix intérieure qui vous parle.

Fermez l’espace sacré en vous levant. Debout, pieds ancrés dans la terre, ouvrez vos mains, paumes vers le ciel et dites à haute voix : « Je te remercie, esprit de l’Été, pour les messages que tu m’apportes aujourd’hui. » Posez vos mains sur votre bas-ventre pour quelques instants encore. Éteignez votre bougie ou replacez au sol votre élément naturel.
J’ai remarqué durant mes années de pratique que les femmes offrent souvent ce qu’elles apprennent. Spontanément, elles donnent aux autres femmes, aux plus démunis… Lors de la fermeture de l’espace sacré, sentez-vous libre de dédier ce rituel aux personnes qui sont dans ce besoin.

Après le rituel, choisissez l’un des éléments offerts par mère nature comme rappel de cette cérémonie et redonnez-lui le reste, avec gratitude. Déposez ce talisman sur un autel personnel ou dans le tiroir de votre lingerie. Souvenez-vous à chaque fois que vous le contactez, que votre désir, votre plaisir, est une force de vie essentielle. Laissez alors venir un sourire sur vos lèvres, en haut comme en bas.

Grasselli Meier Marianne
Musicothérapeute, écothérapeute
marianne@espritdefemme.ch www.espritdefemme.ch
À paraître courant juin 2016 : Rituels de femmes pour se connecter au cycle des saisons, Courrier du Livre


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6- Une lecture érotique de l’émouvant Cantique des cantiques de Daniel Testard

D’où vient donc cette si bien-nommée et tant célébrée dans ce texte sacré ?
De qui serait-elle née ? Celle qui se dit bien aimée.
Telle pourrait se poser la question à l’approche de cet étonnant poème biblique.

Cette âme n’étant ni rien ni d’autre que notre cher et intense désir venant des hauts du ciel. Cette origine : chef-d’œuvre de la matrice universelle. L’esprit, son amant, ne cessant de l’honorer à travers ce corps désiré, si aimable qu’il s’en trouve désirable.
Notre psyché cependant ne connaît d’autre miroir que le seul regard. Ce reflet tant attendu où peut-être pourrait-elle se voir. Au risque, ô désespoir, d’un possible mirage. Car si le plaisir est seul, le désir est deux. Le mythe d’Éros et de Psyché le confirme : l’amour ne peut se regarder, car c’est déjà le posséder. Le fameux péché originel, cette « chute » au jardin d’Eden que fut la possession mutuelle d’Adam et Ève. C’est là toute l’ambiguïté de la relation amoureuse.
Yad’o en hébreu signifie à la fois « connaissance » et « amour » . Il est alors possible de respirer la vérité. « Connaître » l’autre, c’est soulever les voiles de son âme, déshabillée du doute et de la culpabilité. La honte de cette nudité, serpent maudit de la sexualité, est désormais lavée des brumeuses contorsions de la moralité, insupportable réalité.
« Ce fulgurant éclair jaillissant du vivant » vient d’éclore de l’être-amant où l’être-aimé, enfin, s’est extrait de l’être-séparé.
Bienheureux « Chant des chants », ce « tantra biblique » que les Écritures me pardonnent, véritable héros sauvé des eaux de l’oubli pour s’être glissé, codé, cheminant de l’Égypte jusqu’en Galilée, vers bien d’autres destinées. Courageux honneur à la splendeur de l’accouplement mystique des corps embaumés, fleurant l’encens et le myrte .
J’ai grappillé les rimes et les mots, puis tout secoué, et recasé les unes et les autres dans un texte nouveau-né ! Puis, comme des amants, couché la mélodie dans le couffin du destin divin.

Plain-Chant
Dès l’antienne, le chantre s’adresse à la Lune. La psalmodie entre en épousailles.
« Qui est celle qui monte du désert… ? »
L’enfance est encore vierge. Mais ho ! Cette sacrée vipère de l’Éros, kundalini grimpante à l’arbre du désir.
« … Appuyée sur son bien-aimé »
Son soleil interne, son besoin de lumière, sa complétude à côté d’elle, cet être qui lui ressemble.
« Sous le pommier qui se réveille… »
Cette saveur, ces senteurs, cette gustave magie de faim et de soif en son cœur. Faim et soif de toi.
« … Là où ta mère t’a enfantée »
Là où la vie s’est manifestée. Cette envie d’y retourner, ce lieu béni pour qui veut s’y inviter.
« Lève-toi, ma bien-aimée, car voilà l’hiver passé »
Cette virginité, cette chasteté ne peuvent durer. Le printemps semant sa générosité au gré de sa fleur préférée.
« … et notre vigne est en fleurs »
Toute cette humidité, cette rosée au creux de sa corolle. Le papillon peut s’y poser, et goûter le nectar sacré.
« Ses traits sont des traits de feu »
Qu’aucun fleuve ne saurait éteindre, dès que l’amant vient pour l’étreindre.
« Ses seins sont des faons parmi les lys »
Et sous sa chevelure ondulante, bien avant que ne souffle la brise, j’aurai gravi les monts où paissent les brebis.
« Sois semblable à une gazelle sur les montagnes du soleil »
L’instant est immortel et la flamme éternelle. Ses flancs s’inondant de la chaleur de l’astre couchant.
« Qui offrirait ses richesses ici bas, pour acheter cet amour-là ? »
Mais il ne vaut rien, je vous le dis, puisque l’amour n’a pas de prix.
« Protégeons-nous des ravageurs »
Qui sont ces prédateurs ? Ne cherchez nullement dehors, car ces méchants sont au-dedans. Cœur grignoté, bonheur piégé, prisonnier de sa propriété.
« Je suis noire et belle »
Terre profonde, prête à l’en-semée. Terre promise, je suis ton Moïse qui attend, patient, que l’oranger fleurisse.
« Viens ! Entre dans mon jardin, enivre-toi de mon parfum »
Oui, boire à la coupe irradiée, là où le vin n’a jamais manqué.
Et le Roi s’invita dans la chambre haute.
« Alors, je te louerai sur les cordes du luth »
Cœurs en chœur : votre honneur !


Daniel Testard
Quily, avril 2016

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7- À mon Utérus de Emma Shu

Je suis
la Toison vert-fauve, lustre de tes mains fugitives
et j’ouvre tes yeux pour que tu accèdes à tes soleils endormis

Chalamoucha lamou ashulamou sol ticia okio

Je suis
le corridor écarlate
qui te montre tour à tour les steppes de l’oubli, la roue des semences et les grelots de cristal

Tikamou nevadou dora rosa dora adamou toulek

Je suis
le grand Bassin Manitou des profondeurs
et je dessine des cercles avec mon doigt d’or

Chantilou mano vadoka ladou leï leï

Je suis
le Souffle Médecine, oracle des treize flammes
chargé d’orchestrer le Rêve du féminin Sacré

Santa Zicanalou Minasacra Mareï

Je suis
L’utérus de ton corps, espace défini
et je projette l’initiation du Passage. Dans le rose immortel, avec le sang des lunes, j’ai bercé la levure de tes créations. De nouvelles aubes sont venues m’instruire de tes intentions, et je me réjouis de tes découvertes.

Je suis MétaLova, MétaNova et MétaDada tout comme toi

MetamientaVita lovaeterna lovaeterna lovaeterna


Emma Shu, 55 ans
Auteur plasticienne
shushu.sauve@yahoo.fr



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PARTAGE : "ONGUENTS, CREMES ET POTIONS... SECRETS PARTAGES SUR CE QUE LES FEMMES CREENT DEPUIS TOUJOURS"



1- Préparer ses produits pour trouver la bonne énergie de MONIER Karen

Quels sont les points communs entre un produit de soin ou de beauté fait maison et une séance de Shiatsu ou d’acupuncture ?

La personnalisation du produit pour le respect de l’énergie du destinataire. Si l’on veut une efficacité optimale dans une pratique ou dans la réalisation d’un produit, la première chose à faire est de prendre en compte, dans son intégralité, la personne à qui est destiné le soin. Il doit être élaboré selon son âge, son histoire médicale, son état psychologique et ses goûts. Par exemple, pour une douleur à l’épaule, l’huile essentielle de gaulthérie va s’imposer en dilution dans l’huile végétale de calophylle. Si on s’arrête à ce mélange, nous allons apaiser localement la douleur mais ce sera tout et peu durable. En revanche, en tenant compte du passé médical et de la personnalité du destinataire, on pourra mettre au point une huile qui apaisera la douleur plus durablement et on s’assurera de ne pas interférer avec un traitement médicamenteux existant. Pour rester dans notre exemple, deux personnes de mon entourage ont souffert de douleurs à l’épaule : rhumatisme et arthrose dans un cas, arthrite dans l’autre. La personne qui souffre de rhumatisme est une personne frileuse, qui n’aime pas l’activité physique sans signe de surpoids, qui souffre d’une digestion difficile et qui ressent souvent des douleurs intestinales depuis une hystérectomie. Psychologiquement, une personne facilement anxieuse qui prend beaucoup sur elle et exprime parfois une colère profonde et très froide. En terme de bilan énergétique, il s’agit d’une personne souffrant d’un vide de Yang et d’un vide de Sang entraînant une stagnation du Qi du Foie. La gaulthérie associée au calophylle devrait à la fois apaiser la douleur, apporter de la chaleur et on peut lui associer de l’huile essentielle de genévrier pour activer le Qi, du laurier noble pour son soutien psychologique entre autres, de la lavande pour son effet antalgique et mentalement apaisant. Correctement dosée et appliquée deux semaines, cette formule a permis à la personne de ne plus souffrir de l’épaule, de mieux dormir et de se sentir réconfortée pendant huit semaines. La douleur revenant, elle n’a eu besoin que d’une semaine d’application pour aller mieux.

L’autre personne à l’épaule douloureuse était un homme, plutôt sanguin, suivant un traitement pour éviter un deuxième infarctus, hors de question d’utiliser de la gaulthérie. Énergétiquement parlant, une arthrite est une plénitude de chaleur, un tempérament colérique est dû à une surpression du Qi du Foie. Il convient donc d’apporter de la fraîcheur tout en activant la circulation de l’énergie. La recette idéale qui convient dans ce cas sera une huile à base de macérat d’arnica, pour son côté antidouleur, enrichi d’huiles essentielles de Basilic exotique, de Verveine citronnée et de Lavande pour accentuer cette fraîcheur, stimuler la circulation de Qi et apaiser le mental. Les résultats ont été tout aussi concluants que pour le premier cas.

La possibilité de prioriser des produits locaux. Une des règles essentielles de l’énergétique chinoise est de vivre en accord avec son biotope pour mieux se prémunir des perversités énergétiques locales. Notre situation en climat tempéré, proche de la Méditerranée et de l’Océan nous offre une belle variété de plantes et de minéraux avec lesquels travailler. En créant nos propres produits, on peut s’amuser à trouver des alternatives aux produits exotiques. Favoriser les productions naturelles de notre entourage dans nos cosmétiques et nos soins est aussi important que pour notre alimentation. Notre énergie provient pour moitié de la Terre et elle-même nous offre ce que le Ciel lui permet de transformer selon le climat qu’il fait régner. Il peut arriver que nous ayons besoin d’une plante lointaine, si c’est occasionnel ou si elle n’a pas d'équivalent, pourquoi pas, ne restons pas figés sur notre position. De plus, prioriser les plantes qui ont le moins voyagé est aussi un acte en faveur de la Terre, c’est se montrer reconnaissant de ce que nous offre cette chère mère. Et pour cumuler les plaisirs, pendant les balades pensons à faire des cueillettes : menthe douce par ici, bourgeon de sapin par là, orties, reine-des-prés, criste marine, mauve, coquelicot...

L’attention portée à sa réalisation. La meilleure garantie d’un résultat efficace. C’est comme quand vous passez du temps à cuisiner un bon repas et que les convives se régalent. Ce n’est pas un hasard si la cuisine comme la préparation maison de soins et de cosmétiques connaissent simultanément un vrai succès. L’une comme l’autre font appel à l’ingrédient magique qu’est l’amour. S’il manque, la préparation sera beaucoup moins efficace. Et ça, ce n’est pas marqué dans la recette ; c’est seulement gravé dans le cœur des femmes.

Pour réunir ces trois aspects, je vous propose une recette estivale facile à réaliser... Il s’agit d’un déodorant liquide, légèrement anti-transpirant. Parce que nous n’avons pas les mêmes goûts ni les mêmes antécédents médicaux, je vous en présente deux versions : la version ultra-fraîche ne conviendra pas à une personne souffrant d’une maladie hormono-dépendante mais sera tout indiquée pour les femmes en transition de ménopause ; la version fleurie peut convenir à tous et je la conseille vivement pour les tempéraments yin.
Pour un spray de 100 ml, il suffit de mélanger, vigoureusement, jusqu’à dissolution de la poudre :

version ultra-fraîche et locale version fleurie
1 cuillère à café de poudre d’alun
10 ml d’hydrolat de menthe
88 ml d’hydrolat de verveine
10 gouttes d’huile essentielle de sauge
40 gouttes d’huile essentielle de lavande fine
15 gouttes d’huile essentielle de verveine 1 cuillère à café de poudre d’alun
98 ml d’hydrolat de fleur d’oranger
20 gouttes d’huile essentielle de palmarosa
45 gouttes d’huile essentielle de lavande fine


MONIER Karen
Praticienne en Shiatsu et aromathérapeute.
shiatsuk.com

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2- Huiles d’Onction et Sexualité Sacrée : le Secret de MYRHA-Françoise Leskens

Baumes magiques et sexualité sacrée… Animés de la même Source, ne seraient-ils pas deux aspects d’un même phénomène ? Oui, et c’est LE Secret le mieux préservé en ce Monde…

Toute femme sait d’instinct le lien entre les huiles et la sexualité sacrée, car en chaque corps de Femme, le Secret de la Grande Déesse est inscrit.

Parfums aussi, car comment approcher l’intimité sexuelle et sensuelle d’une femme, la nature onctueuse d’un onguent, sans leur signature vibratoire parfumée qui s’adresse directement à nos âmes mieux que n’importe quel mot ?
Le sillage parfumé de Marie-Madeleine nous conduirait-il au Secret ?
Femmes, si Marie-Madeleine nous fait autant résonner, n’est-ce pas parce qu’en chacune de nous vit le même Pouvoir que le sien ?
Christos signifie « Celui qui est Oint ». Oint par sa compagne, Il inaugure son sacerdoce par ces mots : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’Onction… Il m’a envoyé pour annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue. »
Le processus initiatique de son Aimé s’est vécu au Golgotha, le « Lieu du Crâne », mais Il dût tout d’abord vivre son agonie sur le Mont des Oliviers, à Gethsémané, « le pressoir à huile ». Une histoire d’Amour, d’Huiles précieuses, d’Onction et de Crâne… et de résurrection.

Mais aussi l’Audace visionnaire d’une femme capable de changer le cours de l’histoire en créant une réalité différente où s’ouvrent les Portes d’une Matière qui désormais n’enferme plus ni les corps ni les âmes.
Ainsi, le répétitif malheur du monde, de l’enfermement et de la mort ne serait plus fatalité ?
Par son audace créative, Celle qui a su aimer son Aimé de manière interdimensionnelle a manifesté la passerelle définitive entre le divin et l’humain. C’est CELA qui animait ses Baumes. C’est le Secret d’un Amour infini modifiant l’espace-temps…
Il y a plus de 2000 ans, le Pouvoir des Huiles est revenu à celles qui n’ont pas besoin d’être ointes car, de par leur Nature, elles possèdent le Pouvoir de l’Onction : les femmes ! Par l’acceptation d’un homme ayant vécu l’initiation féminine dans sa chair, la Déesse, et son illimité Pouvoir, est de retour !

La femme possèderait donc un inestimable Pouvoir en relation avec la Force de Vie elle-même, et qui plus est avec la capacité surnaturelle de transmettre guérison et immortalité ? La femme aurait, de manière innée, accès à une énergie phénoménale capable de modifier la Matière – dont celle des huiles – et donc d’influencer la nature de cet espace-temps ? Et, au vu de l’histoire, la femme serait-elle capable de transmettre ce fabuleux Pouvoir à l’homme qu’elle aime et qui sait l’aimer ?
Lorsqu’une femme aime de tout son Corps, de toute son Âme et de tout son Esprit, elle EST passerelle entre les Mondes.
Elle EST le calice sécrétant les Huiles et Élixirs surnaturels… Son corps en est le laboratoire alchimique où s’élaborent ces précieuses substances aux pouvoirs miraculeux. Elle est capable de déclencher et de vivre l’énergie libre de la Source par son corps aimant afin d’en informer ses Baumes capables de réveiller les morts…

Au centre de l’utérus pulse un passage interdimensionnel qui, relié à ceux du centre du cœur et du centre du crâne, libère des fréquences et des liquides qui opèrent des miracles. Lorsqu’elles sont activées, ces trois Portes des Étoiles infusent en ce monde-matière des fréquences d’Éveil rétablissant les énergies distordues en leur Vérité.
Grâce à ces Portes, les enfants s’incarnent par le corps des femmes. Et si la femme enfante les âmes à leurs corps d’humains, c’est aussi par ce biais qu’elle enfante les hommes à leurs corps divins. Par elle, les hommes se font Hommes.
Toute femme le sait d’instinct, que cela soit en cuisinant de bons repas, en élaborant ses parfums et préparations magiques, en faisant l’amour à son aimé, en accouchant… Elle joue, crée et réensemence le Merveilleux dans ce monde par une Magie innée, émanée de son propre corps. D’ailleurs, il n’est possible d’œuvrer une matière « extérieure » – et ici il s’agit de celle des Huiles et onguents – que si cette œuvre alchimique se vit aussi par le corps.

Lorsque se vit l’extase, par l’infinie Présence, les trois calices du corps féminin émettent des cascades synchrones d’énergie supraluminique informant la Matière de la Vérité de sa réalité divine, et en particulier les liquides produits par le centre de ces trois calices.

TOUTES les femmes ont cette qualité merveilleuse de déesses Sources ! Ceci a été oublié, ceci s’apprend et se redécouvre. Cette qualité magique et divine féminine a été verrouillée ; en sont responsables l’ignorance, les croyances et les blessures affectives.
Les liqueurs d’Immortalité que sont l’Amaroli, sécrétée par le point G féminin et l’Amrita pinéale ne sont pas des légendes ! D’où la présence du crâne avec les huiles…
Lorsque l’homme éveille sexuellement sa compagne et accepte de devenir accueil à l’initiation féminine, par les émissions de ses trois calices, elle active en lui les Codes de la Déesse. C’est cela la transmission de l’Onction !
L’Ère du Verse-Eau est celle de la Déesse répandant ses flux intimes magiques en nos corps et en la Matière du Monde.
Seul le Chevalier capable de se confronter à Kali, l’aspect destructeur de la Déesse, et de s’émerveiller de l’immense Puissance qui traverse la femme, peut l’éveiller au Pouvoir de l’énergie transdimensionnelle de ses Onctions et ainsi être sacré Roi, et Christ.
Ceci nous ramène avant tout à la relation à nous-mêmes et au vécu harmonieux de nos propres polarités mâles et femelles. Bienheureusement, le Pouvoir de l’Onction ne se vit pas uniquement par la relation sexuelle avec un partenaire. Vivre cette complétude intérieure, corporelle et autonome est aussi sexualité sacrée.

Puisse chaque femme vivre le Secret de l’Huile et de l’Amour transdimensionnel.
Puisse, Par Don, le Secret aux hommes se transmettre.
Que toute femme jouisse des fréquences libératrices de la Déesse,
Et c’est le bonheur et le devenir de cette humanité.
Au vécu du Secret je vous convie,
Femmes et Hommes qui liront ces mots.
Osons nous révéler…
Rêve de Femme devient réalité !

MYRHA-Françoise Leskens
Énergéticienne-Psychopraticienne FF2P
Biochimiste-Auteure
Huiles Consolatrices ADEVAYA : www.onction-adevaya.com
3 parutions dont Le Livre de ŠhaMuRâ, le Šecret des dieux, Éditions OREAM, 2015.





 

 

GALERIE

 

 

PORTRAIT DE FEMME

Anne Barth
Comme réalisatrice, je me sens invitée à nourrir l’esprit, l’intelligence et le cœur d’espoir, de beauté, sans occulter la présence des renoncements, des souffrances, des deuils que requiert un chemin de transformation. J’aime poser un regard sur des êtres qui sèment les graines du changement plutôt que de dénoncer ce qui va boitillant. Je m’intéresse à aller voir comment et d’où la création d’un espace de lumière peut émerger. Quelles responsabilités y sont reliées ?
Comment prendre part à une nouvelle façon d’être en relation au monde ? Qu’est-ce que cela implique ?

J’aime nourrir la confiance et la quête, interpeller, vivifier. Je m’intéresse aux êtres en marche vers une plus grande lucidité.
À celles et ceux qui vivent des parcours exigeants, éprouvants, accidentés et pour qui les récoltes sont réjouissantes même si parfois leur printemps tarde à venir.

J’ai le goût de la beauté de l’âme et de rendre visible le trajet personnel et universel de la réalisation de soi.

J’ai le désir de la rencontre, la vraie, celle de la parole, du geste, du silence. Mon attention est dirigée vers la part sensible, parfois subtilement dévoilée, de l’être qui se laisse vivre, se confie en ma présence.
Comme j’aime filmer la nature abandonnée à elle-même, j’aime me poser là, près de l’autre, dans sa confiance et à partir de ce qui nous rassemble, laisser vivre l’instant.
C’est toujours en lien avec LA NATURE que je me situe, dans ses mouvements de vie, ses naissances et ses morts, ses tumultes et ses sérénités. Très présente dans ma création, en réalité, en métaphore ou en symbole, elle est le lieu de l’accomplissement, de la rencontre avec soi, le lieu parfois aussi de la rencontre avec les autres.

Je m’intéresse aux sols compostés, aux espaces d’humus vivant et aux terres offertes à l’enracinement. Ouvrir des portes, laisser poindre des horizons plus sereins, ensemencer des champs de possibles… Et ÉCOUTER… l’enfance surtout ! Celle qui s’est enracinée dans l’adulte blessé, celle qui cherche à se vivre librement et que l’adulte souvent maltraite et bafoue. L’enfance qui nourrit notre élan de joie, d’authenticité, de spontanéité, de vérité et d’émerveillement.

Dans une époque inquiète, profondément perturbée par une réalité qui ébranle le monde, il m’importe d’explorer les désirs de possibles, chez celles et ceux qui portent le futur, comme autant de lumières.

 

 

 
 

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