Rêve de femmes
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N°50 - Être femme en 2018
N°50 - PDF - Être femme en 2018
N°49 - Donner naissance en conscience
N°49 - Donner naissance en conscience
N°48 - La non-Ă©ducation
N°48 - PDF La non-Ă©ducation
N°47 - Ados et SexualitĂ© : des rĂ©ponses Ă  leurs questions
N°47 - PDF Ados et SexualitĂ© : des rĂ©ponses Ă  leurs questions
N°46 - AbusĂ©e, violĂ©e, sensible et pleinement vivante
N°46 - PDF AbusĂ©e, violĂ©e, sensible et pleinement vivante
N°45 - S'abandonner, s'ouvrir, s'offrir, ça s'apprend
N°45 - PDF S 'abandonner, s'ouvrir, s'offrir, ça s'apprend
N°44 - Cultiver la joie
N°44 - PDF Cultiver la joie
N°43 - Rites des PremiĂšres Lunes
N°43 - PDF Rites des PremiĂšres Lunes
N°42 - Une SexualitĂ© SacrĂ©e - Pour quoi ? Comment ?
N°42 - PDF Une SexualitĂ© SacrĂ©e - Pour quoi ? Comment ?
N°41 - L'alimentation vivante peut-elle restaurer la santĂ© des femmes ?
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N°40 - L'appel de la Femme Sauvage
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N°39 - Se sĂ©parer sans se dĂ©chirer
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N°6 - PDF Agenda lunaire 2016 - N°6 -
N°38 - Une femme avec une femme
N°38 - PDF Une femme avec une femme
N°37 - Amour, tendresse, fluiditĂ©
N°37 - PDF Amour, tendresse, fluiditĂ©
N°36 - La fonction de l'orgasme
N°36 - PDF La fonction de l'orgasme
N°5 - Agenda lunaire 2015 - N°5
N°35 - PDF Oser rĂȘver grand et vivre ses RĂȘves
N°34 - PDF SorciĂšres, soeurciĂšres, sourciĂšres d'aujourd'hui
N°33 - PDF La GynĂ©co autrement
N°32 - PDF Les blessures sexuelles
N°31 - PDF Vivre en harmonie avec son cycle lunaire
N°30 - PDF Le Polyamour
N°29 - PDF Rites de purification
  - Agenda lunaire 2013 - N°3
N°28 - PDF La fidĂ©litĂ© : Ă  qui, Ă  quoi ?
N°27 - PDF Tentes rouges, Cercles de Femmes
N°26 - Clitoris et points A, B, C, D, E, F, G... - Parlons d'amour et de sexualitĂ© aux ados PDF
N°25 - L'argent, une valeur fĂ©minine - DĂ©coder le calendrier Maya PDF
N°2 - Agenda lunaire 2012 - N°2
N°24 - MystĂšre et Puissance de la Matrice - Lorsque les MĂšres saturent PDF
N°23 - Femmes lunaires, femmes solaires - Secrets de beautĂ© au naturel PDF
N°22 - L'Homme honore le FĂ©minin - Histoires de Seins PDF
N°21 - Les ArchĂ©types - Accouchement Orgasmique PDF
N°1 - Agenda Lunaire 2011
N°20 - PDF Saisons de vie - L'enfant... Ă©cole alternative
N°20 - Saisons de vie - L'enfant... Ă©cole alternative
N°19 - RĂ©inventons le couple - Perceptions subtiles PDF
N°18 - MĂ©nopause Ă©panouie - Tao des Ă©motions PDF
N°17 - PDF Contraception naturelle - RivalitĂ©... SororitĂ©
N°17 - Contraception naturelle - RivalitĂ©... SororitĂ©
N°16 - L'IVG - L'Apparence reflĂšte l'IntĂ©rieur PDF
N°15 - PDF Le Sang des Lunes - Pretresses d'aujourd'hui
N°14 - PDF Contes Initiatiques - SexualitĂ© Yin
N°14 - Contes Initiatiques - SexualitĂ© Yin
N°13 - Femmes en rĂ©alisation - PriĂšre... action PDF
N°12 - Gratitude - Danse, Grand-MĂšre PDF
N°11 - Du corps Ă  l'esprit - Femmes de Pouvoir PDF
N°10 - Femme crĂ©ative - Porter la Vie
N°9 - Semences pr l'Ă -venir / MĂšre Terre
N°8 - L'Esprit des Plantes - S'ouvrir Ă  la Mort PDF
N°7 - Le Don d'Amour - SexualitĂ© SacrĂ©e PDF
N°6 - Gai-rire de soi - Apprentie de la Vie PDF
N°5 - La Voix du Silence - Notre lieu de Pouvoir PDF
N°4 - Appel des Femmes... conscience planĂ©taire PDF
N°3 - ResponsabilitĂ©/LibertĂ© - ...les Ados PDF
N°2 - SororitĂ©/CoopĂ©ration-MĂ©nopause... Sagesse PDF
N°1 - Cycles du corps-Cycle Lunaire FĂ©minin PDF
 
 
 
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AbusĂ©e, violĂ©e, sensible et pleinement vivante - N°46

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SOMMAIRE

02 Livre-toi
03 Édito / Karine Nivon
04 Sommaire

06 CARPE DIEM
07 L'air du temps / Frédérique Larcher
08 Astro mondiale / Daniel Testard
10 Énergie de saison / Marie PĂ©nĂ©lope PĂ©rĂšs

11 CORPS ACCORD
12 L'ayurvéda au féminin / Nathalie Geetha Babouraj
14 Essences féminines / Anne-Julie Yonnet

15 PARFUMER L'ESPRIT
16 Le coeur se livre / Sylvie de Berg
17 Rituel de pacification intérieure / Marie-Laure Dellea-Loisance
18 Éditions RĂȘve de Femmes
20 Célébrons la femme debout / Christine Marsan
21 Le sens de la Vie / François de Landorre

22 TISSONS NOS LIENS
23 Couples en chemin / Françoise Berry
24 Matern'elles / Clémence Laloue
25 Vue d'ado / Lilou
26 La vie s'invite / Marie Bareaud

28 DOSSIER : Abusée, violée, sensible et pleinement vivante
29 Femme blessée / Emeline Decaesteker
30 J'ai découvert le ciel bleu dans l'hiver /
Anna Debingen
32 Retrouver sa voix/e / Marie-Laure L.
34 Du chantage au viol / Claire
36 Sois un homme ! / Alexandre Charpentier
38 Une vie en raccourci / Awe
40 Mue / Patricia Pluvinet
41 AbusĂ©e mais dĂ©sirante, RĂ©voltĂ©e puis libĂ©rĂ©e / Marie ForĂȘt
42 De l'enfant écorchée à la naissance d'une femme / Sania
44 Abus et... / GĂ©raldine P.P.
46 Une vie massacrée / Anne Douchet Morin
48 Un temps pour soi / Coralie Descheemaeker

49 POUR L'AMOUR DE L'ART
50 Portfolio : Vincent Tournebize

55 PARTAGE : Honorer la DĂ©esse
56 Quand j'honore la déesse une grande clarté m'envahit, le bonheur, c'est de la partager. / Paule Salomon
58 La femme sage / Paule Salomon
60 PrĂȘtresse du RĂȘve / Sandra Frison
61 Entre la DĂ©esse et moi... / HĂ©lĂšne Charbonnier Teljesseg
62 Je suis femme / Naendil
64 Ôde aux filles de la LumiĂšre DorĂ©e / Aurane Kree

67 GARDIENNES DE LA TERRE
68 Un abus répété et toléré / Legend Keeper Géraldine
70 Femmes de boue / Nydia Solis Tzaquital

73 NOURRITURES TERRESTRES
74 La cuisine ayurvédique / Vibusha

76 Bulletin de commande
78 L'Agenda des Femmes
79 Pubs
84 Le RĂȘve d'une femme / Sophia Style



 
 

 

EXTRAIT

DOSSIER : Abusée, violée, sensible et pleinement vivante (4 textes : Eva Wissenz - Gwendoline - Hélaine Charbonnier Teljesseg - Isabelle PETITDEMANGE)

Texte 1 de Eva Wissenz

AU JARDIN DE L’INNOCENCE

Je suis là et je suis l’Amour.

Toute entiÚre dans mon corps de fillette, parfaite, dénouée, vibrante de vie, de cette énergie inépuisable partagée par tous les enfants, en-dessous des caractéristiques, des personnalités, du personnage.
Je suis là, je suis l’Amour et je me sais vivante.
Un jour, ma mĂšre adorĂ©e pose sur moi un regard que je n’oublierai jamais : l’évaluation des charmes de sa fille, sa sexuabilitĂ©, avec tout de suite derriĂšre l’arsenal de « conseils » concernant mon apparence. J’absorbe le choc de cette mutation. Pas celle de mon corps, elle me va bien, je m’y sens bien, mais le changement de regard sur « moi » : apprendre Ă  « plaire ». Elle ne me « voit » plus et ne me verra plus avant trĂšs longtemps.

Mon pĂšre me regarde avec des yeux bizarres, pĂ©nĂ©trants, qui me souillent sans que je sache pourquoi. Le jour oĂč je mets mon premier jean, il me traite de pute en pleine rue. En plein Paris, dans les annĂ©es quatre-vingts. J’entrevois l’emprise et la prĂ©dation, ce qu’un homme peut faire Ă  une femme. C’est un Ă©clair de conscience qui restera gravĂ© en moi Ă  vie. Sale pute.
Je suis là, je suis l’Amour et je me sais si vivante, si belle, si vraie.
Mais je commence Ă  disparaĂźtre. Dire le vrai est comme une soif. Je sens que les mots viennent d’un endroit fou et inatteignable en nous, et sont puissamment crĂ©ateurs. Je regarde depuis un endroit oĂč les gens vont peu et je vois juste. Je sais aussi que je tiens beaucoup Ă  cela.

Un jour, je suis accusĂ©e de vol par mon pĂšre, qui est encore malgrĂ© tout « l’homme que j’aime le plus au monde ». Il organise un tribunal avec sa compagne, pour « m’apprendre » la justice. Je suis donc jugĂ©e, et trahie.
Je suis encore lĂ , je commence Ă  vaciller.
Toute entiÚre dans cette innocence, avec ce regard légÚrement distant, à fleur de peau.
Je sens fort fort en moi ce désir sexuel qui me travaille et dont je ne sais que faire.
Je vois autour de moi les jeunes gens et je reçois les confidences, les espoirs, attentes, cƓurs brisĂ©s, retours, trahisons
 Je ne comprends rien.
Dans mon ventre, ce dĂ©sir ne va pas vers un garçon ou une fille. Il va vers danser, courir, marcher, cĂ©lĂ©brer. J’ai envie qu’on s’intĂ©resse Ă  moi parce que je suis vive et intense, belle peut-ĂȘtre mais ça m’est Ă©gal et ceci m’isole.
Mais je vois que chez tout le monde autour – les jeunes amoureux, mes parents divorcĂ©s, mon pĂšre rĂ©parateur de femmes seules et parasite ambulant, ma mĂšre dĂ©esse dans ses aventures banales, les grands-parents d’un autre siĂšcle, les parents de mes copines, tous divorcĂ©s – la sexualitĂ© semble obligatoire et que l’amour crĂ©e comme un lien triste.
C’est un mĂ©lange de grande conscience de « ma diffĂ©rence » et d’un besoin d’expĂ©rimenter ce que tout le monde expĂ©rimente, cette Ă©nergie particuliĂšre.

Je ne suis ni plus ni moins jolie qu’une autre.
À 15 ans, je pars en vacances avec des copains et leurs sƓurs. Juste avant le dĂ©part ma mĂšre m’équipe d’une tablette de pilules et d’un ensemble sexy.
À 16 ans, aucun garçon ne m’a encore embrassĂ©e. Je commence Ă  ressentir une tension, une envie de savoir.
Est-ce qu’il y a des gens heureux autour de moi ?
Des gens qui marchent Ă  un mĂštre du sol ? Je ne les vois pas.
Mais ce qui nous fait marcher à un mùtre du sol, je sais ce que c’est, cette Joie, je la connais.
Un jour, je la perds.
Un Ă©tĂ©, je demande Ă  participer Ă  un stage d’écriture, en Belgique. Je viens de lire et voir Les liaisons dangereuses et j’ai pris le texte de plein fouet, trĂšs impressionnĂ©e par Mme de Merteuil, une femme forte, au destin lamentable certes mais forte dans ce tourbillon sexuel et vide. Sa force glaçante m’inspire, elle me donne une espĂšce d’allure de reine face aux hommes qui m’abordent, et ils commencent Ă  le faire sans que je comprenne pourquoi.
Un Ă©tĂ© donc. La soirĂ©e est douce et se passe au pub aprĂšs les cours du jour. Le professeur Ă©value deux d’entre nous. Je sais ce qu’il se passe : il soupĂšse les corps et hĂ©site, elle ou moi. Je crois qu’il y a un jeu avec ses camarades, oĂč une piĂšce est lancĂ©e Ă  pile ou face avec de grands rires. Il marche vers moi et me sourit. Le gel s’avance et me sourit.
Il y a un peu d’alcool, un retour sous de grandes allĂ©es arborĂ©es, une invitation Ă  approfondir un des aspects du cours, dans sa chambre oĂč il me pousse sur son lit et se jette sur moi. Sa langue chargĂ©e de biĂšre entre dans ma bouche. Ses mains pressent mes seins Ă  me faire mal. Il dĂ©noue son ceinturon et m’entrave les cuisses, j’ai mal, j’ai tellement mal, rien que d’y penser cette douleur est lĂ  28 ans plus tard. J’entends mon pĂšre : sale pute. Il me le dit : sale pute. Me pĂ©nĂštre avec force et je sens le liquide sortir de moi, agrĂ©able, alors c’est ça une pute ? Alors c’est ça « faire l'amour » ? Le lendemain, j’ai mal au ventre. Je ne dis rien. J’ai envie d’appeler mes parents au secours. Je les appelle et je leur dis : « Formidable, j’ai fait l’amour !!! »
Je voulais dire : par rapport Ă  tout ce que vous m’avez fait passer, ça y est, je suis sur le marchĂ©, c’est bon, ne vous inquiĂ©tez pas.
Je voulais dire : au secours, au secours, au secours.

17 ans de silence et d’oubli suivent.
Je fais une analyse. J’aborde trĂšs prudemment le sujet du dĂ©sir de mon pĂšre et j’obtiens pour toute rĂ©ponse de cette star de la psychanalyse : ƒdipe et « mon » attachement sexualisĂ© Ă  la figure paternelle. J’ai envie de vomir car je sais de toute ma sagesse intĂ©rieure que les enfants ne dĂ©sirent pas leurs parents, que c’est un immense mensonge sorti d’un esprit malade et ne concernant que quelques ĂȘtres en dĂ©sĂ©quilibre. Les enfants sont habitĂ©s par un dĂ©sir de vie qui appelle la vie, et dans un contexte sain, un enfant dĂ©veloppe des attachements sains. Cette thĂ©rapeute ne sait rien du Tout-Autre amour que je tente d’évoquer, elle tente de le rabaisser Ă  de la « sublimation » parce qu’elle a peur, parce qu’elle a oubliĂ© que c’est ce qu’elle est, elle aussi.
17 ans de silence et d’oubli, au bout desquels, au cours d’une sĂ©ance EMDR oĂč je tentais de pister encore une fois l’origine du malaise qui me tient depuis des annĂ©es alors que je suis par ailleurs si joyeuse et vivante, un endroit de ma mĂ©moire physique s’ouvre en grand sur ce mot : v-i-o-l.

Un premier niveau est touchĂ©. La praticienne m’explique la rĂ©action mĂ©canique d’excitation de mon corps innocent, ce qui soulage quelque chose. Toutefois, je n’ai pas vu qu’il fallait approfondir.
Tout en faisant comme si de rien n’était, comme si c’était « pas si grave », j’ai Ă©tĂ© trĂšs amoureuse, souvent, mais toujours avec une grande zone de retrait intĂ©rieur, jamais vraiment touchĂ©e autrement que dans des manques, des pleins, des surfaces, des attentes, un peu sans cƓur si je puis dire, comme si mon amour intĂ©rieur n’était pas de ce monde.
Depuis cet Ă©tĂ©, j’ai passĂ© 28 ans Ă  rĂ©pondre Ă  leur dĂ©sir sans jamais vivre celui que j’ai tant dĂ©sirĂ© vivre, celui si connectĂ© Ă  ce Tout-Autre que je sais si vibrant, celui qui n’est en rien liĂ© Ă  un dĂ©sir qui veut « plus » mais Ă  un dĂ©sir qui te met en mouvement, un dĂ©sir oĂč ta chair est tranquille, la caresse lente et profonde, un dĂ©sir dĂ©barrassĂ© de toute attente, clair de se savoir reconnu, un lieu de dĂ©tente vraie et de crĂ©ation subtile, un hors temps qui ne peut ĂȘtre que le dĂ©ploiement d’autre chose.
En moi l’innocence Ă©tait devenue duretĂ©, grands et sĂ©vĂšres jugements sur le vrai, performances et rigiditĂ© d’engagement Ă  diffĂ©rents niveaux.
À 35 ans, sans homme depuis quelque temps, oĂč je compris que j’avais terminĂ© la comĂ©die, que je n’étais pas faite « pour » les hommes, pas comme ça, plus comme ça et au moment de me retirer du jeu comme je l’avais dĂ©cidĂ©, un homme s’est prĂ©sentĂ©. TrĂšs beau, trĂšs jeune avec une lumiĂšre que j’ai associĂ©e Ă  une puretĂ©. Nous nous sommes mariĂ©s. Avec lui, je suis devenue mĂšre. Et pourtant, l’innocence n’était pas au rendez-vous, la puretĂ© non plus, elles s’enracinent toutes deux dans une relation d’amour avec la vie, elles n’ont rien Ă  voir avec l’ñge et tout Ă  voir avec le CƓur, cet endroit en nous vibrant d’intense crĂ©ation et d’oĂč viennent les mots, les gestes, les projets.

J’ai dĂ» repasser tous les lieux communs du sexe, cherchant cette Ă©tincelle des corps, en vain, jusqu’au cynisme, jusqu’à la maladie, tentant de le dĂ©faire de ce dĂ©sir si fort qu’il a de moi et qui m’use, jusqu’à la disparition de mon propre dĂ©sir.
Durant ces annĂ©es, en moi les lambeaux d’innocence ont flottĂ© comme les bouts d’un radeau dĂ©fait auxquels je me suis accrochĂ©e pour me construire une vie professionnelle qui a du sens. Mes entrailles ne chantaient leur paisible et dense chanson de vĂ©ritĂ© que quand j’étais au jardin, ou enceinte.

Enceinte pour la premiĂšre fois, je me suis surprise Ă  prier Dieu « je T’en supplie des fils, qu’ils ne vivent jamais ça », c’était ma premiĂšre pensĂ©e
 J’ai su par inadvertance le sexe de mon enfant : une fille. J’ai tant pleurĂ©, mais au bout de ces larmes une douceur est venue, un non si fort venu de moi, un non qui allait lever tout cela et dire Ă  cette enfant innocente elle aussi ce qu’on ne m’avait pas dit, pas expliquĂ©, et lui montrer que bien d’autres façons d’aimer et de s’unir sont possibles que celles dites par ces foules manipulĂ©es-conditionnĂ©es-obnubilĂ©es par les apparences et la copulation.
J’ai adorĂ© mes grossesses et les naissances de mes filles. Je me sens sacrĂ©e d’avoir portĂ© ces ĂȘtres, ces femmes en devenir, j’ai su une fois pour toutes la nature de la source de toute crĂ©ation et la Vie est revenue dans ma vie. La question du pardon ne me traverse plus, celle des combats, des responsabilitĂ©s, des choix et des fautes non plus.
Aujourd’hui, l’amour nouveau, ce Tout-Autre, est revenu me chercher et m’appelle avec une grande force. Les premiers pas hĂ©sitants de cette mĂȘme danse que celle que je sentais jadis et qui me revient chaque jour un peu plus, cette connexion puissante avec le visible et l’invisible, avec quelques ĂȘtres en particulier et tous en gĂ©nĂ©ral. C’est encore fragile, c’est hĂ©sitant, c’est dĂ©butant, mais c’est lĂ . C’est la premiĂšre fois que je raconte cette histoire comme ça, et ça me met en larmes car il n’y a plus que l’Amour. Dans cette lumiĂšre, je me sens toute entiĂšre pure et intacte, Ă  l’essentiel, enfin.

Eva Wissenz
www.seepia.net

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Texte 2 de Gwendoline

La femme papillon

C’est l’histoire d’une chenille qui Ă©tait noyĂ©e dans les tĂ©nĂšbres. Elle se croyait ĂȘtre larve comme tous ceux qui l’ont tuĂ©e, jusqu’au jour oĂč elle a retrouvĂ© son amour-propre, libĂ©rĂ© ses chaĂźnes Ă©motionnelles pour crĂ©er son cocon oĂč elle chemine vers sa transformation intĂ©rieure et dĂ©ploie ses ailes de papillon.

Petite fille, j’ai Ă©tĂ© victime d’inceste, de violences sexuelle, psychologique, physique, et de prostitution. Les consĂ©quences sur ma vie ont Ă©tĂ© dĂ©sastreuses. J’acceptais d’ĂȘtre traitĂ©e comme un simple objet sexuel, d’ĂȘtre sans cesse rejetĂ©e, maltraitĂ©e, de n’avoir aucune considĂ©ration, que l’on m’utilise pour obtenir un rĂ©sultat. Mais cette petite voix hurlait en moi de colĂšre et de rage face Ă  l’injustice. Toute cette violence
 je me disais que c’est comme ça, que je me faisais peut-ĂȘtre des idĂ©es, que je ne faisais pas assez d’efforts pour l’autre, etc.
Je croyais que tout cela Ă©tait de l’amour, en fin de compte, l’amour, le vrai, il m’a terrifiĂ©e ! J’ai fui car il m’a rappelĂ© inconsciemment toutes ces horreurs lorsque j’étais petite, ce que je pensais ĂȘtre de l’amour, et que je considĂ©rais normal. J’ai mis du temps Ă  tout comprendre, avec le mĂ©canisme de la mĂ©moire traumatique. J’étais une pĂąte Ă  modeler Ă  qui on a donnĂ© la forme qu’on souhaitait. Je reprends ma forme originelle, c’est dur et difficile, il me faut me confronter Ă  mes blessures, les regarder en face et m’aimer en comprenant que je me dois d’ĂȘtre douce avec moi-mĂȘme. M’offrir ce dont j’ai besoin, comme la compassion. Puis j’ai pu voir qu’au fond de moi – quoi qu’il se soit passĂ©, Ă  quel point j’ai pu ĂȘtre dĂ©truire, morte – il y a une lumiĂšre qui brille. Elle est la puretĂ© de la vie que je porte en moi, mon Ăąme pure. Alors cette graine, celle de ma vie, je l’ai plantĂ©e dans mon corps de femme, je l’ai arrosĂ©e de mon amour et j’ai rayonnĂ© ma lumiĂšre comme un soleil. Oh oui, s’aimer, c’est tellement important de se retrouver, de se chĂ©rir, de s’unir Ă  soi, Ă  son corps, Ă  son Ăąme, Ă  la moindre parcelle de son ĂȘtre jusque dans ses cellules ! Et vous, est-ce que vous vous aimez ? Comment vous considĂ©rez-vous ? Quel rĂŽle inutile avez-vous endossĂ© pour plaire ? J’ai repris place dans mon ĂȘtre physique, je me suis accompagnĂ©e avec toutes les techniques, pour exprimer, libĂ©rer les tensions, les monstres en moi, apprendre Ă  rĂ©apprivoiser ce corps, prendre confiance en moi, pour reprendre confiance en ceux qui m’entourent, me libĂ©rer des conditionnements acquis dans mon mental, pour arriver Ă  me mettre en mouvement et renaĂźtre.

J’ai dĂ©butĂ© en Ă©crivant Ă©normĂ©ment, ce dont je me souvenais, ce que je comprenais ; parfois face Ă  des blocages, comme par intuition, mon corps Ă©crivait la raison. Le blocage disparaissait en mĂȘme temps qu’il m’offrait une meilleure comprĂ©hension, pallier par pallier. Dans la mĂȘme intention, je dessinais la reprĂ©sentation mentale de mon blocage, un peu comme une carte qui vous dit « vous ĂȘtes ici ».

Il y a eu Ă©galement la danse pour me reconnecter Ă  mon corps, exprimer corporellement mon Ă©tat psycho-Ă©motionnel. C’est extrĂȘmement puissant, libĂ©rateur. Elle est aussi un outil pour dĂ©velopper la plasticitĂ© neuronale, c’est-Ă -dire faciliter la crĂ©ation de connexions qui ont permis Ă  de nouveaux modes de pensĂ©e de s’installer plus facilement et durablement en moi, car ma pensĂ©e crĂ©e le monde dans lequel je vis.

J’ai utilisĂ© le chant pour briser mon silence, libĂ©rer les sons de mon ĂȘtre, mais aussi pour me faire plaisir, oser chanter, crier, jouir, rire, parler, pleurer. Laissons sortir tous ces sons, au lieu de nous en tenir au silence et de nous rĂ©primer. C’est aussi cet endroit oĂč je place ma conscience, avec l’ancrage, qui m’offre la possibilitĂ© d’augmenter ma confiance en moi.
Puis Ă  un moment, en burn out, j’ai lĂąchĂ© prise. Je n’en pouvais plus, j’étais constamment dans cette optique du danger imminent, dans ce stress « survivaliste », je l’entretenais encore et encore. Je n’arrivais pas Ă  m’en dĂ©tacher, j’étais dans une spirale infernale. J’étais Ă  bout, alors j’ai lĂąchĂ© et je me suis sentie plus posĂ©e. J’étais dans ce contrĂŽle presque obsessionnel. J’ai lĂąchĂ© des choses inutiles. Je suis parvenue Ă  me sentir plus Ă  l’aise, plus sereine. Le calvaire est fini, il est derriĂšre moi, le passĂ© est le passĂ©, il n’est pas le prĂ©sent. Quoi qu’il se soit dĂ©roulĂ©, il ne sert Ă  rien de continuer Ă  entretenir ce rĂŽle de victime, c’est l’art de dĂ©dramatiser et de relativiser les choses.

Quand je me suis sentie prĂȘte, j’ai renouĂ© avec mon sublime sexe de femme, Ă  travers des mĂ©ditations tantriques, le tao de la femme lune, et l’utilisation d’un Ɠuf de yoni en quartz rose. J’étais d’abord en totale neutralitĂ© face Ă  mon sexe, pour petit Ă  petit me reconnecter Ă  lui, en allant vers plus de sexualitĂ©, la mienne. J’ai rĂ©ussi Ă  retrouver une sensibilitĂ© et j’ai ainsi libĂ©rĂ© des mĂ©moires bloquĂ©es, cultivĂ© l’amour que je me porte, jusqu’à finalement reprendre complĂštement conscience de ce doux lieu dans mon corps, l’habiter de tout mon ĂȘtre, oser voir ma blessure sans avoir peur d’elle, m’aimer encore un peu plus fort et m’insuffler la vie comme dans un orgasme oĂč tout mon corps suit la mĂȘme vague que mon vagin.
Enfin une technique m’a Ă©tĂ© d’une immense aide, c’est la communication connectĂ©e, elle est Ă  la base un outil de communication dĂ©diĂ© aux bĂ©bĂ©s, mais on peut l’utiliser pour soi-mĂȘme. Dites-vous bien que vous ĂȘtes votre meilleur guide. Le grand avantage, c’est qu’elle permet d’aller nommer l’émotion, comprendre l’origine, et cela apaise l’amygdale, et permet de rĂ©duire le stress, car on donne du sens lĂ  oĂč il n’y en avait pas. J’ai utilisĂ© en plus la libĂ©ration Ă©motionnelle et le travail par visualisation.

Pour finir, par l’amour que je me donne, j’acquiers la rĂ©silience en transmutant ces tĂ©nĂšbres en Ă©nergie de vie lumineuse : ĂȘtre crĂ©atrice de mon destin et de mon bien-ĂȘtre.

Gwendoline
Gwendolineaucoeurdelemotion@gmail.com

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Texte 3 de HĂ©laine Charbonnier Teljesseg

LA FEMME MIROIR : DEUX REGARDS PORTÉS SUR LA VIOLENCE QUI M’EST FAITE

À la fois Ɠuvre et tranche de vie


La Femme Miroir est en mĂȘme temps une rĂ©surgence du passĂ© et une Ɠuvre de rĂ©conciliation. CrĂ©Ă©e au sein d’un collectif baptisĂ© Nunca MĂĄs dans une galerie girondine pour une exposition portant le mĂȘme nom, elle a Ă©tĂ© Ă©galement prĂ©sentĂ©e Ă  l’IRTS (Institut rĂ©gional du Travail social) de Bordeaux lors de la journĂ©e consacrĂ©e Ă  la violence faite aux femmes en 2012 Ă  l’occasion de laquelle je suis intervenue pour m’adresser Ă  quelque quatre cents futurs travailleurs sociaux. C’est peu dire que ce fut lĂ  pour moi un jour Ă  haute portĂ©e magique. C’est peu dire que j’ai senti la Vie en cette occasion pour de bon m’habiter.

De la Femme Miroir, j’ai Ă©tĂ© Ă  la fois l’auteur et le sujet, aussi suis-je bien placĂ©e pour Ă©voquer sa matiĂšre premiĂšre d’origine. Cependant, il va me falloir au prĂ©alable vous la dĂ©crire un peu
 Imaginez donc un buste de femme, comme stupĂ©fiĂ©, privĂ© de bras en une torsion qui Ă©voque Ă  la fois la dĂ©tresse et la mĂ©sestime de soi. Ce buste tout comme le visage partiellement abĂźmĂ© de la femme est blanc pour moitiĂ©, le reste n’étant que coulures de bronze qui dĂ©goulinent jusque sur le gros cube de bois de mĂȘme couleur oĂč le buste est fichĂ©. À sa droite, un cube identique quoique plus petit, avec une main couleur bronze qui semble en Ă©merger. Dans sa main, un texte dont je vais tenter de vous livrer en quelques mots la teneur.

« Nunca mĂĄs. Plus jamais. Never again
 Que de beautĂ© en ces mots et comme il eĂ»t Ă©tĂ© opportun de les voir imprimĂ©s sur le petit tapis devant la porte d’entrĂ©e en place de celui de Bienvenue dont l’ironie m’est revenue en mĂ©moire bien aprĂšs m’ĂȘtre enfuie. Allez savoir pourquoi, avec lui aussi, il fallait que je paye : pour sa femme, les femmes en gĂ©nĂ©ral, sa mĂšre. Que je paye, oui. Mais sĂ»rement eĂ»t-il Ă©tĂ© trop simple qu’il se contente de me violer normalement comme n’importe quel violeur est habilitĂ© Ă  le faire. Non, il fallait que je fasse semblant. Semblant de le dĂ©sirer. Semblant d’ĂȘtre consentante. Et comme j’échouais Ă  me montrer convaincante, les gifles pleuvaient, cinglantes, achevant de ruiner cette prestation dĂ©jĂ  si mal engagĂ©e
 »

Tel est le cri muet de la femme. Telle est sa plainte qui fut aussi la mienne. Et telle est son invocation. Mais ce que je ne vous ai pas dit, c’est que ce buste – Ă  l’origine un mannequin ancien – m’avait suivie durant plus de vingt-cinq annĂ©es avant que de se voir offrir ce nouveau vĂȘtement, cette seconde vie. Vingt-cinq annĂ©es durant lesquelles nous nous Ă©tions mutuellement identifiĂ©es l’une Ă  l’autre. Moi Ă  sa posture douloureuse. Elle, aux agressions dont j’étais coutumiĂšre. Car je l’avais totalement investie de tout ce que je « croyais » avoir subi. Ainsi donc, comme vous l’aurez compris, ce matĂ©riau d’origine dont elle Ă©tait faite Ă©tait avant toute chose la peur, tant il est vrai que c’est celui le plus couramment utilisĂ© pour conclure ou renouveler l’accord qui lie le – ou la – violentĂ©(e) Ă  l’agresseur. Cependant, je ne pouvais pas m’empĂȘcher de la trouver belle. J’étais littĂ©ralement attachĂ©e Ă  cette image de victime dont elle Ă©tait Ă  sa maniĂšre la figure de proue.

Mais l’Ɠuvre n’aurait pas Ă©tĂ© complĂšte sans ce qui suit. À sa gauche en effet, se tient un cube blanc, d’une taille intermĂ©diaire, avec au-dessus une trappe grillagĂ©e d’aspect prĂ©cieux. Aucune indication. Aucune invitation formelle Ă  l’ouvrir, aussi chacun peut-il faire comme « il veut ». L’intĂ©rieur, tendu de velours noir, a tout d’un Ă©crin et un autre texte y a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©. Mais pour ĂȘtre dĂ©cryptĂ©, celui-lĂ  va devoir ĂȘtre prĂ©sentĂ© devant le petit miroir que j’ai placĂ© sur la poitrine de la femme. Car telle est la Femme Miroir, qui, abusĂ©e et violentĂ©e, ne possĂšde pas moins en elle une double comprĂ©hension des choses. En son cƓur, elle sait qu’elle n’est pas une victime mais une DĂ©esse et qu’elle a crĂ©Ă© tout cela. Elle connaĂźt son pouvoir. Elle le pressent. Le devine. Elle connaĂźt de façon cryptĂ©e sa richesse et son inviolabilitĂ©.

Dans cet amphithĂ©Ăątre de l’IRTS, j’ai tout revĂ©cu en accĂ©lĂ©rĂ© et l’espace de quelques minutes, je me suis retrouvĂ©e aussi stupĂ©fiĂ©e que La Femme Miroir – qui sait, mais qui cependant n’a pas accĂšs Ă  ce vivant savoir. Et puis la Vie a de nouveau circulĂ© en moi et j’ai reconnu la merveille qu’il m’était donnĂ© d’expĂ©rimenter. Quelle formidable rĂ©silience de pouvoir ainsi revisiter mon passĂ© depuis cet accĂšs facilitĂ©. Et j’ai alors osĂ© dire Ă  ces Ă©tudiants avant de les quitter cette chose-lĂ  : « Dans la langue des oiseaux, ce langage du son affranchi des rĂšgles de la grammaire et de l’orthographe grĂące Ă  quoi nous pouvons capter la puissance symbolique des mots, on dit : l’enfer-me-ment. Or, c’est bien lĂ  ce dont faisait l’expĂ©rience La Femme Miroir. Pour elle, dans le meilleur des cas, l’autre ne savait pas. Il ne pouvait pas savoir. Il n’était pas enfermĂ©. Et dans le pire, elle ne l’entendait pas. Ainsi, ai-je forcĂ©ment dĂ» croiser plus d’une personne dĂ©sireuse de venir Ă  mon secours et pourtant il n’en est qu’une dont j’ai gardĂ© le souvenir et qui a semĂ© en moi un germe que je n’ai pas rejetĂ©. Une seule m’a fait le cadeau prĂ©cieux de reconnaĂźtre en moi simultanĂ©ment le plomb et l’or. Car vouloir contraindre une personne Ă  dĂ©couvrir ses qualitĂ©s ou la solution Ă  ses problĂšmes, quand elle est totalement dĂ©vouĂ©e Ă  la rĂ©alitĂ© qui l’empoisonne, c’est comme lui demander de renoncer Ă  sa seule richesse : le « plomb » en elle alors ne peut que se sentir menacĂ©. À l’opposĂ©, si elle n’est reconnue que dans sa plainte, ce sera la partie “or” mĂȘme si elle n’a pas Ă©tĂ© identifiĂ©e qui se mettra Ă  rĂ©clamer. »

Aujourd’hui, je sais que le plomb n’est rien d’autre que de l’or en devenir. Aujourd’hui, je sais que l’on peut tout transformer. Que maltraitĂ©e, abusĂ©e, violentĂ©e, une femme n’en sera pas moins toujours une merveilleuse et digne reprĂ©sentante de la Vie. Aujourd’hui, j’aime Ă  me faire le tĂ©moin de ce miracle que nous sommes.


HĂ©laine Charbonnier Teljesseg
Helaine.charbonnier.teljesseg@gmail.com
Helaine-faiseuse-de-fees.com
https://www.facebook.com/lepetitlexiquedesnouveauxparadigmes/

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Texte 4 de Isabelle PETITDEMANGE

Ouvrir son cƓur, exprimer les maux, choisir la vie

Il est des chemins que la vie nous offre parfois et oĂč des choix s’imposent : devenir responsable, s’épanouir dans la simplicitĂ© et la fluiditĂ©, ou entretenir l’enfant victime que nous avons Ă©tĂ©.

J’étais « colĂ©rique ». La colĂšre, seule Ă©motion que j’exprimais, cachait toutes les autres. Elle me donnait la force de vivre et d’avancer. J’étais, malgrĂ© cela, une enfant sans soucis, souriante et sociable. Je rĂ©ussissais en classe. J’ai fait de « grandes Ă©tudes ». À 26 ans, je me suis mariĂ©e. Peu aprĂšs, est arrivĂ© notre premier bĂ©bĂ©, un garçon. Tout semblait me rĂ©ussir, malgrĂ© ces excĂšs de colĂšre.

Lorsque j’attendais notre deuxiĂšme enfant, j’ai traversĂ© une phase trĂšs brutale de ma vie.
Je ne me voyais qu’avec des garçons et je sentais que bĂ©bĂ© n’en Ă©tait pas un. L’échographie confirma qu’il Ă©tait une fille. Panique. Quoi faire ? Comment accueillir ce fĂ©minin dans ma vie ?

Lise-Anne est nĂ©e. Un accouchement physiologique mais l’expulsion a gĂ©nĂ©rĂ© une Ă©norme dĂ©chirure, autant au niveau de mon sexe que dans mon cƓur. Lise-Anne refluait, Ă©tait hypertonique... un bĂ©bĂ© trĂšs vif, qui dormait mal. Dans notre couple, ce fut l’horreur. Notre relation s’est remplie de violence. Je hurlais, je tapais, je cassais. Je me perdais et ne trouvais pas d’issue.

C’est dix-huit mois plus tard, que, totalement Ă  bout, je lĂąchais : « Je ne comprends pas d’oĂč me vient cette violence. Ce n’est pas comme si j’avais Ă©tĂ© abusĂ©e petite. »
Un Ă©lan de vie m’a poussĂ©e Ă  poser ces mots. Par amour, pour la vie, pour mes enfants, pour mon couple... J’ai posĂ© ce secret de famille enfoui trente ans plus tĂŽt. Mes colĂšres trouvaient enfin une explication.

Neuf mois aprĂšs, j’enterrais ma grand-mĂšre paternelle et, avec elle, je tĂąchais Ă©galement d’enterrer cette histoire sordide. Par deux fois, j’ai cru mourir. D’un arrĂȘt cardiaque, d’abord, lors de l’enterrement : j’étais assise juste derriĂšre mon oncle et retrouvais la famille que je fuyais depuis treize ans. D’un accident de voiture, ensuite, trois semaines plus tard. Je me souviens avoir dirigĂ© la voiture vers la barriĂšre de sĂ©curitĂ© et avoir fait un choix : vivre.
Et tout s’est enchaĂźnĂ©.

AprĂšs avoir pleurĂ©, hurlĂ© ma douleur et mon envie de mourir pour ne plus avoir mal, j’ai enclenchĂ© mon premier projet : trouver une nouvelle maison, dans laquelle je me sentirais bien, chez moi, en sĂ©curitĂ©. Trois mois de labeur ont suivi dans un plaisir rĂ©el pour vendre notre maison. Je reconstruisais avec amour, douceur et passion, avec intensitĂ©, foi, et rage de vivre aussi.
Durant ces trois mois, il y a eu de belles Ă©chappĂ©es partagĂ©es. Je recommençais Ă  ouvrir mon cƓur Ă  avoir et Ă  ĂȘtre en-vie.
J’enclenchai le deuxiùme projet : vendre ma maison maternelle d’enfance. Un grand saut...
Et puis, mon troisiĂšme projet : retrouver une sexualitĂ© sereine et fluide. J’utilisai pour cela de nombreux outils dont le soin rebozo.
Le lendemain de ce soin, ma deuxiĂšme fille s’est nichĂ©e dans mon utĂ©rus. Sa dĂ©couverte a Ă©tĂ© un Ă©lectrochoc. D’abord un flot de larmes. Nous avions posĂ© que « deux, ça suffit ». Je ne pensais pas Antoine prĂȘt Ă  accueillir ce nouvel ĂȘtre. J’étais terrifiĂ©e, prostrĂ©e, dĂ©chirĂ©e. AprĂšs 48 h de rĂ©flexion, j’ai posĂ© MON choix. Pas question d’enlever cette vie qui grandissait en moi. Une amie a alors Ă©voquĂ© « ce jardin intĂ©rieur, qui malgrĂ© ses blessures, est fertile et prĂȘt Ă  donner de beaux fruits ». C’était tellement plein de sens ! J’ai rĂ©alisĂ© que ce bĂ©bĂ© Ă©tait inespĂ©rĂ© mais dĂ©sirĂ©. MalgrĂ© les craintes et les croyances familiales Ă  l’encontre desquelles il allait, c’était un cadeau, et en mĂȘme temps un challenge de la vie.

Flora a grandi dans mon ventre, avec sĂ©rĂ©nitĂ© et confiance, dans une Ă©nergie d’intensitĂ©. Durant cette grossesse, tout devenait possible. Nous mordions la vie, les plaisirs et les partages. Nous avons emmĂ©nagĂ© dans une magnifique maison Ă  l’opposĂ© de l'ancienne : grande, lumineuse, sans travaux, avec piscine et local professionnel. Le rĂȘve...
J’ai Ă©galement mĂ»ri et posĂ© des projets professionnels qui me tenaient Ă  cƓur.

Flora a aussi ouvert en moi un autre lien au monde, et aux femmes en particulier. Jusqu’au terme de ma grossesse, j’ai eu peur de la perdre. C’était viscĂ©ral. J’ai « Ă©trangement » cĂŽtoyĂ© des femmes perdant des bĂ©bĂ©s in utero Ă  diffĂ©rents stades de leur grossesse et, mĂȘme si je sentais Flora prĂ©sente et bien en vie, chaque fois la peur s’installait. Je lui parlais, avec douceur et confiance. Elle m’a ouvert les portes d’un ancrage que je ne connaissais pas. Je la visualisais tellement sereine et accrochĂ©e Ă  la vie... Je savais que l’histoire de ces femmes n’était pas la mienne et en mĂȘme temps, je partageais avec elles, remplie d’amour, ces Ă©pisodes douloureux de la vie d’une femme.

Flora m’a amenĂ©e Ă  travailler sur mon histoire et celle de ma lignĂ©e. Elle m’a appris Ă  sauter le pas, Ă  y croire... jusqu’au bout. À plusieurs reprises, j’ai visualisĂ© ma lignĂ©e de femmes, et j’ai accueilli ce qu’elle me transmettait, tout en choisissant une autre voie. Celle de l’amour et de la croyance que la fluiditĂ© est possible.
Flora est sortie de mon ventre comme par magie, en 1 h 20, avec une puissance que je ne soupçonnais pas. L’accouchement dont je rĂȘvais...
Flora est nĂ©e au carrefour de mon histoire. La poche des eaux s’est fissurĂ©e le 1er fĂ©vrier, un an aprĂšs l’enterrement de ma grand-mĂšre. Elle a choisi de naĂźtre le 3 fĂ©vrier, au moment de la vente de ma maison maternelle familiale, qui fermait une longue histoire de deuils...

Tout est possible, quand on fait le choix de vivre et d’ouvrir son cƓur...

Isabelle PETITDEMANGE
desmainspourgrandir@gmail.com
desmainspourgrandir.fr


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PARTAGE : Honorer la DĂ©esse - EXTRAITS DE TEXTES

Danse ma DĂ©esse, danse.

Un grand chaos, une bataille contre ce dragon sombre et gĂ©ant. AnĂ©antie, j’ai eu peur. De la Vie, des autres, de moi. Puis, une petite Ă©tincelle est apparue et je suis partie, aventuriĂšre peu assurĂ©e, Ă  ma dĂ©couverte. Une quĂȘte. Je me suis fiĂ©e Ă  Nietzsche : « Il faut avoir du chaos en soi pour accoucher d’une Ă©toile qui danse ».
La quĂȘte de la DĂ©esse. Elle est longtemps restĂ©e tapie en moi. Nous n’avions pas Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es. Êtres surnaturels, Dieux et DĂ©esses ne pouvaient qu’appartenir Ă  la magie, au rĂȘve. Ils expliquaient, jadis, l’inexplicable, le surnaturel, le divin de la Vie. Que viendrait faire une dĂ©esse dans ma vie ? OĂč se cache la Di-Vie-nitĂ© de ma vie ? Quelle est ma part de magie ? Femmes, des siĂšcles de patriarcat ont reniĂ© et jetĂ© aux oubliettes nos mystĂšres, notre magie pourtant si naturelle. Je suis donc partie Ă  la recherche de l’étincelle de magie pour Ă©clairer mon chemin. Je l’ai retrouvĂ©e et acceptĂ©e. Ma DĂ©esse est cette partie magique et divine de moi-mĂȘme. Celle qui Ă©claire le sombre.

Comment ai-je rencontrĂ© ma DĂ©esse ? J’ai plongĂ© au plus profond de mon ĂȘtre pour faire Ă©merger la Femme naissante. J’explore et cĂŽtoie les sombres recoins de mon Ăąme. Plus je descends, plus je croise les Ă©tincelles qui Ă©clairent ma route. Je tourne autour de l’amour de moi. Je frĂŽle mon Ăąme, ma vĂ©ritĂ©, mon essence. J’approche, prudente, Ă  petits pas, la DĂ©esse. Elle ouvre dĂ©licatement ses bras et me pose sur ma route vers le FĂ©minin doux et mystĂ©rieux. Elle me murmure : « Aie confiance, Ă©claire-toi, et rayonne ta chaleur et ta lumiĂšre. » Elle me dĂ©voile dĂ©licatement les trĂ©sors magnifiques et magiques que je porte en moi et que je peux transmettre. Je lui fais confiance et elle me pousse, brise lĂ©gĂšre dans le dos, pĂ©tillement dans mes cellules, vers la Femme crĂ©atrice Vie. Seule, je chemine vers mon rĂȘve. Elle m’ouvre grand la porte lumineuse du champ des possibles. Elle ne met pas de limites Ă  l’émerveillement que lui procure la vie. Elle me transforme : Une et SacrĂ©e.

Ma DĂ©esse m’inspire. Pour accompagner mes enfants sur leur chemin de Vie, les laissant libres de leurs envies, de leurs choix. PrĂ©sente, toujours, j’ai intĂ©grĂ© qu’ils s’appartiennent. Je suis alors partie Ă  la recherche de la petite fille que j’étais et que je n’aimais plus. Celle qui a seulement « croisĂ© » le premier homme de sa vie : son pĂšre. Je l’ai trouvĂ©e assombrie, oubliĂ©e, bardĂ©e d’étiquettes et de mauvais souvenirs. J’ai allumĂ© un grand feu, et
 elle s’est mise Ă  danser, danser, Ă©parpillant ça et lĂ  des Ă©toiles scintillantes de joie et d’envies de vivre. Des souvenirs meilleurs ont Ă©mergĂ© et j’ai retrouvĂ© en elle les prĂ©mices de ce que je dĂ©voile en moi aujourd’hui : ma sensible intuition, ma connexion Ă©mue avec la Nature, ma douceur, ma crĂ©ativitĂ©, ma sensibilitĂ© profonde, mon amour, mon courage, ma force. NĂ©e de « parents-enfants », je porte en moi la joie de leur innocence. Mon chemin s’élance vers un plus grand niveau d’amour et de partage mais je ne m’oublie pas.
Ma DĂ©esse amoureuse attend, avec prĂ©sence et impatience lĂ©gĂšre, la rencontre juste. Je sais maintenant que l’idĂ©e que je me faisais de l’homme n’est pas juste. Il est sensible, effrayĂ© parfois et perdu devant un fĂ©minin parfois in-juste. Tout comme je le suis devant un masculin in-juste. Je fais le choix, je chemine pour m’accepter telle que je suis et pour l’aimer tel qu’il sera. Je n’ai plus peur de lui, non, je sais vers qui je marche. J’ai confiance. Il est lĂ .

Ma DĂ©esse m’ancre dans ma vie. VulnĂ©rable, fragile, je me pardonne mes erreurs. Je reconnais avoir besoin d’aide et de soutien. Je laisse se dĂ©ployer ma gĂ©nĂ©rositĂ© et une vraie solidaritĂ©. Je ne crains pas la crĂ©ativitĂ© des autres femmes, parce que je sais oĂč est ma place, et je peux Ɠuvrer Ă  les accompagner sur le chemin de l’épanouissement.
Ma DĂ©esse, danseuse et crĂ©atrice. J’ai dansĂ© et le temps dansant, j’ai senti naĂźtre une force en moi. La puissance de la danse a fait jaillir ce FĂ©minin SacrĂ© que je ne connaissais pas. La force de la danse a fait naĂźtre le divin de la Femme dansant vers sa complĂ©tude. Pour rĂ©ellement Honorer ma DĂ©esse, j’ai osĂ©, j’ai fait le choix de transformer ma vie. Danser et faire retour vers mon rĂȘve.
Je suis partie me former, me malaxer, pour « mettre en Ăąme » des ateliers de mouvement dansĂ©. Chaque femme devrait pouvoir dire « mon corps est mon temple, je l’écoute, le protĂšge, le ressens, lui donne la douceur dont il a besoin ». Les mouvements du corps nous reconnectent Ă  l’ĂȘtre profond que nous sommes. Les ondulations du bassin nous ouvrent Ă  la sensualitĂ©, Ă  l’amour et Ă  l’attention pour notre ventre et ses mystĂšres, centre d’énergie souvent malmenĂ© ou passĂ© aux oubliettes. Le rythme et les mouvements primitifs des percussions nous ouvrent le monde magique de la joie et de la confiance en soi. La danse met en vie, rĂ©-anime.

Le corps montre le chemin. Suivons-le. Je le suis. À travers ma danse, je recherche la joie de danser avec Moi, de danser ensemble. Ma danse accueille la douceur du Soi avec Soi et entre les Soi. Mon projet Ă©toilĂ© est de transmettre par le mouvement les valeurs lumineuses et douces du FĂ©minin et le retour Ă  l’Amour pour notre Terre. Mon souhait, magique, est de partager ces valeurs avec le plus grand nombre de femmes (et d’hommes cheminant vers leur FĂ©minin), des femmes Ă©panouies, meurtries, enfermĂ©es, libĂ©rĂ©es, Ă©touffĂ©es, isolĂ©es. Parce que les valeurs du FĂ©minin SacrĂ© en partage changeront durablement le monde. La Voie est ouverte, les voix chantent et s’élĂšvent.

Carole Lauffenburger - c2lvm@hotmail.fr - www.facebook.com/NiaGrenoble2017

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Le Feu du Dedans

L’antique rituel de Beltane ou la cĂ©lĂ©bration de l’honorable Terre-MĂšre

Pendant des siĂšcles et des siĂšcles, nos ancĂȘtres se sont livrĂ©s aux jeux de l’Amour, sans honte, Ă  la face des dieux.


« 
 Voici Beltane, et cette nuit, les feux brillent dans la campagne en l’honneur de la DĂ©esse. Pour la plupart, les habitants dormiront dans les champs et, au petit jour, plus d’une femme reviendra, portant en elle la semence du Dieu. »

Il est minuit en ce passage du 1er au 2 mai, trĂšs prĂ©cisĂ©ment 40 jours aprĂšs l’équinoxe de printemps. Les hommes masquĂ©s de cornes de Cernunnos croiseront de plein grĂ© la dĂ©esse de leur choix. Les enfants nĂ©s de cette union seront dĂ©ifiĂ©s et promis Ă  la fonction chamanique des grandes sociĂ©tĂ©s prĂ©monothĂ©istes.

Pour mĂ©moire de mai, il ne reste aujourd’hui que le mois oubliĂ© de la trĂšs pudique Vierge Marie, oxymore d’une dĂ©esse chrĂ©tienne asexuĂ©e emmitouflĂ©e dans ses chastes oripeaux de saintetĂ©. Le drame qui l’habille est imperceptiblement nichĂ© dans les plis de notre psychĂ©. PrĂ©sentement, cette accablante « mĂšre de Dieu » se retrouve sous les draps de nos intimitĂ©s. Passant par lĂ , et jamais bien loin de lĂ , les apĂŽtres des bonnes maniĂšres ont brĂ»lĂ© les sorciĂšres et semĂ© des tas de tabous maintenant enracinĂ©s, tel du chiendent, dans les allĂ©es de nos respectables civilitĂ©s. En rĂ©ponse, nous ne saupoudrons souvent que de dĂ©sherbants thĂ©rapeutiques, dĂ©foliants inaccessibles aux racines de la malĂ©diction. La dĂ©tresse reste sous terre et crevasse constamment l’élan du cƓur, battant en sourdine dans un corps endormi d’un hivernal sommeil de lĂ©thargies sensuelles.

Sonnez mĂątines
En cette enfance que fut la mienne, je me vois encore en fidĂšle choriste des cĂ©rĂ©monies chrĂ©tiennes. En ces temps-lĂ  oĂč, de village en village et de croix en croix, cheminant saintement, la procession allait tout en chantant bĂ©nir les semences dans les greniers des paysans . Vestiges vivants et Ă©vidents d’un rituel paĂŻen, la foi des chrĂ©tiens, encore rĂ©cemment, perpĂ©tuait cette dĂ©votion Ă  notre premiĂšre dĂ©esse : la « Terre-MĂšre ». Ceci et cela, au moment mĂȘme oĂč la saison froide se rĂ©chauffait au soleil radieux des abondances Taureau du fertile mois de mai.
C’est l’heure oĂč la semence est Ă  l’honneur, cĂ©lĂ©brant la dimension cosmique de l’Ouranos cĂ©leste couvrant notre GaĂŻa pleine de grĂące. Silence Ă©ternel. Souvenances immortelles.
Soudain, sous la cendre, les ardents feux de Beltane retrouvent leurs origines. Le dĂ©sir renaĂźt de ces antiques croyances ravissant d’honneurs une dĂ©esse de toutes les couleurs. Il aura suffi seulement d’un coup de vent lĂ©ger ouvrant la porte qui mĂšne au cƓur de l’authenticitĂ©.

Saveurs divines
Dans l’Himalaya, le rituel du Wesak, Ă  la pleine lune de mai, cĂ©lĂšbre le mariage du Soleil et de la Lune sous la bĂ©nĂ©diction du TrĂšs-Haut Feu universel. Chez nous, l’« amour courtois » est le souvenir du culte de la dĂ©esse-reine, la vĂ©nĂ©ration indo-europĂ©enne que le Moyen Âge a christianisĂ©e, a sublimĂ©e Ă  sa maniĂšre. Entr’autres dames, la fĂ©e Morgane, prĂȘtresse d’Avalon, sorte d’ArtĂ©mis celte, telle la Marie-Madeleine Ă©vangĂ©lique, a Ă©tĂ© abandonnĂ©e en prostituĂ©e sacrĂ©e honorant ainsi la Vierge immaculĂ©e, porteuse de toutes les fĂ©conditĂ©s reliĂ©es Ă  la fĂ©minitĂ©.
Ainsi, de la Terre Ă  la mĂšre, passant par l’amante, chacune de ces divinitĂ©s se pare Ă  sa maniĂšre d’une dimension mystique : ce Feu du dedans, ce pouvoir du vivant, cette spirale s’élevant au-dessus du trĂ©pied des autres Ă©lĂ©ments.
Pour que ces dĂ©esses soient honorĂ©es, encore faut-il qu’elles soient honorables. C’est-Ă -dire qu’elles sachent et puissent, sans caricature, respecter leur propre nature. Les trois archĂ©types bibliques que sont Lilith, Ève et Marie en proposent toutes les variations : l’amante, l’épouse et la mĂšre. À l’une comme Ă  l’autre de se manifester dans toutes les formes de son plein grĂ©. Qu’elle soit la mĂšre d’une collectivitĂ©, l’épouse d’une idĂ©e ou l’amante d’une passion.

Soirée cùline
Brouillant le processus d’une identitĂ© commune reliant tous les attributs de la DĂ©esse, notre histoire s’est mise en travers de cette naturelle et archaĂŻque harmonie. Tout comme le cĂ©libat des prĂȘtres, le concept de fidĂ©litĂ© s’est culturellement installĂ© afin de protĂ©ger, avant tout, les hĂ©ritages, les propriĂ©tĂ©s et les possessions. Puis cette anormalitĂ© s’est progressivement structurĂ©e en vĂ©ritĂ© incontournable, accompagnĂ©e de tous les interdits punissables. L’histoire du couple, en relation conjugale, s’est identifiĂ©e Ă  cette dĂ©finition. Ce sera, depuis lors, la cause d’autant de souffrances que de jours heureux.

Ainsi donc, le voile ne se lĂšvera sur ces ombres-lĂ  que si notre attention s’adresse d’abord Ă  la premiĂšre dĂ©esse qu’est notre Terre elle-mĂȘme. Ô, misĂšre ! Puis notre mĂšre par le miracle d’ĂȘtre nĂ© de sa tendresse. Aussi, ensuite, notre corps de toute beautĂ©. Enfin, l’amant(e) que nous sommes envers toutes ces fĂ©minitĂ©s, ces divinitĂ©s qui sont les nĂŽtres.

Par sainte Honorée, patronne des boulanger(Úre)s, Î bonne pùte, grossesse enchantée, au clair de la lune ensemencée.
BĂ©ni sois-tu !

Daniel TESTARD

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Un petit temple sacré

Au fil des souvenirs, je retrouve le lien avec la DĂ©esse
 ou comment l’honorer de par les cultures et les actions dans notre vie.

Mon sommeil me porte vers des mĂ©moires connues
 Un petit temple, rond, rouge et rose. La porte d’accĂšs, l’écrin tangible de cette grotte, lieu de pĂšlerinage du fĂ©minin sacrĂ© depuis plus de 2000 ans
 OĂč la dĂ©esse Durga est honorĂ©e tous les jours, au lever et au coucher du soleil, par des chants provenant d’une tradition ancienne, prĂ©servĂ©e et transmise de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. Mes souvenirs me portent vers une famille que j’ai aimĂ©e, qui est totalement dĂ©vouĂ©e au temple et Ă  la dĂ©esse. Les hindous considĂšrent que, pour qu’une divinitĂ© reste dans un lieu sacrĂ©, il est utile de lui rendre hommage tous les jours. En cultivant l’énergie du lieu, les personnes qui s’y rendent la ressentent et peuvent rendre hommage Ă  leur tour, ainsi que se recharger pour poursuivre leurs activitĂ©s quotidiennes dans le monde des mortels.

La lĂ©gende narre que la dĂ©esse se serait reposĂ©e dans cette grotte lors de la Grande Guerre contre les dĂ©mons. Mais pour comprendre cette histoire, il faut remonter un peu plus en arriĂšre. Il fut un temps oĂč le principe fĂ©minin n’existait pas. Les Dieux combattaient une guerre qui n’en finissait plus contre les dĂ©mons. Ils dĂ©cident alors de s’unir et de donner vie au fĂ©minin. En hommage, chaque Dieu offre Ă  la dĂ©esse une arme. Ses innombrables bras lui permettent de toutes les tenir, sans oublier les nombreux atouts rĂ©vĂ©lant sa beautĂ© : des bijoux et des ornements, ainsi qu’un coquillage dont le son porte des lieues Ă  la ronde. La dĂ©esse Durga, forte de ses pouvoirs, part en bataille contre les dĂ©mons, et arrive enfin Ă  les vaincre. Kasaar Devi en porte la trace : on peut y sentir la force du fĂ©minin, la puissance tranquille et invincible. Le feu qui ne demande pas vengeance, mais l’acceptation totale. La connexion du plus profond de nos entrailles.

Mon corps me ramĂšne au prĂ©sent
 je me rĂ©veille. Ces souvenirs lointains me laissent une sensation de nostalgie. Que de choses partagĂ©es dans ces lieux magiques. Que de gestes observĂ©s, appris, retrouvĂ©s. L’attention au rituel dans chaque moment de la journĂ©e. Le respect des Ă©lĂ©ments : fleurs, soleil, flamme, eau, qui sont respectĂ©s et utilisĂ©s au quotidien. L’accueil de la nature, rigoureuse et dĂ©bordante, qui marque la planĂšte et ses habitants, au rythme des saisons, ainsi que du mouvement des planĂštes
 La simplicitĂ© d’une vie de prĂȘtrise, cependant avec le poids Ă©norme de toutes les rĂšgles imposĂ©es que cela implique en Inde

Je me questionne, entrant encore plus profondĂ©ment Ă  l’intĂ©rieur de moi-mĂȘme
 Qu’est-ce que je porte au fond de moi ? Quel est le lien avec cette famille qui a tant marquĂ© ma vie ? J’observe mes actions, mes activitĂ©s, mon Ɠuvre de tous les jours. Et mon cƓur s’illumine de gratitude : j’honore la dĂ©esse Ă©galement. Dans chaque femme et chaque homme que je croise et que j’accompagne, j’honore cette sacralitĂ© et essaie de poser les bases pour son expression. Notre corps humain est un temple. Toutes les barriĂšres que nous rĂ©ussirons Ă  lever, physiquement, psychiquement et spirituellement permettront de laisser s’écouler la fluiditĂ© et la magnificence de la vie en nous.
Toute femme peut apprendre Ă  honorer la dĂ©esse en elle, laisser s’exprimer les ombres et les lumiĂšres, qui se fondent en dehors de tout jugement. Lorsque l’utĂ©rus reprend sa place dans le corps, sans restriction, tout le reste se met en place, lui donnant la soliditĂ© nĂ©cessaire dans sa vie. La force et la puissance dans son ĂȘtre et ses actions. Comme pour la dĂ©esse Durga, diffĂ©rents instruments nous ont Ă©tĂ© donnĂ©s. Mais l’heure n’est plus Ă  la guerre dĂ©sormais. Elle est au respect, et Ă  la collaboration. Les dĂ©mons n’ont plus besoin d’ĂȘtre combattus : ils deviennent des alliĂ©s dans la transformation.
Et je me lĂšve. Consciente que d’un cĂŽtĂ© ou de l’autre de l’ocĂ©an, dans des cultures et des sociĂ©tĂ©s tellement diffĂ©rentes, nous faisons tous de notre mieux, avec nos capacitĂ©s humaines, pour honorer la DĂ©esse. Exactement lĂ  oĂč elle a besoin d’ĂȘtre reconnue.

Cecilia Gautier - www.lamandorla.eu

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S’autoriser Ă  ĂȘtre DĂ©esse et jouir de ses pleins pouvoirs

La femme, nous le savons, traverse diffĂ©rentes phases durant son cycle. La Jeune Fille, la MĂšre, l’Enchanteresse et la SorciĂšre... mais il y a encore une autre Ă©nergie prĂ©sente, celle de la DĂ©esse.

La DĂ©esse revĂȘt un caractĂšre spĂ©cial, elle est chargĂ©e de croyances et de connotations qui la rendent inaccessible pour la plupart des femmes.
Quand nous entendons « dĂ©esse », nous pensons tout de suite Ă  une femme d’une grande beautĂ©, pleine de majestĂ© et de noblesse. Nous voyons ces dĂ©esses mythologiques, ces dĂ©esses de contes de fĂ©es, qui font partie d’une rĂ©alitĂ© abstraite.
Or, beaucoup de femmes ont une image d’elles-mĂȘmes trĂšs nĂ©gative. Elles se trouvent trop petites, trop grosses, trop grandes, trop maigres, pas assez intelligentes, pas assez intĂ©ressantes. Elles n’ont tout simplement pas confiance en elles.
Comment pourraient-elles oser se sentir dĂ©esses alors qu’elles pensent cela ? Et si jamais elles osaient, les autres les jugeraient orgueilleuses, vaniteuses.
« Non, non, non, la DĂ©esse, ce n’est pas pour moi, ça me fait trop peur, c’est bien trop grand. »
Et pourtant, c’est au moment oĂč la femme s’autorise, c’est au moment oĂč la femme ose se dire et se sentir DĂ©esse, qu’elle accĂšde pleinement Ă  son Être. Sans briller plus qu’une autre, sans prendre la place de quelqu’un, juste
 en prenant pleinement Sa Place.
Je donne depuis quelques annĂ©es quatre journĂ©es d’Initiation oĂč nous voyageons au cƓur du cycle fĂ©minin. Nous traversons la Jeune Fille, pĂ©tillante et fraĂźche, puis la MĂšre, puissante et aimante, l’Enchanteresse, mystĂ©rieuse et libre, pour finir par la SorciĂšre, sage et lumineuse.

(.........)

Ce fut magnifique de les voir accepter timidement, puis pleinement leur grandeur. De les voir complĂštement prĂ©sentes Ă  leur corps et Ă  leur Être. De les voir oser briller, oser ĂȘtre puissantes dans une grande douceur.

ChĂšres femmes, vous ĂȘtes des DĂ©esses. Invitez-la dans votre vie. Laissez cette sensation descendre dans votre corps. Brillez, rayonnez, respirez dĂ©esse. Et reconnaissez aussi la dĂ©esse en chacune des femmes que vous croisez. Honorez-vous et honorez-les, c’est un acte plein de grĂące et de beautĂ©.

Émeline DECAESTEKER – Chamalune- http://chamalune.wixsite.com/chamalune - chamalune@gmail.com

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Une Femme - Sept déesses


La complĂ©tude de la femme comme celle de l’homme, cadeau de la relation.
J’écris ceci le jour de la Saint-Valentin, un bon jour pour nous rappeler que nous portons en nous-mĂȘmes l’univers, la globalitĂ©, l’unitĂ© avec Tout, que ceci loin d’ĂȘtre une chimĂšre est une vĂ©ritĂ© Ă  actualiser. Plus nous l’actualisons en nous-mĂȘmes avec la plĂ©nitude qui en dĂ©coule, plus nous nous prĂ©sentons Ă  la relation dans la pure spontanĂ©itĂ©, l’autonomie, la lumiĂšre. Y a-t-il plus grand cadeau que de libĂ©rer l’autre de nos attentes, nos projections, nos identifications ? Y a-t-il plus grand cadeau que de reconnaĂźtre en soi comme en l’autre la divinitĂ©, la libertĂ©, l’unitĂ©, tout en gardant conscience de la dimension humaine apparemment limitĂ©e mais porteuse et disponible Ă  la rĂ©alisation ?

Odyssée. Femme et complÚte.
« Tu es un garçon manquĂ© » rĂ©prouvait la grand-mĂšre. « Viens sur mes genoux » reluquait le grand-pĂšre. « T’es bien une fille » mĂ©prisait le pĂšre. « Pauvres de nous » maugrĂ©ait chaque mois la mĂšre. « T’es mĂȘme pas cap, t’es qu’une fille » narguait le frĂšre.
DĂ©esse, quelle odyssĂ©e d’ĂȘtre une fille !
Et si à travers ce qui a été démonisé, blessé, avili, refoulé, résidait la dimension sacrée, divine du Féminin ?
Se sentir femme et complĂšte, puissante et douce, magique et belle, nourriciĂšre et amoureuse, accueillante et libre, lĂ©gĂšre et profonde, compassionnĂ©e sans ĂȘtre attachĂ©e, prĂȘtresse et spontanĂ©e, sensible et vitale, gamine et sage, est un vĂ©ritable pĂšlerinage Ă  la Source. VĂ©ritablement.
Quelle que soit la taille de ses seins, le nombre ou non de ses enfants, sa vie sexuelle. C’est l’essence du FĂ©minin Ă  travers une Femme.

Femme unique. Femme universelle.
Chaque Femme incarne une tonalité unique du Féminin sacré avec sa beauté unique et toutefois universelle. Elle a à la dévoiler et sortir des clichés, des attentes du regard extérieur.

DĂ©esse, FĂ©minin de Dieu.
Le Féminin de Dieu est absent des grandes religions monothéistes patriarcales. Le Dieu patriarcal destitue et ensevelit la Déesse originelle. Seul reste le féminin, ayant perdu la conscience de son essence et de sa divinité, immature, coupable du péché originel, incarné par la femme.

Valeurs du FĂ©minin.
Il nous revient Ă  nous femmes et hommes en Ă©veil, de rassembler, de guĂ©rir, d’intĂ©grer les multiples visages de la DĂ©esse, afin de crĂ©er un monde oĂč les valeurs du FĂ©minin transforment fondamentalement notre sociĂ©tĂ©, l’enrichissent, oĂč la dimension divine et sacrĂ©e de la vie est connue, reconnue, honorĂ©e.
Valeurs associĂ©es Ă  un mouvement d’intĂ©rioritĂ©, d’accueil, d’intuition, de ressenti, d’alchimie, de coopĂ©ration. Mouvement qui englobe la totalitĂ© sans en exclure aucun, qui inclut, qui rĂ©unit. Accepter que quelque soit notre sagesse, le Grand MystĂšre est. Le FĂ©minin accepte de faire l’expĂ©rience de la Vie et ce Oui en chacun et en chaque ĂȘtre et chose est un cadeau d’amour absolu.

Responsabilité envers son propre masculin.
Afin de guĂ©rir la blessure intime du fĂ©minin qui a oubliĂ© sa conscience divine et s’est identifiĂ© Ă  la matiĂšre vile, les femmes ont Ă  restaurer leur masculin vĂ©ritable, non un masculin calquĂ© sur le modĂšle de l’homme.
Elles ont la responsabilité de reconnaßtre en elles la Déesse et de traverser le piÚge immémorial de se croire une déesse afin de devenir véhicule de la Déesse. Ni plus mais ni moins.

Visages de la DĂ©esse. DĂ©esses grecques.
La DĂ©esse a bien des visages Ă  travers le monde. RĂ©cemment ceux des 13 MĂšres originelles amĂ©rindiennes sollicitent les Ăąmes nostalgiques ou la quĂȘte d’exotisme.
Il y a ceux des déesses grecques, proches et assimilables.
Je me baigne depuis plus de vingt ans dans une grille de lecture qui se base sur 7 dĂ©esses grecques. Ces 7 dĂ©esses sont maintenant des AlliĂ©es chamaniques, des amies, des archĂ©types vibrants en moi. Elles me soufflent des rituels, des pratiques, des guĂ©risons, des activations, des sons spontanĂ©s, des gestes
 Certaines sƓurs que j’ai eu le bonheur d’accompagner crĂ©ent aujourd’hui leur(s) propre(s) cercle(s), s’en laissent inspirer dans leurs Ă©crits.
Je rends grĂące Ă  Jean Shinoda Bolen qui a lĂ©gitimĂ© les multiples aspects de la Femme en moi, autant inavouĂ©s qu’emblĂ©matiques.

Chaque déesse, une Alliée.
Les 7 visages de la Déesse vivent en nous et imagent notre mythologie intérieure et notre psyché.
Chacune est un trĂ©sor Ă  restaurer, Ă  actualiser. Chacune a besoin d’ĂȘtre vĂ©cue dans le corps, le cƓur et l’ñme. Chacune reprĂ©sente une voie de transformation des enjeux du fĂ©minin dĂ©naturĂ© et dĂ©monisĂ©. GrĂące Ă  chacune, nous pouvons guĂ©rir nos propres tonalitĂ©s du fĂ©minin blessĂ© mais aussi Ă©clairer et illuminer nos dĂ©mones. Chacune est une AlliĂ©e sacrĂ©e sur une voie de restauration du FĂ©minin.
Pour chacune, j’ai reçu une voie spirituelle et un centre d’énergie privilĂ©giĂ© d’exploration, de guĂ©rison, d’harmonisation.
Une Femme complĂšte intĂšgre les 7, chaque femme dans une proportion diffĂ©rente. Pour chacune d’entre nous, Ă  un moment ou un autre de notre vie, chacune des 7 vient Ă  notre rencontre (avoir ou non un enfant, privilĂ©gier ou non sa carriĂšre, sa vie intĂ©rieure, son intĂ©gritĂ©, la passion, se marier, vivre libre).
Nous avons besoin d’éveiller en nous celles qui sont refoulĂ©es, en guĂ©rir d’autres, illuminer celles dans leur ombre, cĂ©lĂ©brer celles qui sont nos ressources de joie, de paix, d’extase.
Surtout ne pas les enfermer dans des dogmes, sans rire ni joie. Surtout les célébrer avec spontanéité, créativité, beauté et magie.
Ceci aussi pour l’homme qui intĂšgre son FĂ©minin, sa propre complĂ©tude.
Discerner, ressentir laquelle se manifeste ou non, prendre soin du besoin fondamental de chacune, choisir laquelle suivre, est le gage d’un choix digne de la DĂ©esse.


Une Femme
Une femme dans sa complĂ©tude, vĂ©hicule de la DĂ©esse, porte la dignitĂ©, la reconnaissance sacrĂ©e d’ĂȘtre Femme, sans le besoin de sĂ©duire ou de craindre l’homme. Elle n’extĂ©riorise pas un masculin fabriquĂ© sur le modĂšle de l’homme, elle n’a pas besoin de faire comprendre qu’il faut la respecter, elle le vĂ©hicule.
Dans un environnement machiste, sa prĂ©sence ne donne pas prise au pouvoir ou Ă  la domination, elle n’a pas d’accroche et ne se sent pas victime personnellement. Dans la reconnaissance de la beautĂ© intrinsĂšque d’incarner le FĂ©minin, elle reconnaĂźt sa beautĂ© unique quelle que soit son apparence et connaĂźt sa divinitĂ©, sans besoin d’ĂȘtre divinisĂ©e. Son corps est sa terre sacrĂ©e et le temple qui ancre le ciel. Son sang menstruel, celui des Lunes, concentre la prĂ©sence de la DĂ©esse. Elle reconnaĂźt chaque femme Ă  travers une sororitĂ© complice, ainsi qu’une fraternitĂ© naturelle envers l’homme. Elle porte la souverainetĂ© de ses actions, reine et prĂȘtresse en elle-mĂȘme. Il Ă©mane d’elle une PrĂ©sence douce et ferme, profonde et claire, concernĂ©e sans ĂȘtre attachĂ©e. Sa PrĂ©sence rĂ©jouit, aimante, accueille, transforme et cĂ©lĂšbre.

Je salue la DĂ©esse en chacun et chacune et rends grĂące de contribuer Ă  son retour.

Diane Bellego - www.tantradianebellego.com - www.facebook.com/Tantra.diane.bellego

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3 clés pour honorer la déesse en vous

« Traite-toi chaque jour comme une déesse »
Une phrase, une pĂ©pite, glissĂ©e Ă  mon oreille sur une plage d’IndonĂ©sie il y a dix ans et qui a fait son chemin depuis. Mais, se sentir comme une dĂ©esse
 c’est quoi ?

Nous sommes toutes passĂ©es par lĂ  : « Ah, si seulement j’étais plus mince, plus jolie, plus intĂ©ressante, plus intelligente, si j’avais plus d’argent, plus de temps, un partenaire plus prĂ©sent
 Je pourrais me sentir mieux, plus sexy, plus vivante, je rĂ©ussirais mieux
 »

Il y a plusieurs annĂ©es en arriĂšre, j’étais loin d’ĂȘtre connectĂ©e Ă  ma dĂ©esse intĂ©rieure et encore plus loin de savoir comment l’honorer. Je pensais souvent Ă  tout ce que je voulais changer en moi, les blocages que je rencontrais ou les choses qui m’embarrassaient et cela alimentait un cercle peu vertueux qui bien sĂ»r m’empĂȘchait de me rĂ©aliser pleinement et de briller de ma belle lumiĂšre. Jusqu’à ce « Traite-toi chaque jour comme une dĂ©esse » qui peut sembler un peu naĂŻf, mais qui a marquĂ© un tournant dans ma maniĂšre de vivre avec moi-mĂȘme. Il y a une grande diffĂ©rence entre comprendre le concept avec son esprit et l’incarner vĂ©ritablement. C’est un chemin. Éveiller et honorer ma nature de dĂ©esse fut, Ă  ce moment-lĂ , une dĂ©cision, un engagement, une promesse avec moi-mĂȘme. Les choses sont parfois un peu plus simples qu’elles n’y paraissent et peuvent commencer ici et maintenant, au moment mĂȘme oĂč vous lisez ces lignes. PrĂȘte ?

Découvrez 3 clés pour reconnecter à votre déesse intérieure et mieux vous honorer.

ClĂ© n° 1 : Choisissez consciemment de vous porter de l’attention dans la bienveillance au quotidien.

À travers mes expĂ©riences personnelles autant que professionnelles, j’ai observĂ© combien, souvent, les femmes, chacune Ă  leur maniĂšre, entretiennent des comportements parfois peu respectueux de leur personne : mauvaise hygiĂšne de vie, jugements excessifs sur soi-mĂȘme, ou encore difficultĂ© Ă  poser des limites claires et Ă  s’écouter.

Essayez d’observer

Vous ĂȘtes en train de vous juger ou vous ĂȘtes dure avec vous-mĂȘme...?
Pouvez-vous envisagez d’ĂȘtre un peu indulgente avec vous, comme vous le feriez avec une amie que vous aimez beaucoup ? Laissez passer cette pensĂ©e, ce jugement et l’histoire qui va avec sans vous y identifier. Respirez profondĂ©ment et souriez-vous avec bienveillance. Savoir se foutre la paix, c’est aussi ça se sentir une dĂ©esse !

Pour d’autres, cela passera par une difficultĂ© Ă  poser et respecter ses limites. Vous ĂȘtes Ă©puisĂ©e mais vous vous forcez Ă  faire quelque chose pour faire plaisir Ă  quelqu’un ? RĂ©flĂ©chissez Ă  comment mieux honorer vos limites au quotidien, elles sont une marque d’amour et d’estime de soi.

Demandez-vous

Que pouvez-vous faire chaque jour pour vous aimer un peu plus et cultiver la bienveillance Ă  votre Ă©gard ? Pouvez-vous essayer de vous connecter un peu plus Ă  vous-mĂȘme et d’écouter ce dont vous avez vraiment besoin ?

Clé n° 2 : Tournez votre attention sur les forces déjà disponibles en vous.
Quelles sont les parties de vous qui se sentent dĂ©jĂ  Ă©veillĂ©es, dĂ©jĂ  puissantes, dĂ©jĂ  connectĂ©es, dĂ©jĂ  une dĂ©esse ? Valorisez ce qui est dĂ©jĂ . Donnez de l’attention, du temps, de l’amour Ă  votre nature de dĂ©esse pour la nourrir, en prendre soin pour la faire grandir. DĂ©cidez de cĂ©lĂ©brer cette partie de vous, glorieuse, expressive, qui a toujours Ă©tĂ© lĂ . Parfaite, comme elle est.

ClĂ© n° 3: Éveillez votre capacitĂ© Ă  vous assumer totalement et Ă  ĂȘtre prĂ©sente Ă  vous-mĂȘme.
Être une dĂ©esse ne veut pas dire ĂȘtre parfaite ! Renoncez Ă  essayer d’incarner seulement les meilleurs cĂŽtĂ©s de vous : se montrer la plus gentille, la plus douce, avoir l’air d’ĂȘtre quelqu’un de trĂšs bien, ou d’ĂȘtre toujours forte... Tous ces masques que l’on porte pour avoir l’amour ou l’approbation des autres. Soyez vous. Gardez en tĂȘte que vous pouvez Ă©chouer tout en Ă©tant une dĂ©esse, vous pouvez avoir des rondeurs tout en Ă©tant une dĂ©esse, vous pouvez ĂȘtre en colĂšre, ou triste, tout en Ă©tant une dĂ©esse ! Être une dĂ©esse ne consiste pas non plus Ă  se dĂ©barrasser de nos blessures, ou Ă  prĂ©tendre qu’elles n’existent pas mais Ă  faire face aux blessures, aux Ă©motions, aux Ă©checs
 À savoir ĂȘtre prĂ©sente Ă  soi, s’aimer, se consoler, se soigner
 Le monde a besoin de votre authenticitĂ©, de vos vulnĂ©rabilitĂ©s, donnez-leur de l’espace pour sortir de cette contraction de devoir ĂȘtre d’une certaine maniĂšre ! Prenez votre place, pleurez, riez, soyez en colĂšre, aimez
 C’est un cadeau que vous vous ferez et que vous ferez aux autres. Parce vous ĂȘtes parfaite lĂ  maintenant, tout de suite et que le monde a besoin de vous voir comme vous ĂȘtes !

L’intĂ©gration de ces trois clĂ©s nous amĂšne Ă  vivre nos vies de femmes plus alignĂ©es avec notre nature de dĂ©esse. Les choses changent Ă  partir de notre intĂ©rieur et se manifestent dans toutes les sphĂšres de notre vie : notre vie amoureuse, sociale et professionnelle, comme dans notre sexualitĂ©, devenant ainsi plus authentiques en Ă©tant le reflet de notre vĂ©ritĂ© intĂ©rieure.

En rĂ©sumĂ©, pour ĂȘtre une dĂ©esse, n’ayez pas peur d’ĂȘtre vous-mĂȘme et de briller de votre belle lumiĂšre !

Maeva Poornima - poornimaflow@gmail.com - www.maevapoornima.com - www.artsdelamour.com

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Revenir Ă  la vie

Depuis plusieurs annĂ©es, j’entends dans beaucoup de cercles d’amies, de femmes, de thĂ©rapeutes ces mots : « Honorer la dĂ©esse ». Faisant toujours mine de savoir de quoi il s’agissait, et d’ĂȘtre entiĂšrement d’accord avec toutes, je me faisais en mĂȘme temps cette rĂ©flexion : « Alala, mais de quoi parlent-elles exactement ? Ça a l’air si simple, si Ă©vident ! La dĂ©esse ? Mais quelle dĂ©esse ? L’honorer : pourquoi ? Comment ? » Ayant un orgueil parfois trĂšs mal placĂ©, j’avoue avoir toujours fait comme si je savais : « Eh ben, bien sĂ»r que je sais, quand mĂȘme, je suis une femme, je suis bien au courant hein ! » Comme vous l’aurez compris, je n’avais en fait aucune idĂ©e de ce que ceci signifiait en vĂ©ritĂ©. J’avais mĂȘme un petit rejet face Ă  ce sujet. Mes poils d’incomprĂ©hension se dressaient : « Aaaaaa encore ce sujet
 Pfff la barbe ! »

Une expĂ©rience que j’ai vĂ©cue il y a un an m’a rappelĂ© ce qui Ă©tait en moi, et a mis en lumiĂšre un dĂ©but de comprĂ©hension consciente. Notre corps et tout notre ĂȘtre connaĂźt, comprend mais parfois, nous ne le savons juste pas consciemment.
GrĂące Ă  une amie, j’ai plongĂ© dans le souvenir d’une expĂ©rience douloureuse et traumatisante de mon enfance. Une expĂ©rience qui m’a obligĂ©e, Ă  cette Ă©poque, Ă  Ă©teindre, fermer mon corps Ă  la vie comme mĂ©canisme de dĂ©fense. Je me suis emprisonnĂ©e derriĂšre un Ă©pais mur de verre, Ă  travers lequel je pouvais interagir avec l’extĂ©rieur mais qui me protĂ©geait, me permettant si j’en ressentais le besoin de couper toute sensation physique avec autrui. J’enlevais ce mur lorsque j’étais certaine d’ĂȘtre en sĂ©curitĂ©, c’est-Ă -dire, sans la prĂ©sence d’autres humains. Mais je me rends aujourd’hui compte que mes cellules gardaient tout de mĂȘme en elles ce mur, cette torpeur, les empĂȘchant de vibrer pleinement.
En observant ainsi mes cellules Ă©teintes, qui avaient gardĂ© en elles cet instant de torpeur, juste en les entendant, en portant de l’attention, de l’amour, je les ai senti danser de nouveau, toutes lumineuses et pleines d’espace. Je pouvais, sans rien faire d’autre que porter le regard de mon cƓur sur moi-mĂȘme, sur toutes mes cellules, les sentir vibrer, les faire revenir Ă  la vie.
Honorer son corps, sans rien faire d’autre que lui porter une rĂ©elle et entiĂšre attention, lui rendre un total hommage, c’est lui rendre sa place au sein de l’univers, au sein de la vie. Toutes ces Ă©toiles qui scintillent en moi, toutes ces danseuses si diffĂ©rentes les unes des autres, avec leurs rythmes, leurs beautĂ©s jouent la merveilleuse symphonie de la vie. Et le plus extraordinaire, c’est que tout ça, c’est moi. Je compris alors ce que signifiait le mot « honorer ».

(.......)

Lorsque je vis pleinement, m’élançant Ă  corps et cƓur perdus et que cet envol fait vibrer tout mon ĂȘtre, tel des milliers d’étoiles vibrantes, j’honore la dĂ©esse.


Marie-Laure Bassi
mleu@live.fr

 

 

GALERIE

     
 

 

PORTRAIT DE FEMME

Sophia Style
Un tapis volant au tissage irisĂ© contient des fils colorĂ©s symbolisant des expĂ©riences significatives de notre vie. Il nous permet de survoler notre parcours et de nous souvenir de ce que l’on est venu ĂȘtre et faire sur terre. Voici sept de mes fils :

Un fil vert. Enfant, je joue Ă  la campagne avec une amie et nous inventons des histoires de tribus. Aussi, je l’associe Ă  mon aspiration Ă  la vie en communautĂ© et au contact intime avec la nature, qui m’ont donnĂ© l’élan de co-crĂ©er au vert des cercles et des ateliers durant lesquels nous nous souvenons de notre nature sauvage et cyclique et de notre sororitĂ©.

Un fil rouge me connecte aux femmes de ma famille et Ă  la guĂ©rison collective de notre lignĂ©e fĂ©minine. Depuis toute petite, j’entends parler de la menstruation comme d’une malĂ©diction. Cependant une recherche intĂ©rieure transformera la vision que j’avais du cycle menstruel. Je ressens alors le dĂ©sir de transmettre une conception toute autre des rĂšgles Ă  travers la crĂ©ation de cours, rituels, visuels, articles


Un fil lilas reprĂ©sente ma quĂȘte spirituelle. La connexion avec la « Triple DĂ©esse » (Jeune fille, MĂšre et Sage) rĂ©veille en moi la passion de me rĂ©approprier et d’honorer les rites de passage fĂ©minins :
ménarche (premiÚres lunes), accouchement et ménopause.

Un fil turquoise me relie Ă  la nĂ©cessitĂ© d’une communication authentique, sans masque. J’ai dĂ©couvert qu’il Ă©tait possible de parler et d’écouter diffĂ©remment, Ă  partir du cƓur, la premiĂšre fois que j’ai participĂ© Ă  un cercle de femmes.

Un fil blanc de la fillette en moi adorant jouer, qui maintenant anime avec satisfaction et bonheur des groupes et des ateliers, et forme des femmes qui souhaitent accompagner des personnes dans leur chemin de transformation.

Un fil orange pour l’écriture et la crĂ©ativitĂ©. À 9 ans, je commence Ă  rĂ©diger mon journal intime et Ă  avoir des Ă©changes Ă©pistolaires. L’écriture est un refuge et un espace pour me rencontrer moi-mĂȘme et me relier aux autres. J’adore partager des articles et crĂ©er des cours en ligne pour inspirer et Ă©duquer.

Un fil jaune, enfin, reflĂšte la capacitĂ© que j’ai Ă  vivre mes passions : me fixer des objectifs, planifier, tisser des rĂ©seaux, ĂȘtre organisĂ©e, ambitieuse, gĂ©nĂ©reuse, centrĂ©e
 J’ai toujours voulu cultiver une façon d’entreprendre Ă  partir du fĂ©minin cyclique, tout en restant fidĂšle Ă  ma profonde motivation de dĂ©velopper un travail de guĂ©rison avec et pour les femmes. Mujer CĂ­clica est un rĂȘve qui est devenu rĂ©alitĂ©.



 

 

 
 

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