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N°48 - La non-éducation
N°48 - PDF La non-éducation
N°47 - Ados et Sexualité : des réponses à leurs questions
N°47 - PDF Ados et Sexualité : des réponses à leurs questions
N°46 - Abusée, violée, sensible et pleinement vivante
N°46 - PDF Abusée, violée, sensible et pleinement vivante
N°45 - S'abandonner, s'ouvrir, s'offrir, ça s'apprend
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N°44 - Cultiver la joie
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N°43 - Rites des Premières Lunes
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N°42 - Une Sexualité Sacrée - Pour quoi ? Comment ?
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N°41 - L'alimentation vivante peut-elle restaurer la santé des femmes ?
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N°40 - L'appel de la Femme Sauvage
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N°39 - Se séparer sans se déchirer
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N°6 - PDF Agenda lunaire 2016 - N°6 -
N°38 - Une femme avec une femme
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N°37 - Amour, tendresse, fluidité
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N°36 - La fonction de l'orgasme
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N°5 - Agenda lunaire 2015 - N°5
N°35 - PDF Oser rêver grand et vivre ses Rêves
N°34 - PDF Sorcières, soeurcières, sourcières d'aujourd'hui
N°33 - PDF La Gynéco autrement
N°32 - PDF Les blessures sexuelles
N°31 - PDF Vivre en harmonie avec son cycle lunaire
N°30 - PDF Le Polyamour
N°29 - PDF Rites de purification
  - Agenda lunaire 2013 - N°3
N°28 - PDF La fidélité : à qui, à quoi ?
N°27 - PDF Tentes rouges, Cercles de Femmes
N°26 - Clitoris et points A, B, C, D, E, F, G... - Parlons d'amour et de sexualité aux ados PDF
N°25 - L'argent, une valeur féminine - Décoder le calendrier Maya PDF
N°2 - Agenda lunaire 2012 - N°2
N°24 - Mystère et Puissance de la Matrice - Lorsque les Mères saturent PDF
N°23 - Femmes lunaires, femmes solaires - Secrets de beauté au naturel PDF
N°22 - L'Homme honore le Féminin - Histoires de Seins PDF
N°21 - Les Archétypes - Accouchement Orgasmique PDF
N°1 - Agenda Lunaire 2011
N°20 - PDF Saisons de vie - L'enfant... école alternative
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N°19 - Réinventons le couple - Perceptions subtiles PDF
N°18 - Ménopause épanouie - Tao des émotions PDF
N°17 - PDF Contraception naturelle - Rivalité... Sororité
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N°16 - L'IVG - L'Apparence reflète l'Intérieur PDF
N°15 - PDF Le Sang des Lunes - Pretresses d'aujourd'hui
N°14 - PDF Contes Initiatiques - Sexualité Yin
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N°13 - Femmes en réalisation - Prière... action PDF
N°12 - PDF Gratitude - Danse, Grand-Mère
N°11 - Du corps à l'esprit - Femmes de Pouvoir PDF
N°10 - Femme créative - Porter la Vie
N°9 - Semences pr l'à-venir / Mère Terre
N°8 - L'Esprit des Plantes - S'ouvrir à la Mort
N°7 - Le Don d'Amour - Sexualité Sacrée PDF
N°6 - Gai-rire de soi - Apprentie de la Vie PDF
N°5 - La Voix du Silence - Notre lieu de Pouvoir PDF
N°4 - Appel des Femmes... conscience planétaire PDF
N°3 - Responsabilité/Liberté - ...les Ados PDF
N°2 - Sororité/Coopération-Ménopause... Sagesse PDF
N°1 - Cycles du corps-Cycle Lunaire Féminin PDF
 
 
 
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La non-éducation - N48

> Extrait | > Galerie | > Portrait

SOMMAIRE

02 Livre-toi
03 Édito / Karine Nivon
04 Sommaire

06 CARPE DIEM
07 L'air du temps / Frédérique Larcher
08 Astro mondiale / Daniel Testard
10 Énergie de saison / Marianne Soupé

12 CORPS ACCORD
13 Essences féminines / Anne-Julie Yonnet
14 L'ayurvéda au féminin / Nathalie Geetha Babouraj

16 PARFUMER L'ESPRIT
17 Le coeur se livre / Sylvie de Berg
18 Rituel de pacification intérieure / Marie-Laure Dellea-Loisance
19 Célébrons la femme debout / Christine Marsan
20 Éditions Rêve de Femmes
22 Parole d'Amenokal, sagesse du désert / François de Landorre

23 TISSONS NOS LIENS
24 Couples en chemin / Françoise Berry
25 Vers une parentalité bienveillante / Sophie Rabhi-Bouquet
26 Matern'elles / Clémence Laloue
27 Plume de jeune femme / Lilou

28 DOSSIER : LA NON-ÉDUCATION
29 Arrêter l'école m'a ouvert beaucoup de portes / Maena Lambrecht
30 Mais si je n'éduque pas, je fais quoi moi ? / Cendrine Pasquier
32 Être et devenir, interview de Clara Bellar
34 Le chemin partagé des apprentissages / Thierry Pardo
36 Vivre sans éducation / Jean-Pierre Lepri
38 Des adultes en quête d'enfance / Carole Braéckman
40 Chemins de traverse / Laetitia Toanen
42 La non-éducation ? Ça n'existe pas... / Bénédicte Capdeville
44 Mon enfant roi, tu régneras sur ta propre vie. / Éva Chiron
46 Amadeo, la Naïade et la Mère / Mélina Léger

48 POUR L'AMOUR DE L'ART
49 Portfolio : Tania Fuenzalida

54 PARTAGE : FEMMES D'ÂGE MÛR : LA PAROLE EST À VOUS !
55 Le temps d'une vie / Séverine Reymond
56 Une histoire d'âge... / Hélène Charbonnier Teljesseg
58 Au rythme des ans... / Frédérique Foucaud
59 Quand la sage femme en moi apparaît / Anne Auclair
60 Merci à toi mon corps / Anne Douchet Morin
62 Les femmes de sagesse parlent en « NOUS » / Grasselli Meier Marianne
64 Une conjugaison particulière / Legend Keeper Géraldine
66 Jamais plus vingt ans ! Ouf ! / Carole Braéckman

68 Un temps pour soi / Coralie Descheemaeker

70 Femmes de boue / Nydia Solis Tzaquitzal

NOURRITURES TERRESTRES
74 La cuisine ayurvédique / Vibusha

76 Bulletin de commande
78 L'Agenda des Femmes
79 Pubs
84 Le Rêve d'une femme / Danièle Flaumenbaum





 
 

 

EXTRAIT

DOSSIER : La Non Education (Textes de : Christelle LE CHAT, Daniel TESTARD, Jean Pierre LEPRI, Sandra FRISON, Marlene, Le Village des Enfants - Magali COTTRON et Dominique PROY)


Texte de Christelle LE CHAT (Non éducation)

"ET SI J'OSAIS..."

Et si j’avais le courage de sortir de ces carcans bien trop étroits pour me réaliser en tant que femme et ainsi permettre à mes enfants de se révéler eux aussi… sans n’avoir rien à faire… aucun devoir…
Juste oser être moi-même, vivre pour mes rêves. Juste…

Mais que voudras-tu faire quand tu seras grande ?
Question si importante pour les adultes construits dans ce monde. Et pourtant, si dénuée de sens pour l’enfant qui simplement est.
Aujourd’hui, la petite fille en moi me hurle d’enfin écouter ce qu’elle me susurre depuis des années. Tiraillée entre les « je devrais » et les « je suis », je lâche le mental et descends dans mon cœur.

L’enfant que j’étais me rappelle à l’ordre et me remémore mon histoire, là d’où je viens, ce que je porte. Lorsqu’à l’époque, les espaces de plaisir et de détente m’étaient offerts, je plongeais des heures entières dans mon cahier à griffonner, écrire tout ce qui me passait par la tête sans que rien ne m’arrête. Je passais tous mes temps libres à pianoter sur les touches de ma machine à écrire. Rose comme les rêves qui m’élevaient. J’étais alors auteure, je choisissais mes mots avec précision pour transmettre mes émotions les plus profondes. Puis je devenais danseuse et répétais mes chorégraphies avec la même détermination que les plus grands professionnels, jusqu’à ce qu’elles soient parfaites… pour moi. Enfant, j’étais une artiste. Mais l’artiste se tut à mesure que l’éducation prit le dessus.

Et aujourd’hui, je me questionne…
Éduquer…
Mais quel est le sens de ce mot ? Qu’exprime-t-il ? Que porte-t-il ?

Étymologiquement, le mot « éducation » vient de deux sources distinctes : educare qui signifie nourrir, alimenter, donner, prendre soin, encourager et educere dont la signification est : révéler, acheminer vers, entourer, élever, instruire.
Aurait-on perdu l’essentiel ? Aurait-on oublié d’où nous venons comme nous nous éloignons avec l’éducation d’aujourd’hui de l’origine de ce mot ? Nous sommes nés du plaisir alors que l’éducation, pour beaucoup, est vécue sous forme de contraintes, d’obligations, de devoirs…

C’est ainsi que les « je dois » m’éloignèrent au fur et à mesure des plaisirs simples de mon existence et donc de mon être le plus profond, pour me rapprocher encore et toujours plus de ce que l’autre attendait de moi… Dans tout ce brouhaha, je finis par me perdre au milieu de toutes les sollicitations extérieures. Au fil du temps, disparut ma motivation endogène, ne sentant plus ce qui vibrait au plus profond de mes cellules. En réaction, se développa une motivation addictive puissante à la reconnaissance, au regard de l’autre, à l’appréciation qu’il a de moi…

Je continuais à écrire… pour avoir de bonnes notes, répondre aux propositions de l’enseignant… J’avais perdu mon essence. Sous-jacent, restait évidemment le plaisir d’écrire, mais il n’émanait désormais plus de moi. J’arrêtais de danser mais j’obtins tous les diplômes qui me permettaient d’avoir une bonne situation. Je connaissais par cœur tous les beaux concepts transmis durant tout ce temps mais mon cœur ne chantait plus.

Diplômée d’un cursus universitaire, mais pour la vie, quelles compétences avais-je acquises ?
On me l’avait promis, après toutes ces années d’études, je serais spécialiste en communication ! Mais comment a-t-on pu me mentir ainsi ? J’étais incapable de prendre la parole dans un groupe de deux personnes sans me juger et me disqualifier. Devant un auditoire plus grand, je rougissais à l’extrême, sentais mon cœur s’affoler et mes jambes manquer de me lâcher. Toutes ces années à étudier sans intégrer dans ma vie tout ce qu’on m’avait transmis. Dissociée entre mon mental et mon être, la fissure était grande. Pour réparer tout cela, il me fallait au moins un grand saut dans le vide. Je n’avais plus rien à perdre, tous mes rêves s’étaient enfuis, la dernière voie était de tenter de les rattraper. 6000 km sur la route pour me rapprocher de mon être, trois années passées en Guinée pour m’accompagner à renaître.

Depuis ce voyage, quinze années plus tard, je continue le chemin de la reconquête de mon être, je déconstruis tout ce qui m’a enfermée, je me « déscolarise l’esprit » au fur et à mesure de mes avancées et j’ose enfin… J’ose enfin juste vivre pour exister, à partir de ce qui résonne et me passionne. Je quitte petit à petit les devoirs et les « il faut » pour plus de plaisir et de joie.

Et aujourd’hui, je vois grandir mon fils. Il aura bientôt deux ans et attend son petit frère qui ne saurait tarder…

Et encore aujourd’hui, je me questionne…
La non-éducation…
Mais quel est le sens de ce mot ?

Cette fois, je ne prends plus le dictionnaire pour le savoir. Simplement je sens. Et si par la non-éducation, la non-scolarisation, je donnais la chance à mes fils de rester au plus près de leur intimité, au plus près de leur mission de vie, sans chercher à leur montrer le chemin mais comme un ange gardien qui chemine à leurs côtés, parfois main dans la main, parfois un peu plus loin. Je pourrais juste être là à m’émerveiller de les voir ainsi se révéler.

Alors je suis là, présente, je le regarde faire, le laisse expérimenter, je suis là quand il me le demande et m’éloigne quand son réservoir affectif est assez plein pour qu’il explore le monde à partir de ses envies, de ses désirs. Je l’observe apprendre par lui-même et je me réjouis de ne pas ressentir de « devoir de faire ». La non-éducation m’ouvre les portes de quelque chose de tellement grand.

Car oui, qui peut être plus grand éducateur que la vie elle-même ? À côté, je ne suis rien. Alors je prends une autre posture que j’affectionne particulièrement, celle de facilitatrice. Facilitatrice de vie ! Je suis là juste pour protéger la vie et la laisser faire son œuvre. Et pour accompagner mes fils, je n’ai plus qu’un devoir : celui de laisser la vie me traverser de toute sa magie pour qu’elle m’offre son plus beau nectar. Je m’y attelle.

Et c’est ainsi qu’aujourd’hui, pour moi, pour eux, pour vous, j’ose enfin. Et oui, j’écris !…


Christelle LE CHAT
krischaa@gmail.com

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Texte de Daniel TESTARD (Non éducation)

"VOTRE PERE"

Tout l’inverse d’une indifférence, la « non-éducation » sollicite la pleine attention.
Témoignage d’un père pour ses enfants.

Les enfants savent si bien de quoi ils ont besoin. Mais à force de les brouiller à coup d’autorité sans écoute, leur boussole devient folle sur une route alors exposée à tous les dangers.
Par ce texte écrit pour mes enfants, je veux leur dire que le chemin n’existe qu’en marchant. Que demain ils seront les parents de leurs propres enfants ! Et qu’en relais, se saisissant de l’engagement de leurs ascendants, puisse se faire ce prolongement des élans de ceux qui les ont précédés. De même, que là où les premiers ont calé, au besoin, les suivants réparent en passant le temps des pots cassés. Puissent-ils comprendre de leurs aînés le sens caché de ce qu’ils sont, ou de ce qu’ils ont été !
Ce texte s’adresse à tous les enfants, les miens, et puis les autres en marche sur le chemin voisin. Pour ces derniers, je ne puis rien, sinon accepter qu’ils viennent picorer dans mon jardin. C’est donc à vous trois, nés sous le même toit, que voilà : « N’abandonnez jamais » serait pour vous mon refrain. Et je vous félicite pour tout ce que vous estimez avoir raté. Et même, peut-être faut-il y retourner, pour vérifier qu’il n’y a là que perception de s’être trompé, d’avoir été trompé.

« Ne portez rien qui ne vous appartient. »
Mes terres de père, je les entretiens. Mais je vous invite à vous promener en mon prospère jardin. Il est, sans obligation, à votre disposition.
Bravo ! Je vous dis de prendre en honneur mes œuvres abandonnées ou négligées, si toutefois c’est votre volonté. Je ne fus là, votre père, les bras ouverts, que pour tenter de vous relever d’une éventuelle chute à terre. J’ai toujours, envers vous, eu le pied sur le frein, mais je n’en ai quasiment jamais eu besoin. Vous avez si bien su, là où ça craint, là où ça vous convient.
L’abondance est votre affaire dont feront choix vos esprits libertaires. Ouvrez toutes vos barrières ! Mais balisez bien votre territoire. Ne gardez que quelques re-pères.

Vous êtes mes trésors dont je suis si fier.
Oubliez mes limites de père et allez chercher vos propres frontières. Allez même, eh oui, flirtez avec votre délinquance, si vous la contrôlez avec confiance ! Alors l’inutile culpabilité née de la transgression perdra, à cet endroit, toute son énergie, épuisante par ses cache-cache à répétition.
Soyez des enfants qui regardent devant eux, sans traîner le poids de leurs aïeux. Grimpez à l’échelle de votre temps, sans pour cela oublier ceux d’avant qui font votre maintenant.
Que vos peurs d’enfants soient dites à vos descendants afin d’éviter d’être des parents « réprimants ». Et abandonnez pour eux l’idée d’être performants qui rend le monde si méchant. Marchez à côté d’eux, suivant leurs vœux dès qu’ils les auront fixés des yeux.
Vous êtes nos trois bonheurs, car c’est à deux que nous en partageons l’honneur.
Le tout ne faisant qu’Un : le bouquet d’un parfum.

Daniel Testard
www.sacreschants.com

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Texte de Jean Pierre LEPRI (Non éducation)

"POURQUOI FAUT-IL EDUQUER ?"

« L’oppression des enfants est première, et fondamentale.
Elle est le moule de toutes les autres. » Christiane Rochefort

La question posée à propos de l’éducation n’est jamais, au fond, que celle-ci : Comment mieux éduquer ? La question du pourquoi éduquer personne ne semble se la poser. Pas d’autres sujets de discussion que de savoir si « la pédagogie B est meilleure que la pédagogie A ». Pourtant, en toute logique, la qualité (nature ou méthode) d’une éducation ne saurait s’apprécier qu’en référence à sa finalité. (P)Osons ici cette question taboue – qui peut se comprendre de trois façons.

Si je prends la question dans son sens le plus immédiat, je pourrais expliciter qu’il faut éduquer pour que, par exemple, les enfants sachent vivre ensemble, aient un esprit critique, soient autonomes ou sachent coopérer… Pourtant depuis que les jeunes humains sont massivement « éduqués » – à la paix et au vivre ensemble notamment –, les conflits ne semblent pas avoir diminué. Les pires atrocités sont même souvent le fait de gens « éduqués ». La soi-disant autonomie, ou l’esprit critique…, auxquels l’éducation prétend conduire sont incompatibles avec sa structure même : une relation entre un conducteur et un conduit – une relation du type générique dominateur-dominé. L’injonction « sois responsable » ou l’expression « responsabiliser les enfants » ou encore « éduquer à l’autonomie » sont des oxymores… L’éducation (notamment scolaire) ne fait pas objectivement ce qu’elle promet (c’est une faillite) – et promet ce qu’elle ne fait pas (c’est un leurre) .
Même si les objectifs proclamés de l’éducation étaient sincères, l’éducation serait-elle le meilleur moyen pour les atteindre ? Les 148 milliards d’euros que nous dépensons annuellement en France pour l’« éducation » justifient amplement cette réflexion (pourtant escamotée). Déjà, sous-couvert d’« éducation », nous finançons plutôt de la « scolarisation ». La confusion de ces deux termes permet de faire passer des vessies pour des lanternes.
La question : « Pour quoi faudrait-il éduquer ? » reste donc ouverte, ainsi que celle de la cohérence des moyens employés par rapport aux finalités affichées.

Dans un deuxième sens, je peux m’adresser cette question : « Pourquoi me faudrait-il éduquer ? ». Qu’est-ce qui me pousse à vouloir éduquer, à vouloir conduire un autre vers « son » bien ? « Son » bien n’est jamais que celui que j’imagine (moi) pour lui. Qu’est-ce qui me pousse à m’occuper du bien d’un autre, selon ma propre conception de ce « bien » ? La question s’adresse à l’éducateur – et elle ne lui est jamais posée. Pourtant l’« éducation » est bien l’acte d’éduquer, et cet acte est bien le fait de l’éducateur – l’éduqué n’y est que passif (à la voie passive) . Je ne peux vouloir pour un autre que le bien que j’imagine pour moi. C’est une tautologie. « L’enfant est souvent le symptôme d’un adulte . » Dans ce cas, pourquoi ne pas m’occuper directement de mon propre bien ? Mon éduqué en profitera, sans doute encore plus et mieux.

Enfin, ce que l’on perçoit en creux, au troisième niveau de la question : « Et si éduquer n’était pas nécessaire pour apprendre ? » Nous avons vécu des siècles et même des millénaires sans éducation . Des sociétés actuelles (avec éducation) ne pratiquent pas ce concept, et l’ignorent donc. D’ailleurs, dans nos sociétés, de plus en plus de familles choisissent de ne pas éduquer leurs enfants. Et, bien entendu, cela ne les empêche nullement d’apprendre tout ce dont ils ont besoin pour mener une « vie bonne », pour eux et pour le monde . « Celui qui aime ses enfants ne les éduque pas . »

Se poser la question « Pourquoi faudrait-il éduquer ? » est un préalable nécessaire et urgent : améliorer notre prison est certes louable,
mais vivre hors de la prison n’est-il pas préférable ?


Jean-Pierre Lepri
education-authentique.org
grealavie.org


1. Ceux qui déclarent les guerres sans les faire eux-mêmes – et tous les chefs du monde – sont souvent plus « éduqués » que ceux qui leur obéissent…
2. Sur ce sujet, voir notamment notre La Fin de l’éducation ? et notre « Éducation » authentique : Pourquoi ?, tous deux chez Myriadis.
3. Ce qui voudrait dire que le droit (sic) de l’enfant (resic) à l’éducation serait le droit pour un enfant de pratiquer l’acte d’éduquer. De fait, ce droit est surtout celui d’éduquer, un droit accordé à l’éducateur et non à l’enfant – celui-ci a le droit de subir cet acte (!).
4. Mireille Cifali, Le lien éducatif : contre-jour psychanalytique, PUF, p. 20. Françoise Dolto parle d’« enfant paratonnerre ».
5. Cf. notre Éduquer : quelle histoire !, dans LEA 99 : education-authentique.org/index.php?page=lea.
6. En France, 13 millions d’élèves (scolarisés), 30 000 non scolarisés, dont environ 6 000 instruits en famille, parmi lesquels, seule une poignée ne sont pas éduqués. Cf. Melissa Plavis, Apprendre par soi-même, avec les autres, dans le monde : L’expérience du unschooling, Myriadis.
7. Eckhard von Braunmühl, Antipédagogie, cf. le document complémentaire CREA, 17 p., réf. EAP : education-authentique.org/index.php?page=les-documents-complementaires.



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Texte de Sandra FRISON (Non éducation)

"REBELLE..."

J’ai voulu respirer, rencontrer ma Vérité…
Non sans difficulté, non sans peur et sans reproche, j’ai osé une démission de mon poste d’institutrice dans l’Éducation nationale. J’avais alors 28 ans…
Rebelle… je me suis aventurée sur la voie des Rêveuses à fleur d’eau…
des Servantes du Verseau... des Verseuses d’Eau…
D’un pas sage, j’ai osé un lâcher prise… rompre avec la conformité des valeurs de mon éducation, celle de notre société et de l’institution pour laquelle je travaillais.
Tourmentée par l’angoisse de mourir avant d’avoir vécu, affectée par une colère qui enflammait ma gorge et grondait au mésentère, j’ai initié une psychothérapie à médiation sophrologique et onirique…
D’un pas sage, j’ai réveillé le Souffle (R) d’Ève dans la matrice des Eaux Mères, accueilli une première maternité et fait la part « belle » à mes Rêves... J’ai tissé un Lien entre mes Eaux utérines et les Eaux qui bercent les Rêveuses du Verseau…
Comme un fil d’Ariane, mes Rêves m’ont dévoilé un passé oublié, ils m’ont enseignée… comme cette nuit de la Nouvelle Lune de Balance du 6 octobre 2002, où je me suis retrouvée en Terre de Beauce, chez mes grands-parents paternels.
Comme dans le film Rebelle, j’ai rencontré une Grande Ourse venue m’apporter sa protection, le courage de faire face aux Ombres, Tabous de ma lignée et d’un autre temps encore plus lointain.
La Grande Ourse m’a permis de renouer en Terre celtique avec le cycle initiatique féminin des 13 Lunes qui me fonde, me rend féconde et nourrit ma créativité. Elle m’a éveillée au « legs » fait aux femmes dont parle Jamie Sams dans son livre Les 13 Mères Originelles .
Pour la Pleine Lune qui a suivi, j’ai découvert le bonheur d’écrire un premier poème.
À la Grâce du Cygne…
Un soir de Pleine Lune
Bercée sur ses Eaux
le bel oiseau m’a conté ces mots
À la douceur de ma Plume
Soulève le voile de brume qui obscurcit la Lune
Libère la peur, le chagrin de ton cœur
Accueille en confiance le Souffle de ta naissance
Ose la joie d’écrire et de te donner sens
À la grâce de ma Plume
Tisse le lien entre les Eaux
Et guéris de tes maux en célébrant la Langue des Oiseaux.
Rebelle j’ai été, je suis et j’espère je serai…
pour poursuivre mon voyage sur la voie des Rêveuses du Verseau... m’éveiller de rêve en rêve à mon destin, de vers en vers à l’Écriture du Lien…
pour faire la part « belle » à la co-naissance, à l’enfantement du « Soi » de petits pas sages en petits passages.

Sandra Frison


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Texte de MARLENE (Non-éducation)

"LA NON-EDUCATION ? MAIS C'EST L'ANARCHIE !"


Refuser d’éduquer, diriger, contrôler, interroge sur les notions de pouvoir, de hiérarchie, de domination et d’autorité. Tout ce qui est remis en question par la philosophie anarchiste. Il s’agit de reprendre sa pleine liberté.

Lors d’une discussion sur le rôle de parent avec un papa, je lui précise que je préfère employer le terme d’accompagnement à celui d’éducation qui ne me plaît pas. Au contraire, il aime bien ce terme car il vient du latin conduire, guider, et il a pris l’exemple d’un arbre que l’on plante et taille pour lui donner une forme (sous-entendu la forme que l’on souhaite). J’étais profondément dérangée par ce raisonnement qui a trotté dans ma tête avant de comprendre : l’éclaircissement de ce mot confirme complètement mon souhait de m’en soustraire. Je préfère de loin la liberté, j’estime que le libre arbitre de chacun-e est sacré.

Si j’avais eu de la répartie ce jour-là, je lui aurais fait part de mes réflexions sur le non-contrôle, justement. Parce que je ne supporte plus ce besoin (individuel, collectif, via l’État ou d’autres organisations) de tout contrôler en permanence. Je suis interloquée, quand j’y pense, par ce grand écart entre la grande mode du lâcher prise à laquelle j’adhère complètement et le besoin de contrôle, de pouvoir et de domination accru dans tous les domaines autour de nous qui me rebute radicalement, au plus profond de moi.
Je n’ai pas la prétention de m’être totalement affranchie du sexisme, de l’âgisme, du racisme, ou des rapports de classe. Par contre, j’en ai de plus en plus conscience et je tente à sortir autant que je le peux de tous les rapports de dominations qui sont les bases de nos sociétés actuelles. Je me suis rendu compte que j’étais anarchiste quand j’ai réalisé que l’anarchie signifie « l’ordre sans le pouvoir ». Depuis, je fais la distinction entre le pouvoir sur les autres, qui est un véritable poison, et le pouvoir d’agir, d’être pleinement soi, que j’assimile maintenant à la puissance de la vie, la puissance sacrée .

Il est bien évident que lorsque les (nouvelles ?) réflexions anarchistes ont émergé, elles ont directement été assimilées au chaos. Vous rendez-vous compte, supprimer toute autorité ou hiérarchie ? L’horizontalité, l’autogestion, l’autonomie, le consensus ? C’est impossible, voyons, l’humain a besoin du pouvoir et des rapports de domination, c’est naturel, sinon ce serait l’anarchie ! Et depuis des décennies, cette philosophie complètement discréditée et méconnue est toujours définie par le mot « chaos » dans le dictionnaire. Mais il ne faut pas désespérer, féministe tend à ne plus être un gros mot, tout est possible, et il y a un réel espoir avec la remise en question de l’éducation justement. Les différents exemples d’écoles autogérées ou la pédagogie Freinet en sont finalement des applications concrètes. Comme quoi l’utopie est enfin accessible, du moins, une petite porte est ouverte ! La hiérarchie s’efface entre « l’ignorant-e » et le maître, de même que les rapports de pouvoir. L’autorité est légitime quand on la reconnaît dans les compétences, les connaissances, d’une personne qui nous intéressent. Chacun-e a des savoirs et des savoir-faire à partager toute la vie.

Refusant d’éduquer l’enfant que j’accompagne et profondément antiautoritaire, je ne peux confier son instruction à l’Éducation nationale. Une école alternative n’étant ni géographiquement ni financièrement accessible, nous devrons explorer les alternatives à l’école tout court . Ce n’est pas un hasard si du coup nos réflexions s’orientent clairement vers la non-éducation. C’est plus simple à mettre en place parce qu’avec mon compagnon, on a déjà choisi le mode de vie qui va avec : beaucoup de temps (et moins d’argent).
Et pourtant, c’était loin d’être une évidence, même si j’adhérais déjà entièrement à la philosophie anarchiste, je n’avais pas pensé qu’elle définissait complètement la non-éducation. Comme quoi il fallait tout d’abord que je me déscolarise, c’est encore en cours d’ailleurs, il y a des réflexes de normes qui sont tenaces !

Au début de mon désir d’enfant, je me disais que l’école à la maison serait peut-être trop difficile ou contraignante et que je me résoudrais peut-être à scolariser mon enfant. J’étais conditionnée par le « faire l’école » classique, attirant mais aussi effrayant. Puis j’ai vu le film Être et devenir , enceinte de 4 mois, j’ai pleuré tout le long en découvrant les apprentissages autonomes . L’enfant décide lui-même d’apprendre ce qu’ille veut quand ille veut puisque le désir d’apprendre est inné. Vouloir éduquer revient surtout à entraver sa liberté et risque de brimer sa curiosité, sa soif d’apprendre, son autonomie, sa responsabilité, sa confiance en lui... Ce fut une révélation : la porte d’une véritable alternative à l’école et à l’éducation en général.
Finalement, depuis qu’elle est sortie de mon ventre tout ce que j’apprends avec elle me ramène toujours aux mêmes choses : la confiance, la liberté, l’autonomie et la bienveillance. C’est loin d’être facile tous les jours. J’ai parfois des peurs qui remontent, la patience n’est pas toujours là, contrairement aux doutes, j’ai encore tellement à déconstruire ! Aussi, c’est parfois très fatiguant d’être en permanence en marge, sans parler du stress du contrôle de l’Éducation nationale qui n’aime pas vraiment les enfants libres (ni les adultes). Mais se sentir réellement en accord avec soi-même est inestimable.

Marlène
marleneavelo@gmail.com

1. Starhawk, Rêver l’obscur, Femmes Magie et Politique.
2. Célestin Freinet prônait une pédagogie non autoritaire, plaçant les enfants au centre de leurs apprentissages. Il était contre toute forme d’autorité qu’il a toujours associée à la violence.
3. Mélissa Plavis, Apprendre, par soi-même, avec les autres, dans le monde, L'expérience du unschooling.
4. Clara Bellar, Être et devenir.
5. John Holt, Les apprentissages autonomes.
6. NdlR : Pronom de la troisième personne du singulier sans distinction des sexes.


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PARTAGE : FEMMES D'AGE MUR, LA PAROLE EST A VOUS
Textes de : Colette SEGALEN, Pierre-André BLANC, Myriam DE LESAKA, Lor Ellaime, Carole ALIYA, Sylvette RIETY, Valérie B., Perticane


Texte de Colette SEGALEN (Femmes d'âge mûr)

"TRANSMISSION INTERGENERATIONNELLE DE FEMMES"

À l’ouest de ma vie, grand-mère de nombreux petits-enfants, je voudrais rendre hommage a? mes deux grands-mères.

L’une est née aux dernières heures du XIXe siècle, l’autre au début du XXe. L’une et l’autre étaient déjà porteuses de la cause des Femmes, chacune a? sa façon. On ne parlait pas bien su?r a? cette époque, dans notre monde occidental, du Féminin, encore moins du Féminin Sacre?... Et pourtant...

Ma Grand-mère maternelle, Olga, proche des cycles de la Grande Nature, de la Lune et a? l’écoute des mondes invisibles m’a enseigne? comment être attentive aux diverses influences, m’a montre? comment cueillir, planter, respecter et transformer les aliments. J’étais une petite fille qui aimait « gratouiller » la Terre sous son regard aimant.
Ma Grand-mère paternelle, Franc?oise-Yvonne, proche des Femmes en souffrance, adhérente aux premiers moments du Front populaire, au Mouvement des Femmes pour la Paix m’emmenait avec elle monter et descendre les escaliers des premiers immeubles reconstruits de Brest, signer des pétitions, préparer des manifestations pour la paix au Vietnam.
Moi, leur première petite-fille, j’ai reçu cela confusément dans les années cinquante, sans en comprendre vraiment l’importance, mais cela a laissé une trace en moi, trace au goût bien particulier, quelque chose comme la joie de partager quelque chose de Vivant et d’Essentiel.
Puis j’ai mené ma vie, ou plutôt la Vie m’a embarquée dans de multiples expériences, de multiples rencontres qui ont touche? mon corps, mon esprit et mon a?me. Le goût du Sacre? a toujours été présent, parfois en filigrane, parfois en direct.

À mon tour, je suis grand-mère et, curieusement, mes grands-mères sont plus que jamais présentes... Elles m’ont ouvert le chemin de l’Intime, de la Discrétion, du Respect, de la Force intérieure, de la Détermination et de la Compassion. Quel grand Mystère que cette transmission directe, parfois sans mots, parfois a? travers des rires ou des larmes, et toujours vivante.

À mon tour aujourd’hui, je m’aperçois que je prends appui sur tout cet Enseignement pour partager et pratiquer avec mes filles, mes petits-enfants, les femmes et les hommes qui m’entourent.
Aujourd’hui, je sais, je vis, je ressens l’importance de ma place de Grand-Mère ; juste faire ce que j’ai a? faire.
J’ai le Présent en moi, j’ai le Temps de l’Accueil et de l’Écoute, le Temps de la Compréhension.
J’ai le Temps de ces derniers moments éternels de Vie.
A? l’écoute du Silence du monde...

Colette Segalen
www.colettesegalen.fr


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Texte de Pierre-André BLANC (Femmes d'âge mûr)

"BONHEUR DE MON FEMININ MATURE"

Mature ! Oui, la femme en moi est mature. La Lune et le Soleil sont mes amis, j’ai vécu les rythmes intérieurs, nombre de cycles, nombre de passages, de rivières rouges et blanches…

Maintenant ma maturité est baignée du Soleil et sans nécessité de me retourner sur le vécu du passé je peux affirmer ma plénitude ainsi que mon regard héliocentrique sur la vie.
La reconstruction et la réappropriation de ma souveraineté mettent en évidence le fait irréfutable que je suis « calice ». Oui, je suis calice et je suis prêtresse moi-calice ! J’ai retrouvé le chemin du sacerdoce au féminin alors que les bien-pensants masculins ont chassé toutes les femmes hors de tout accès au sacerdoce.
Vous me direz peut-être que tout humain est un calice de la Vie, un réceptacle du Souffle du divin ! Oui, certes, mais qu’en est-il du féminin dans notre culture judéo-chrétienne et patriarcale ?

Je suis construite et formée calice, tout mon être est ainsi et non seulement je connais parfaitement ma nature réceptive mais je possède un ventre-calice naturel, un vagin et un utérus éminemment calices. Mes seins sont aussi de parfaits calices, ils sont vivants et pleins, nourriciers à souhait. Pensez-vous que j’aie besoin d’un homme pour emplir et féconder mes calices, mon être-calice ? Pas du tout, ou peut-être... mais je ne dépends pas du masculin homme.

Je suis sans cesse fécondée par le Soleil, sans cesse emplie de mon idéal sacré, emplie du jus de vie. Je suis enceinte en permanence, je coule l’eau de vie, je nourris l’humanité, je promène mon ventre-calice beau, rond et plein. Je nourris de mes émanations conscientes et sacrées tout ce que j’approche, tout ce que je regarde, tout ce que je touche. Je porte des fruits, je suis redevenue prêtresse, j’ai ré-ouvert la porte au sacerdoce de moi-Temple et j’élève mon calice-femme devant le Soleil qui me féconde infiniment.

Qui m’a appris cela ? Quel est mon modèle ? La Terre tout simplement ! Mère Terre me montre le chemin, la voie et le travail, elle qui est épouse du Soleil, prêtresse du féminin sacré elle est sans cesse tournée vers son bien-aimé qui la couve d’amour, qui la caresse de sa chaleur, qui la pénètre de sa lumière, qui lui donne vie.
Mon éducatrice et éveilleuse Mère Terre est profondément unie avec mes sœurs, nos mères, nos grands-mères, nous toutes Natives de la Terre.

Je me vis tellement libre, belle, souveraine et fructueuse de m’ouvrir ainsi à la fécondation du feu solaire, puis d’élever très haut ce calice-femme sacré et de remercier la vie. Ainsi prêtresse je me déverse pour nourrir à mon tour une Terre belle.

Je vis cela en relation intime et continuelle avec toutes mes sœurs prêtresses sur la Terre ; nous formons un arbre de vie qui fructifie infiniment, nous portons le soleil au secret et au creux de nous-mêmes. Nous sommes le calice vivant de la nouvelle vie, nous générons une humanité renouvelée, notre chant est gratitude et c’est ainsi que nous découvrons une autre révélation de la Terre qui nous rappelle que, comme elle, toute notre peau est aussi calice.

Voilà ce que dit et vit profondément mon féminin intérieur mature. ©

Pierre-André Blanc
pierre-99@netidea.com
http://femmesenchemin.weebly.com


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Texte de MYRIAM DE LESAKA (Femmes d'âge mûr)

"AUX PORTES DE LA MATURITE"

La Femme d’âge mûr n’a pas d’âge

À quel moment peut-on clamer que notre maturité est arrivée à point ? Comme le plus beau fruit de l’arbre ; celui qui a résisté aux plus fortes tempêtes et qui s’est gorgé des plus beaux printemps. Et après, quoi ? Le temps du déclin ? Du pourrissement qui survient de ne plus être croquée ? D’être laissée sur ce chemin inéluctable vers... la fin ? Mais quelle fin ?
Arriver à maturité signifierait donc qu’une pente s’amorce, que nos corps rapetissent et nos esprits rétrécissent. Qu’il doit être loin, alors, très loin, ce temps de la maturité.

40 ans n’est peut être pas ce temps-là.

Plus assez jeune pour la légitime insouciance, pas assez vieille pour être Sage. Un entre-deux qui pourrait presque être inconfortable. Et pourtant...
Aujourd’hui, plus que jamais, JE SUIS. Les quelques gouttes d’argent qui naissent ça et là dans ma chevelure sont autant de clés vers l’expansion de celle que je vibre. Je suis mûre d’avoir appris, ouverte à la vie et ses voies, parfois surprenantes.

Ma sagesse insouciante a 40 ans ! Au milieu du parcours, et les bagages bien remplis, je peux aujourd’hui me poser sur tous ces souvenirs. Un à un les écumer, les sentir, cesser de pleurer et humer la délectable maturité qu’ils ont chacun semée. Oui, je l’affirme, je suis une Femme d’âge mûr. L’Âge, le temps de regarder en face la puissance de sa vie et tout ce qu’il y a à en transmettre.

Pas encore dans le retrait du cycle, je peux avec ma sagesse naissante, en jouir pleinement. Me réinventer à chaque œuf qui éclot en moi et, en toute conscience, donner forme à une autre vie. La mienne. Me sentir Femme. Me sentir Reine. Me sentir Louve. Fusionnelle à jamais avec la Nature et ses rondes ; elle, qui sait mieux que personne se reconstruire sur les cendres de ses cataclysmes.
Quand cette sagesse millénaire vient frapper à ta porte, et que ton cœur reçoit ses leçons de plein fouet, comme tant d’autres avant toi, alors oui, le temps de la maturité est bien là... quel que soit ton âge.

Peu importe l’époque, le lieu ou les conditions, il n’y pas plus belle maturité que celle qui s’élève dans sa Fierté. Pas un remords, à peine quelques lucides regrets.
J’ai rencontré des Femmes mûres de 25 ans et des jeunes filles de 70 ; et entre les deux, tellement d’histoires. Ma maturité est née aussi à travers elles. Dans nos regards croisés, nos non-dits au milieu des fous rires ; ces connexions à ces autres, semblables et différentes. Cette connexion à Soi. Il ne peut y avoir de déclin dans cette reliance. Il ne peut y avoir que nourriture et engrais ; nourriture pour celles qui viennent et celles qui sont.

Il n’y a pas de déclin dans la maturité. Uniquement l’expression d’un parcours, d’une petite flamme qui devient Feu de joie !

Alors, Femmes, il est temps : Quels que soient vos âges, levez-vous ! Fières, regardez vos vies et vos chemins. Nourrissez-vous à cette substantifique maturité et SOYEZ !


Myriam de Lesaka
myriamdelesaka@gmail.com

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Texte de LOR ELLAIME (Femmes d'âge mûr)

"EXPÉRIENCE ET NATURE D’ÊTRE"

Ce qui se vit le plus naturellement du monde, au fur et à mesure des années, est souvent la pépinière où résident nos plus grands trésors.


J’ai toujours vécu au plus proche de la nature.
Ce qui, en plus d’une source d’équilibre, joie, gratitude, m’a donné à la fois une perception de points de vue plus larges et l’émerveillement de l’infiniment grand dans l’infiniment petit.

Cela m’a familiarisée à ressentir la globalité, les interconnections, interrelations et échanges, la cir-culation constante de vie.
Cela m’a aussi permis de remarquer le bien-être qui est spontanément là, dans ces moments, puis de savoir y revenir.

Ce bien-être, perceptible dès que je suis accordée à la vie que je suis, s’est révélé être une boussole, un diapason, un GPS.

Avec l’expérience, j’ai appris à m’y fier plus profondément et à l’inclure dans tous les domai-nes de ma vie.

Avec le temps, cela m’a guidée pour vivre le moment présent.
Cela m’a aussi donné l’expérience que le moment présent est plus un espace qu’une mesure du temps.

Au bord des rivières, près des arbres, dans les collines, j’ai souvent joué du ukulélé.
En cherchant un instrument en bois, à cordes, léger, j’ai été touchée et réjouie par ces sons, facile-ment en résonance avec ce que je sens dans ces moments de communion à la vie.
Pensant d’abord simplement égrener des notes pour remercier, célébrer la vie de ces lieux, de l’ensemble, je l’ai emporté au bord des ruisseaux, rivières, sur les collines.
En fait, touchée de la circulation de vie dans les espaces intérieurs/extérieurs, des interrelations en-tre les arbres, les collines, les rivières, la circulation de l’air, les animaux et l’ensemble de la vie : ce sont des mélodies et chansons qui sont venues. Elles exprimaient en sons, ondulations, respirations, ce qui était ressenti et elles en étaient issues.
Cela a intensément été le cas pendant deux ans.

L’amour que l’on ressent pour la vie, la Terre, est une délicieuse richesse et une source de joie.

Il nous fait sentir que nous sommes la vie aimant la vie et aimée de la vie.

Le fait de photographier dans la nature est aussi l’expérience et l’expression de cette communion, de cette présence au moment, si ressourçante, réjouissante.
Cela me pose au cœur de l’instant et ouvre à l’harmonie de l’ensemble. Je vis un profond accord au chant de la vie. C’est à la fois en être consciente, émerveillée, le vivre, en découvrir le spacieux, la simplicité, la beauté.

La vie en dit long dans le silence des pensées, l’amour de la vie, la joie de l’instant.

Dans ces connexions, il y a la perception d’un langage universel pour tous les amoureux de la vie, de la Terre.
C’est enthousiasmant de le partager ! Cela donne l’intuition que ce sont des déclencheurs potentiels, qui enchantent le cœur, facilitent le ressenti du bon de tout cela, donnent l’occasion de s’y relier.

S’éveille aussi la conscience de cette liberté :
La possibilité de mettre notre attention, notre ressenti, nos choix sur ce que nous percevons de cons-tructif, réjouissant, en accord avec notre être, nos valeurs de cœur, notre joie profonde, la beauté de ces partages et joyeuses cocréations.

Ce n’est pas une quête de perfection. C’est être conscient du précieux de la simplicité, de la bonne humeur, de la bienveillance, du bien-être intérieur.

J’en suis arrivée à la conclusion et perception qu’il s’agit de se laisser être présent au moment. Car naturellement nous le sommes, mais nous avons plus l’habitude de donner facilement notre atten-tion à des idées, pensées…

C’est reconnaître dans ce bien-être l’état le plus naturel et devenir disponible pour le vivre.

C’est aussi découvrir que, plus nous reconnaissons la valeur de cet état d’être, plus nous nous of-frons de la bienveillance et de l’indulgence.

Au point de se laisser libre de vivre ce bien-être, de se sentir bien dans notre espace intérieur.

Tout ce que nous voulons être est déjà en nous !

En nous offrant de le vivre, à la fois nous remercions tous ceux qui ont fait ces choix et nous contri-buons à faciliter, pour ceux qui voudront les faire, pour qui ce sera plus simple et naturel encore.

L’amour de la nature est un profond et constant trésor.
Il nous donne à vivre délicieusement notre relation à la Terre, à la vie, à nous découvrir nous-mêmes, à découvrir la richesse du moment présent, et à vivre le plus délicieusement ce lien d’interconnexion qu’est la vie que nous sommes.

Lor Ellaime
joyeuse-nature-d-etre@orange.fr
www.momentpresent-joyeusenaturedetre.fr
www.joieetbienetreaupresent.com


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Texte de Carole ALIYA (Femmes d'âge mûr)

"QUI SUIS-JE"

Rêve de femmes, femmes d’âge mûr, femmes de toute éternité, femmes-enfants, femmes qui explorent les profondeurs, femmes qui se redressent et sont alignées dans leur verticalité, équilibre pourraient être les mots-clés du thème abordé ce jour.
La femme d’âge mûr nous interroge sur l’âge justement. Tout est nommé aujourd’hui par rapport à un instant, figé, exploré ou non, transcendé ou non. De quel temps parlons-nous ? De quelles femmes parlons-nous ? Existe-t-il des femmes d’âges mûrs ? Quelle représentation en avons-nous ?
Nous pourrions parler de la femme dans toute sa splendeur. Celle qui rayonne et s’est émancipée de ses blessures pourrait être cette femme d’âge mûr. Elle a passé certains caps, s’est offert de vivre sa propre réalité, en contactant sa douceur pour devenir éternelle. Les rides sont signes de sa bienveillance, de la souplesse de sa peau, de sa tendresse. Ses cheveux grisonnants lui signifient un nouveau temps. Son corps en pleine mutation lui offre une nouvelle forme de contact avec elle-même. La femme connaît déjà les mutations intérieures chaque mois, chaque cycle. Elle respire profondément dans sa sagesse qui devient sa source. Son âme est son amie, son amoureuse infinie et les limites de l’ego n’ont plus d’influence sur elle. C’est ainsi que nous aimerions être : pure sagesse et profondeur, atteindre quelque chose à un âge dit « mûr » ou en faire notre quête. Or rien n’est à atteindre. Plus nous essayons d’atteindre quelque chose, plus la vie nous montre par une étincelle, un firmament plus grand, comme si tout est expansion et intensité. Nous nous y frayons un chemin, nonchalamment.
Ce que nous aimerions en vérité, c’est respirer. La vie nous mène à travers des épreuves à vivre des moments difficiles, à être malmenées par un rythme trop dense et le corps nous appelle à nous concentrer sur l’essentiel, sur lui, et nous interpelle avec certaines maladies. Nous aimerions être alignées, ne pas nous laisser atteindre et vivre notre rêve de femmes, ce rêve d’immensité et retrouver notre pouvoir, qui n’est autre que cette sagesse infinie, pure tendresse et pure alchimie.
Sortir de l’enfance pour être cette femme accomplie et au plus profond sereine, malgré les tourbillons, n’est pas évident. Peut-être que cette femme existe ? Peut-être qu’elle est là en nous et arrive de temps en temps à ouvrir de nouvelles portes et à se faufiler dans des territoires paradisiaques, pour découvrir qui elle est en réalité, dans sa majesté ? Peut-être est-elle simplement une enfant, avec sa bonté naturelle, dans ce corps qui a réussi à se déployer, se réaliser ? Et si la femme d’âge mûr était effectivement simplement cette force de la nature, celle de l’enfant qui, quelle que soit son apparence, ses rides, ses cicatrices, a une telle soif de vivre qu’elle est en fait une déesse, pleine de charme et de délicatesse ? Sa vitalité viendrait de son enfant intérieur qu’elle aurait cajolé, tel est son véritable secret. Une femme qui, au fur et à mesure de ses âges, n’a pas flétri, ne s’est pas laissée enfermer, est restée ouverte à la vie, même si elle n’est pas arrivée à tout transcender, même si les émotions sont encore présentes et l’emprisonnent, voire l’empoisonnent parfois. Et si la femme d’âge mûr était simplement remplie de tolérance ? Pourrait-elle être simplement cette imperfection, parfaitement accomplie et assumée ? Une femme qui chercherait à ne rien atteindre, mais simplement être et se dépasser, est cette femme d’âge mûr, intègre face à elle, face à cet absolu de vie. Plus elle avance, plus elle se rend compte combien la souplesse est essentielle en tout. Un corps ou un esprit rigide se heurte aux murs, aux accidents, se blesse, se calcifie. La vie est un énorme souffle qui s’amène de tous les côtés et ne laisse rien au hasard, aucun recoin où il y aurait un tantinet d’enfermement, venant nous bousculer souvent, fort heureusement, pour nous sortir de nos carcans.
Nous connaissons bien la dureté des adolescents, envers leurs parents et cette arrogance qui les amène à croire qu’ils ont tout compris et vont tout réussir ou faire mieux que leurs aïeuls et aînés. La femme d’âge mûr sait qu’elle n’a rien compris justement, malgré ses tentatives de faire pour le mieux, et que l’humilité est la seule valeur qui soit réelle et vitale pour faire face à ce qu’elle estime être des manquements et cette qualité rend tout être sublime.
Cette adolescente, une fois adulte, a-t-elle lâché la dureté de cette période et choisi le chemin de la liberté ? La dureté du regard sur elle l’empêche de profiter pleinement et la blesse profondément, se surajoutant à la dureté de la vie. Ce qui nous semble dureté d’ailleurs, serait-il le reflet de notre propre engouement à vouloir tout maîtriser et créer un univers figé que la vie vient provoquer, en faisant sauter les verrous un à un, ou une réponse à un passage initiatique et une forme d’exigence que nous nous offrons, révélant une qualité de conscience ? L’exigence en y ajoutant quelques graines de conscience, de fantaisie, devient pure création, magnifique et solaire, pour nous accompagner vers le dépassement.
Cette femme se rappelle la petite fille qu’elle était et qui est souvent toujours là, présente. Le passage à la vie adulte, pleine et assumée, est vraiment très délicat et souvent un exploit. Son innocence a été difficile à préserver. Elle sait aussi tout le chemin que cela demande pour se libérer et est en compassion avec elle-même et la terre entière.
Tous ces ingrédients interrogent sur la représentation que nous nous faisons de la femme d’âge mûr et de la différence entre ce que nous souhaiterions et là où nous en sommes. Et si l’une des grandes vertus de cet âge et de la femme était simplement d’apprécier le bonheur de quelques surprises chaque jour, de moments de respiration et la capacité à aller à l’essentiel, sans se laisser brimer ni par elle-même ni par autrui ? Nous serions sûrement plus proches de ce quotidien au féminin.

Carole Aliya
http://danseparlemarche.com
http://elixirsmyriam.com
http://expressioncorporellebordeaux.com/


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Texte de Sylvette RIETY (Femmes d'âge mûr)

"COMME UN FRUIT LONGUEMENT MURI, UNE PLENITUDE"


Après avoir cherché à combler toutes sortes de manques, j’ai découvert que tout était là, dès le commencement, au cœur du cœur du noyau et qu’il suffisait, à chaque expérience, d’aller puiser à la source de la Vie pour faire croître ce fruit jusqu’à son accomplissement beau et savoureux.

C’est cette image qu’éveille en moi le mot maturité, un fruit bien mûr, riche de ses couleurs, de ses saveurs, de son parfum.
C’est l’aboutissement d’un parcours intérieur mouvementé, initié par un passage sacré.
Dans une période particulière de ma vie appelée méno-pause (besoin urgent d’une pause pour me renouveler), j’ai poussé une porte mystérieuse, magnifique.

Sur le seuil, une profonde crise de sens : mal-être d’une personnalité dis-percée, épar-pillée, femme caméléon qui s’était transformée jour après jour pour plaire aux autres, les servir, en quête d’amour et de reconnaissance. Les blessures accumulées dans mon sexe, mon ventre et mon cœur de femme me laissaient démunie, sur le flanc, avec une question obsédante :
« Et moi, qu’est-ce que je veux vraiment ? »

La vie m’a alors offert le plus beau des cadeaux : un rituel de renaissance, après un chemin de neuf mois pour me libérer de mes peurs et de mes blessures et accoucher de moi-m’aime.
Accompagnée par Marceline, guérisseuse ancestrale, gardienne des rites et de l’âme africaine, d’un groupe de femmes vibrant la même aventure, j’ai enfin dit Oui à Ma Vie.
Ainsi est née Koussola, celle qui fait le choix de sa vie. Passage initiatique m’ouvrant à l’expérience en conscience de la maturité, m’invitant à poser sur mon histoire un tout autre regard.

Vous connaissez les matriochkas ? Ce sont des poupées russes traditionnelles, en bois peint, qui s’emboîtent, de la plus grande à la plus petite, qui elle ne s’ouvre pas.
Les miennes étaient toutes ouvertes, jetées en vrac. Un vrai bazar.
Mais ce rituel consacré m’avait mise en contact, dans une vision lumineuse, avec la plus intérieure, celle porteuse de mon Essence, Une et indivisible.
Alors, courageusement, je les ai rassemblées, rafistolées, j’ai pris soin d’elles avec, cette fois, un regard d’acceptation bienveillante : le bébé, la petite fille, l’ado, la jeune femme issue de deux lignées, l’adulte, la mère.
Mon cœur est sorti de son hibernation et a recommencé à battre au rythme de la Terre-Mère, à la mesure de la danse de vie que mon corps avait libéré au son des tambours africains. Doucement, j’ai compris que, comme le dit la chanson de Brassens : « Tout est bon chez elle y’a rien à jeter, sur l’île déserte il faut tout emporter ».
Moi qui avais passé ma vie à vouloir me changer, trop de ceci, pas assez de cela, jamais satisfaite, je me suis mise à l’écoute de la vibration de la toute petite, au centre, chaque jour, un rendez-vous d’amour avec elle.
Et j’ai senti combien chacune de ces poupées s’était construite comme elle avait pu, en s’adaptant aux besoins du moment, que le lien maintenu entre elles, malgré ce qui m’avait semblé fort chaotique, avait tissé, dans l’invisible, le caractère unique et sacré de ma vie.
Alors j’ai pu les accueillir dans mon cœur et les remboîter, l’une après l’autre, dans un mouvement d’intégration amoureuse.
Le temps de la séparation, du jugement, du rejet était révolu.
Le temps de la réalisation pleine et entière, souveraine s’ouvrait à l’infini.

Cette ouverture de mon cœur a permis l’alchimie de l’eau et du feu, la transformation des émotions profondes inhérentes à mon histoire.
Aujourd’hui, je remercie les larmes que j’ai versées, car elles ont permis à mon cœur de ne pas se dessécher, ainsi que les colères qui m’ont traversée afin de ne pas m’habituer à l’inacceptable.
Mes larmes se sont transformées en eau de vie et en fontaine d’amour.
Mes colères se sont transformées en force de pardon et en feu de joie.

Mûrissement sur un cycle de neuf ans pour apprendre à faire de nouveaux choix alignés sur l’inspiration de ma conscience, la bénédiction de mon cœur, la puissance de mon potentiel d’action : ce que nous honorons, chérissons, défendons, agissons, est un choix de chaque instant.
Et pour continuer le chemin d’union en moi en explorant mes polarités.
Mon Féminin porte en « ailes » une fée consacrée, inspirée, créative et zélée, ludique et joyeuse.
Mon Masculin porte en lui un chevalier, courageux, tenace, bien décidé à relever les défis qui se présentent pour servir de nobles causes, tout en s’émerveillant des ressources infinies de la Vie.
De leur union, jaillit une profusion de graines qui ensemencent le monde à venir.

L’expérience de la plénitude comme une union amoureuse à l’intérieur de soi.
C’est le cadeau que j’ai reçu, lors de la naissance de Koussola, une graine magnifique pour un chemin de liberté, de sagesse, d’unité, d’accomplissement.
Une graine qui m’a fait découvrir, à l’heure où les femmes paniquent des marques de leur vieillissement, ce que veut dire le printemps spirituel.
Une graine qui m’a fait accoucher de l’écriture d’un livre sur ce passage sacré.

Aujourd’hui s’ouvre un nouveau voyage vers d’autres rivages de la maturité.
À l’aube de mes soixante ans, dépouillée de tant d’artifices, nue et offerte, curieuse et impatiente, je me présente à un nouvel espace inconnu de moi, La Danse des grands-mères, telle que nous l’a présentée Clarissa Pinkola Estès : « Sur la jeunesse de l’âge mûr et la maturité de la jeunesse. »


Sylvette Riéty
sylvette.riety@orange.fr


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Textes de Valerié B.

"RIDES"

La peur de vieillir,
peur de ne plus se souvenir.

De tous les moments heureux,
des instants joyeux.

On refuse les rides,
par peur du vide.

On s’accroche à des photos,
ou à des vidéos.

Pour se voir encore beaux,
dans des modèles idéaux.

Mais si on regarde dans le miroir,
il n’y a pas de désespoir.

Juste l’expérience d’une vie,
sur un visage qui sourit.

Ride de joie,
du premier émoi.

Ride de bonheur,
pour cet autre cœur.

Ride d’amour,
pour les beaux jours.

Ride pour ce bébé,
tant désiré.

Ride de peur,
pour les douleurs.

Ride de sourire
pour les éclats de rire.

Ride de tristesse,
pour les détresses.

Ride de colère,
pour les guerres.

Ce visage qui paraît tout fripé
n’est rien qu’un être qui a existé.

Et on peut y voir dans ses yeux,
l’âme de cet être merveilleux.


"L'AME DE LA TERRE"

À l’automne de ma vie,
sur mon corps épanoui

Les feuilles colorées,
par la brise emportées

Flottent délicatement,
volent légèrement.

Viennent se déposer,
doucement me cajoler

Pour nourrir ma Terre,
de leur tendre poussière.

Après m’être endormie,
de nombreuses nuits

Je les ferai ressurgir,
dans un autre avenir.

Vers un autre printemps,
pour un autre temps.

Comme un prince charmant,
sur son cheval blanc

Qui toujours conquiert,
plus loin vers la lumière

Sa belle dulcinée,
tendrement aimée.


"REVE DE FEMMES ET SON POUVOIR CREATEUR"

Toutes les femmes ont des rêves, et quand une revue permet à la femme d’exprimer son rêve : on peut se dire que nous avons atteint LA LIBERTÉ.

Un thème énoncé : Femmes d’âge mûr, la parole est à vous.

Pour moi, l’âge mûr n’est pas une question d’âge « terrestre », mais de maturité de l’esprit ou de l’âme, qui par ses multiples expériences, va essayer d’apporter son discernement afin d’ajuster son pouvoir créateur, pour le bien-être de tous sur la planète.

Si nous avons l’immense chance d’avoir pu atteindre cette magnifique liberté créatrice, elle ne doit en aucun cas être créatrice de destruction vis-à-vis des rêves des autres, qu’ils soient homme, femme, enfant, ou d’une autre espèce :
Qui peut dire quel est le rêve de l’animal sauvage, qu’il soit en liberté ou en cage ?
Quel est le rêve de la plante ou du minéral ?

Nous avons toutes des rêves de créations, mais nous avons le devoir d’agir en personne à la fois LIBRE, mais surtout RESPONSABLE de nos créations.

Mon rêve à moi, il est tout simple, cela s’appelle : LA PAIX.

Mon invitation est aussi très simple, je demande simplement à ce que chaque personne sur la planète sans distinction d’âge, de couleur, de sexe, de religion, d’idées politiques, etc... regarde ses propres créations déjà accomplies, sans se juger sur ses « erreurs » commises, (nous en faisons tous sans exception), et apporte simplement les ajustements nécessaires pour permettre des créations encore bien plus merveilleuses.

Permettre aussi à chaque homme de lui rendre son pouvoir féminin, car tout comme nous, son plus grand rêve est de créer, il n’a pas notre chance d’avoir un utérus, c’est à nous de lui faire conscientiser qu’il a le germe de la création, et qu’il est tout aussi puissant que notre utérus.

Nous avons chacun à notre manière la responsabilité de nos créations.

Pour le bien-être de tous, il est temps de stopper nos guerres intérieures, de rejoindre véritablement l’Unité, pour permettre que cela puisse se réaliser à l’extérieur de nous-mêmes.

Il n’est pas que question d’écrire un texte, de peindre un tableau, créer une musique, une danse ou autre...

Parce que chaque acte que nous posons, même dans une création artistique, est le fruit de nos pensées, de nos paroles qui s’ajoute au mouvement planétaire, qui n’est que le reflet de nous-mêmes.

Notre pouvoir créateur est effectivement bien plus puissant que tout ce que l’on peut imaginer, mais la responsabilité en est aussi bien plus grande.

Il est de la plus haute importance, d’observer nos créations et de mesurer ce que l’on souhaite vraiment créer.


Valérie B.

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Texte de PERTICANE (Femmes d'âge mûr)

"HYMNE A LA VIE !"

J’ai 53 ans. Suis-je jeune ou vieille ? Je ne saurais dire.
Je ne me sens pas vieille.
Avec un fils de 10 ans, je me retrouve avec d’autres parents qui ont 20 ans de moins que moi mais j’ai du mal à identifier les différences… Pourtant…
Mes cheveux seraient gris si je ne mettais pas, de temps en temps, un peu de peinture dessus. J’aime utiliser le mot peinture plutôt que teinture. Je leur redonne les reflets châtains qu’ils avaient parce que je trouve que c’est plus gai. D’ailleurs, j’aimerais maîtriser les couleurs pour tenter des reflets et transformer ma chevelure en un tableau éphémère aux nuances chatoyantes. Déjà, je m’aperçois que je me laisse de plus en plus le temps de réagir quand les racines s’éclaircissent. Je sais qu’un jour, je franchirai ce pas devenu à la mode de laisser faire. Mais avec des cheveux longs, le passage aussi sera long et je préfère le blanc au gris… Je ne suis pas prête.

Où mon âge se voit-il le plus ? Dans mes rides ? Là, pas question de lifting, je vais faire avec. Et quand je touche ma peau, sa douceur me fait douter qu’elle puisse être ridée.
Ces dernières années, ma silhouette s’est un peu enrobée. J’avais un bourrelet sur le ventre qui me déplaisait vraiment. Je ne me sentais plus moi-même et j’avais aussi peur de m’engager sur une pente risquant de me faire bientôt ressembler à ma mère ! J’ai réagi, tranquillement, j’ai veillé à ne plus manger sans faim, et cet été, aidée par le soleil, j’ai retrouvé mon corps, ressenti un véritable bien-être à le re-sentir vivant. Ce bien-être limite mes grignotages. Je suis confiante de réussir à ne pas me faire piéger par la morosité de l’hiver.
Avant, je courais une fois par semaine. J’ai eu mal à un genou et je me sens de moins en moins de courage pour aller faire un footing. Quand je préfère la douceur, la profondeur des exercices de yoga, je m’interroge : est-ce de la paresse ou de la bienveillance pour mon corps que je dois peut-être ménager ? Probablement un peu des deux.
Je soigne mes envies de femme : faire l’amour est une merveilleuse pratique pour s’abandonner et se faire plaisir, pour rencontrer la dualité entre soi et l’autre, pour se sentir pleinement vivante. C’est une danse qui se répète tout en étant toujours différente. Ce sont des moments à privilégier, à choisir, à savourer. Une complicité entre amis, entre amants. Ce sont des instants où le temps s’arrête et se dilate, où l’on oublie les contraintes du monde social, où plus rien ne compte que soi.

Qu’est ce qui s’arrête à 50 ans ? Je ne sais pas.
Je n’ai pas eu de carrière. Ça ne m’intéressait pas. Seuls mes enfants rythment les étapes de ma vie, sans impatience ni regrets. Chaque âge a ses charmes et j’ai presque envie d’être grand-mère… un jour.
Alors que ma fille cherchait une orientation, j’ai dit : « Je ne sais pas ce que je veux faire quand je serai grande » Ça l’a mise en colère, elle a cru à une moquerie alors que c’était sincère. Je ne sais pas ce que je ferai dans 5 ou 10 ans. J’ai encore l’impression que de nouvelles portes s’ouvriront. Ma vie a été une succession d’expériences qui n’a pas lieu de s’arrêter aujourd’hui. 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans, je n’ai pas d’a priori sur ce qui viendra après. Parfois, j’ai des doutes : attention, bientôt il sera trop tard pour… je ne sais pas. Je n’imagine pas encore mes 60 ans. C’est l’image de la retraite, de l’arrêt des contraintes du travail nécessaire pour gagner sa vie qui me pèsent parfois. Ça me semble encore loin, incertain. J’ai le temps.
L’autre jour, j’ai rencontré une centenaire. Je suis arrivée pour lui souhaiter son anniversaire alors que je ne la connaissais pas. Elle était belle, pimpante, elle nous a accueillis dans sa maison avec une fraîcheur qui nous a interpellés. Qui nous souhaitera nos 100 ans si nous les atteignons ? C’est presque le double de mon âge ! J’ai tant de choses encore que j’aimerais vivre, que je sais que je ne pourrai pas tout faire, que je mourrai avec des projets inachevés. Si on en croit les statistiques, c’est probable que je vive aussi longtemps qu’elle. Alors non, je ne suis pas vieille. J’ai juste plus d’expérience, de maturité, peut-être même un peu de sagesse.
Je veux prendre soin de mon corps car il est mon véhicule et sans lui je ne suis plus rien.
Je veux prendre soin de ceux qui m’entourent mais sans m’oublier.
Je veux partager ce que j’ai compris de la vie pour apporter de l’espoir à ceux qui en manquent, pour ouvrir des yeux, montrer d’autres chemins possibles.
Je sais que la richesse ne se compte pas en euros, que tout passe, qu’il y a des moments merveilleux, d’autres plus difficiles, que notre regard peut les transformer.
Je veux profiter de la vie, des choses vraies. Elles sont souvent simples, il faut juste apprendre à les regarder.
Je sens une plénitude dans mon corps et dans mon esprit. Parfois tout s’affole, je dérape mais j’essaie de vite me rattraper, l’expérience et la conscience aident.
Je sens une plénitude dans mon corps et dans mon esprit. Parfois tout s’affole, je dérape mais j’essaie de vite me rattraper, l’expérience et la conscience aident.
Je veux me faire plaisir car attendre des autres est un leurre.
J’aime la lumière, les images, la nature et les êtres qui m’entourent.
Mais j’ai besoin aussi d’être seule, tranquille, sans paraître, sans concessions, vraie. C’est là que je me ressource, c’est là que j’explore ce qui compte vraiment, que je peux voir ce dont j’ai envie ou besoin, ce qui me pèse, ce que je dois éviter ou privilégier.
Écrire fait partie de cette exploration, même sans être lue. Je doute aussi, souvent, de l’intérêt des autres pour les explorations de mes expériences. Ce texte est un peu un test. J’ai hâte d’en avoir des retours.

Perticane
perticane@hotmail.com

 

 

GALERIE

 

 

PORTRAIT DE FEMME

Danièle Flaumenbaum
Je réalise seulement maintenant que j’accomplis mon rêve sacré, qui fut tout d’abord motivé par un élan humaniste car ma famille avait abandonné le spirituel et perdu sa foi en quittant la Pologne antisémite. Conçue durant la guerre suite à une rumeur infondée (les femmes juives enceintes ou avec des enfants de moins d’un an ne seraient pas déportées dans les camps) et ainsi, née pour sauver ma mère et deux sœurs aînées, je deviens gynécologue, prolongeant une grand-mère maternelle sage-femme décédée avant ma conception.
La médecine matérialiste tournée uniquement vers le maternel et non la femme sexuée me frustre. Dépositaire de la mémoire de ma grand-mère, je milite pour la libération de l’IVG et pratique clandestinement l’avortement avant la loi Veil, aidant ainsi les femmes à prendre leur vie en main et à respecter leur désir de non-soumission à l’ordre établi. Je contribue à une vision holistique de la santé en aidant les femmes à donner du sens à leurs symptômes et à ce qui leur arrive, confortée par la voie psychanalytique qui apaise l’émotionnel en découvrant l’histoire de sa lignée.
Au bout de 12 ans de pratique, je découvre et apprends la médecine chinoise taoïste qui élargit et complète mes capacités de soin. Cette nouvelle planète m’émerveille et me passionne car elle parle d’entretien de la santé, du sens de la maladie, d’ancestral, de pouvoir céleste et de dimension énergétique. De plus, cette médecine corrobore les travaux de mon mari, Didier Dumas, sur le transgénérationnel. L’humaniste que je suis devient croyante.
Je découvre l’alchimie sexuelle et peux affirmer que les Chinois de la Chine ancienne m’ont appris à faire l’amour ! L’énergétique m’enseigne que je peux me défatiguer en sachant accueillir et recevoir de l’énergie nouvelle. De plus, je peux me remodeler en redonnant vie à des parties de moi qui n’étaient pas vivantes, pas habitées. C’est par la sensation que je les incorpore et les réhabilite. En les ressentant, elles s’intègrent à mon image du corps, me permettent de me compléter et de devenir de plus en plus moi-même.
Avec la découverte du chamanisme en 1993, j’élargis et renforce encore mon champ d’expérience car lors de séances de transe, je me trouve guidée par des forces supérieures et immatérielles. Je n’ai plus besoin d’être portée, je me sens à ma place. Encore beaucoup de travail pour être au plus près de moi-même. Mon souhait à 74 ans : continuer à accroître ma tranquillité intérieure pour entretenir ma clairvoyance.
 

 

 
 

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