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L'Esprit des Plantes - S'ouvrir à la Mort - N8

> Extrait

SOMMAIRE

p. 4 : Toile de fond céleste
p. 6 : Dossier : S'ouvrir à la Mort
p. 6 : La vie après la mort
p. 10 : Une mort annoncée
p. 12 : Ma dernière Aventure
p. 13 : Le Grand Voyage
p. 14 : Mourir
p. 16 : Le Grand Voyage (suite)
p. 18 : Dossier : L'Esprit des Plantes
p. 18 : Un pas vers... l'esprit des plantes
p. 19 : L'esprit des plantes ou la théorie des signatures
p. 21 : L'offrande du règne végétal
p. 24 : Publicités
p. 26 : Abonnement
p. 27 : Le Rêve d’une femme
p. 28 : Calendrier des 13 lunes de cet automne

 
 

 

EXTRAIT

Une mort Annoncée

"Je ne savais pas que l’on pouvait vivre, travailler, plaisanter et être malade de douleur"
Brigitte Giraud, "L’amour est surestimé"

Moi non plus, je ne le savais pas... Avant ! Avant ! Ça fait peur... Tellement peur que ça devient impossible ! La peur de cette mort là est sans doute assez puissante pour se dissoudre dans l’inconscience. La peur de cette mort là, la repousse loin, très loin dans un autre pays, un autre espace, un autre temps. Les gens qui ont vécu dans leur chair la mort de cet être là sont des extra- terrestres... Comment font-ils, comment supportent-ils ? Non ! Un enfant, votre enfant ne peut pas disparaître, vous laisser là les bras ballants, impuissant, inutile à regarder passer les jours, les mois, les années sur le calendrier sans que jamais aucune minute, aucune seconde ne comble ce vide là ! Ce n’est pas normal, ce n’est pas naturel, il ne faut pas y penser, çà n’arrivera pas !

Et pourtant un jour l’impossible est annoncé... Un médecin en blouse blanche prononce des paroles, il vous dit... non il me dit des petits mots très simples ! Des petits mots que j’ai entendu mille fois, un million de fois et même peut être autant de fois qu’il y a d’étoiles dans la galaxie. Mais ces petits mots ordinaires étaient assemblés différemment. Ils n’étaient pas tissés en une chaîne capable de vous transpercer le cœur aussi sûrement qu’un coup de poignard. Séparés, ils étaient innocents, paisibles, banals. Ce jour là c’est bien moi qui suis là dans ce bureau d’hôpital. Me parle-t-on une autre langue, ou suis-je dans le déni comme dit l’expression consacrée... Je suis chaos, sonnée sans même savoir que je le suis ! "Monsieur, Madame, je suis désolée, il n’y a rien que nous ne puissions faire... Les résultats sont là, c’est trop mal placé, On ne peut pas intervenir… Aucune chance de gagner !" J’entends, mais je ne comprends pas, le sens de ces mots n’a aucun sens !

Elle est là dans la pièce d’à coté, encore toute bronzée, éclatante du soleil de cet été qui vient de se finir. Son corps, ses mains, son sourire... sa bonne humeur qui retentissait hier encore - malgré ces petits troubles qui nous ont conduit chez le médecin – sont autant d’appels à la vie, autant de promesses de devenir, autant de régal pour les yeux et le cœur d’une mère ! Moi, sa mère, je n’accommode pas, je ne peux pas intégrer le décalage, la portée des derniers mots de cet homme en blouse blanche "Tumeur au cerveau". Je vois cette petite fille, ma fille qui vient de fêter ses huit ans entourée de ses frères, cousins et cousines dans l’allégresse insouciante d’une famille qui partage des moments simples du quotidien !

Le monsieur s’agite, il prend un air grave, il explique, il commente, continue d’aligner des mots et je reste debout sans voix, sans sentiment. Mon mari est à coté, son père, mais je ne l’entends pas, je ne le capte pas, je suis seule. Je ne pleure même pas. Pour pleurer il faudrait identifier la douleur, il faudrait que le cerveau (justement) reçoive des informations, les reconnaisse, sache les interpréter comme un événement triste ! Là, çà ne peut pas être triste. Pas encore ! Là pour l’instant c’est encore impossible. Je ne suis pas une extra-terrestre moi ! Je ne suis pas un être exceptionnel. Je ne suis qu’une femme, une maman, un peu fatiguée, un peu inquiète parce que sa petite fille a beaucoup vomi.

Sans l’avoir décidé, je retarde le moment où je vais comprendre l’incompréhensible, où je vais accepter l’inacceptable. Je retarde le moment où je me réaliserais si petite si désemparée devant la Vie qui donne et qui reprend. La Vie qui me rappelle qu’elle porte la Mort en son sein, qu’elle ne se distingue pas d’Elle !

Plus tard, beaucoup plus tard, je saurais que tous les drames de le terre ne sont en fait que le fruit de la Vie. Pour l’instant je résiste ! Je ne résiste même pas, ce serait agir ! Je suis tout entière une résistance. Mon corps, ma tête, mon cœur ne sont plus reliés, ils flottent séparés dans des espaces différents. Tiens ça y est..! Je deviens une extra-terrestre ! Sur terre, sur la planète que j’habitais avant, les corps n’étaient pas des automates privés d’émotions, prononçant des mots par habitude, sans substance ! Les gens ne sont pas des clones, ils ont des désirs, des petits ou des grands tracas, ils se touchent, s’aiment, se détestent, se sourient, se mettent en colère... pour de vrai ! Et moi où suis-je ? Où est ma fille ? Ah oui, elle est là, je suis sa mère ! Il faut prendre soin d’elle, lui donner à manger, jouer avec elle, lui raconter des histoires, lui donner des médicaments, lui dire qu’elle doit rester dans cet hôpital, lui expliquer qu’il faut être patient ! Patiente, elle est devenue la patiente de tout ce personnel, mais de quelle patience pourrait-on parler à une petite fille de huit ans qui va mourir ! Voilà je triche avec elle, avec moi même, je me tais, je ne veux pas entendre de questions auxquelles je ne sais pas répondre !

A qui demander ? Qui aurait pu m’expliquer, je ne suis pas prête et aurais-je pu l’être à répondre à cette question « Dis Maman, est-ce que je vais mourir ? » J’ai dit Non, j’ai éludé, j’ai parlé d’autre chose ! Pourtant bien plus tard j’ai su que j’aurais voulu pouvoir lui répondre : "Oui ma fille tu vas partir ailleurs, un ailleurs que je connais pas, où je ne peux pas t’accompagner, j’ai peur, tellement peur, je ne peux pas te retenir, je ne peux pas te protéger, je ne peux pas te sauver." Et aussi j’aurais voulu pouvoir lui demander : "Et toi est-ce que tu as peur ? Est-ce que tu veux m’en parler ? Est-ce que tu voudrais pleurer ou crier ou quoi d’autre..?" Et j’aurais voulu la prendre dans mes bras avec cette conscience là, accueillir cette mort, sa mort, avec son corps dans mes bras, avec sa tête dans mon cou, avec ma bouche sur sa joue. Mais je n’avais pas la force, la conscience, la maturité... Je n’ai rien trouvé d’autre que le silence, la concentration sur de toutes petites actions pour essayer de conserver un peu de cette vie qui se s’échappait. Lui chanter une chanson, lui acheter des jouets, accepter une radio-thérapie dont on m’avait pourtant annoncé qu’elle était inutile, chercher un peu de confort pour elle. Et puis de temps en temps me laisser entraîner par la famille, les autres qui me disaient que j’avais besoin de repos, de me changer les idées.

Oui le corps peut vivre, travailler, la bouche peut même plaisanter... ignorant le cœur qui est malade de douleur, et ce n’est finalement pas réservé aux extra-terrestres !

Nicolle Bensusan

 

 

 
 

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