Rêve de femmes
Vous êtes ici : Accueil > Revues > No 21 - Les ArchĂ©types - Accouchement Orgasmique PDF
 
 
 
N°45 - S'abandonner, s'ouvrir, s'offrir, ça s'apprend
N°45 - S'abandonner, s'ouvrir, s'offrir, ça s'apprend PDF
N°44 - Cultiver la joie
N°44 - Cultiver la joie PDF
N°43 - Rites des PremiĂšres Lunes
N°43 - Rites des PremiĂšres Lunes PDF
N°42 - Une SexualitĂ© SacrĂ©e - Pour quoi ? Comment ?
N°42 - Une SexualitĂ© SacrĂ©e - Pour quoi ? Comment ? PDF
N°41 - L'alimentation vivante peut-elle restaurer la santĂ© des femmes ?
N°41 - L'alimentation vivante peut-elle restaurer la santĂ© des femmes ? PDF
N°40 - L'appel de la Femme Sauvage
N°40 - L'appel de la Femme Sauvage PDF
N°39 - Se sĂ©parer sans se dĂ©chirer
N°39 - Se sĂ©parer sans se dĂ©chirer PDF
N°6 - Agenda lunaire 2016 - N°6 - PDF
N°38 - Une femme avec une femme
N°38 - Une femme avec une femme PDF
N°37 - Amour, tendresse, fluiditĂ©
N°37 - Amour, tendresse, fluiditĂ© PDF
N°36 - La fonction de l'orgasme
N°36 - La fonction de l'orgasme PDF
N°5 - Agenda lunaire 2015 - N°5
N°35 - Oser rĂȘver grand et vivre ses RĂȘves pdf
N°34 - SorciĂšres, soeurciĂšres, sourciĂšres d'aujourd'hui PDF
N°33 - La GynĂ©co autrement PDF
N°32 - Les blessures sexuelles PDF
N°31 - Vivre en harmonie avec son cycle lunaire PDF
N°30 - Le Polyamour PDF
N°29 - Rites de purification PDF
  - Agenda lunaire 2013 - N°3
N°28 - La fidĂ©litĂ© : Ă  qui, Ă  quoi ? PDF
N°27 - Tentes rouges, Cercles de Femmes PDF
N°26 - Clitoris et points A, B, C, D, E, F, G... - Parlons d'amour et de sexualitĂ© aux ados PDF
N°25 - L'argent, une valeur fĂ©minine - DĂ©coder le calendrier Maya PDF
N°2 - Agenda lunaire 2012 - N°2
N°24 - MystĂšre et Puissance de la Matrice - Lorsque les MĂšres saturent PDF
N°23 - Femmes lunaires, femmes solaires - Secrets de beautĂ© au naturel PDF
N°22 - L'Homme honore le FĂ©minin - Histoires de Seins PDF
N°21 - Les ArchĂ©types - Accouchement Orgasmique PDF
N°1 - Agenda Lunaire 2011
N°20 - Saisons de vie - L'enfant... Ă©cole alternative PDF
N°20 - Saisons de vie - L'enfant... Ă©cole alternative
N°19 - RĂ©inventons le couple - Perceptions subtiles PDF
N°18 - MĂ©nopause Ă©panouie - Tao des Ă©motions PDF
N°17 - Contraception naturelle - RivalitĂ©... SororitĂ© PDF
N°17 - Contraception naturelle - RivalitĂ©... SororitĂ©
N°16 - L'IVG - L'Apparence reflĂšte l'IntĂ©rieur PDF
N°15 - Le Sang des Lunes - Pretresses d'aujourd'hui PDF
N°14 - Contes Initiatiques - SexualitĂ© Yin PDF
N°14 - Contes Initiatiques - SexualitĂ© Yin
N°13 - Femmes en rĂ©alisation - PriĂšre... action PDF
N°12 - Gratitude - Danse, Grand-MĂšre
N°11 - Du corps Ă  l'esprit - Femmes de Pouvoir PDF
N°10 - Femme crĂ©ative - Porter la Vie
N°9 - Semences pr l'Ă -venir / MĂšre Terre
N°8 - L'Esprit des Plantes - S'ouvrir Ă  la Mort
N°7 - Le Don d'Amour - SexualitĂ© SacrĂ©e PDF
N°6 - Gai-rire de soi - Apprentie de la Vie PDF
N°5 - La Voix du Silence - Notre lieu de Pouvoir PDF
N°4 - Appel des Femmes... conscience planĂ©taire PDF
N°3 - ResponsabilitĂ©/LibertĂ© - ...les Ados PDF
N°2 - SororitĂ©/CoopĂ©ration-MĂ©nopause... Sagesse PDF
N°1 - Cycles du corps-Cycle Lunaire FĂ©minin PDF
 
 
 
Affichage mosaïque
 
 

Si vous souhaitez créer un lien vers notre site, insérez notre bannière en copiant le code suivant :

<a href="http://www.revedefemmes.net" target="_blank"><img src="http://www.revedefemmes.net/banniere.jpg" alt="Rêve de Femmes" border="0" /></a>

 

Les ArchĂ©types - Accouchement Orgasmique PDF - N°21

> Extrait | > Galerie | > Portrait

SOMMAIRE

3 Ă©dito

PAROLE DE TERRIEN
4 Lorsque la DĂ©esse MĂšre veille au foyer
5 Astrologie mondiale, suite. . .
6 L'hiver

DOSSIER
Archétypes Féminins

7 Hiver, saison de la sagesse et archétype de la femme bison blanc
9 Les archétypes féminins en astrologie
10 Le chaperon et la Gitane
11 Les quatre archétypes de la Roue Médecine
13 L'archétype de la Prostituée Sacrée
14 Ode à Lilith, ma bien-aimée
15 Puissance et pouvoir de la RĂ©ceptive-Passive
16 Femme sauvage au XXIĂšme siĂšcle
17 TEST : Quelle dĂ©esse ĂȘtes-vous ?

TEMOIGNAGES
L'accouchement orgasmique

20 Extase de l'enfantement
21 Ici ou lĂ 
23 Au-delĂ  des apparences
23 TĂ©moignage de Carine, 3 enfants
24 Extrait de Naissances
25 Et tu enfanteras dans la douleur
26 Histoire d'accouchement
27 Le centre du milieu
28 La naissance extatique

29 Publicités
34 Abonnement
35 Le rĂȘve d’une femme
36 Portrait d’Artiste : VĂ©ronique Viala

 
 

 

EXTRAIT

L’ArchĂ©type de la ProstituĂ©e SacrĂ©e.

Je suis l'envoyée de la Déesse,
et je suis venue pour ceux que je trouble
et j'ai été comprise par ceux qui me cherchent.
Regardez au-delĂ  de moi, vous que je trouble,
et vous qui m'Ă©coutez, Ă©coutez-moi.
Vous qui m'attendiez, prenez-moi dans vos bras
et ne me chassez pas de votre vue.
Car je suis la premiĂšre et la derniĂšre
Je suis celle qu'on honore et qu'on méprise,
Je suis la putain et la sainte...
Je suis le silence inintelligible
et le tabou qui revient souvent en mémoire.
Je suis la voix dont le son varie
et la parole aux multiples sens.
Je suis ce qu'Ă©veille mon nom.

Extraits de « Le Tonnerre, L’Intellect Parfait »
LA BIBLIOTHEQUE DE NAG HAMMADI.[1]

La ProstituĂ©e SacrĂ©e : cette expression qui, Ă  premiĂšre vue parait ĂȘtre une contradiction, peut Ă©veiller une myriade de sentiments et de pensĂ©es, allant des plus profanes aux plus respectueux. En tant qu'archĂ©type, il unifie symboliquement notre nature sexuelle et notre nature spirituelle et dissout entiĂšrement notre sĂ©paration du sexuel et du spirituel pour l’amener Ă  une unitĂ© sacrĂ©e, sexuelle complĂšte. Elle nous invite Ă  entrer dans les profondeurs de nos propres mystĂšres fĂ©minins oĂč la vĂ©ritĂ© de notre nature essentielle de femme se trouve illuminĂ©e d'une puissante force de vie.

Si je suis un ĂȘtre sexuel entier, pourquoi est-ce que ma sexualitĂ© est vue comme quelque chose de moins sacrĂ© ?

Le titre « ProstituĂ©e SacrĂ©e » est un terme gĂ©nĂ©ral inadaptĂ© pour dĂ©signer une vue d'ensemble historique de la sexualitĂ© des femmes. Nous pouvons Ă©galement l’examiner sous l’angle de l'influence des religions patriarcales. Lors de la pĂ©riode prĂ©-patriarcale, le titre de « ProstituĂ©e SacrĂ©e » n'Ă©tait pas utilisĂ© car le concept de « prostituĂ©e » n'existait pas. A sa place, le titre de « PrĂȘtresse du Temple » Ă©tait accordĂ© pour dĂ©signer une femme dont le corps Ă©tait vu comme un « contenant » sacrĂ© pour guĂ©rir les autres. Une telle prĂȘtresse se devait de servir son temple et sa communautĂ© par des actes sexuels ; elle guĂ©rissait ainsi les guerriers afin qu'ils puissent ĂȘtre rĂ©intĂ©grĂ©s dans la communautĂ© sans craindre qu'ils ne s'en prennent Ă  des femmes ou des enfants. « La pute originelle Ă©tait une prĂȘtresse, le canal vers le divin. A travers son corps, on entrait dans l’arĂšne sacrĂ©e et on Ă©tait rĂ©tabli. Les guerriers et soldats, souillĂ©s par le combat dans le monde des hommes, venaient Ă  la ProstituĂ©e SacrĂ©e, la Quedishtu - qui veut dire littĂ©ralement « celle qui est non souillĂ©e » - afin d’ĂȘtre purifiĂ© et rĂ©unifiĂ© avec le divin.[2]

A la pĂ©riode post-patriarcale est arrivĂ© le mot « prostituĂ©e », qui dĂ©signait une femme en contact intime avec sa nature Ă©rotico-sensuelle-sexuelle, mĂȘme s'il s'agissait en rĂ©alitĂ© d'une prĂȘtresse formĂ©e, au service de son temple, ou d'une courtisane rĂ©munĂ©rĂ©e.

De plus, la sociĂ©tĂ© portait un regard respectueux envers la femme profondĂ©ment prĂ©sente dans sa sexualitĂ©, regard qui s’est ensuite dĂ©placĂ© vers celle qui Ă©tait « vierge » ou qui n'avait aucune expression de sa nature Ă©rotico-sensuelle.

Cette femme « pure » Ă©tait considĂ©rĂ©e tellement sacrĂ©e que sa prĂ©sence mĂȘme pouvait changer le rĂ©sultat des exĂ©cutions : « elles pouvaient libĂ©rer des esclaves et des prisonniers condamnĂ©s en les touchant - si un condamnĂ© Ă  mort, sur le chemin de son exĂ©cution, voyait une Vestale, il Ă©tait automatiquement pardonnĂ© ».[3] A travers l’histoire, cette division entre la puretĂ© et la sexualitĂ© a Ă©tĂ© profondĂ©ment ancrĂ©e dans nos consciences par l’utilisation perpĂ©tuelle et erronĂ©e des termes « pute » ou « prostituĂ©e », pour dĂ©signer chaque femme qui se servait de son corps. Ainsi a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e cette puissante et fausse reprĂ©sentation (un virus mental propagĂ© comme une vĂ©ritĂ©) dans laquelle nous ne sĂ©parons plus les femmes et la sexualitĂ©.

Afin de mieux nous comprendre en tant qu'ĂȘtres sacrĂ©s, sensuels et sexuels, nous devons tout d'abord retourner Ă  l’époque oĂč notre sexualitĂ© Ă©tait en effet entiĂšre et sacrĂ©e et oĂč elle faisait partie intĂ©grante de la totalitĂ© de notre ĂȘtre. Historiquement, dans les religions matriarcales, nous trouvons des preuves signifiant que la fĂ©minitĂ©, la sensualitĂ© et la puretĂ©/le sacrĂ© se confondaient avec les aspects essentiels de la DĂ©esse. A cette Ă©poque, les femmes Ă©taient en lien profond avec leur fertilitĂ© et leur Nature, et vivaient avec la comprĂ©hension qu’elles Ă©taient des reprĂ©sentations vivantes de la DĂ©esse. Ainsi, une prostituĂ©e sacrĂ©e n'Ă©tait pas juste un archĂ©type, elle Ă©tait une vraie femme dont l’acte de service envers le Divin incluait l'utilisation de son corps-temple sacrĂ© et elle Ă©tait vĂ©nĂ©rĂ©e pour son service Ă  la communautĂ©. Les femmes qui servaient ainsi « se sont vues accorder un statut social et ont Ă©tĂ© Ă©duquĂ©es. Dans certains cas, elles restaient Ă©gales aux hommes aux niveaux politique et juridique ».[4] Ces femmes trĂšs Ă©duquĂ©es et influentes contribuaient de maniĂšre puissante au bien de leur communautĂ© et de leur pays.

Si les femmes Ă©taient autrefois Ă©gales aux hommes, puissantes et entiĂšres, qu’est-ce qui a changĂ© alors ?

... la suite dans la revue n°21...

SaĂŻda DĂ©silets

***********************************************************************************************************

ci-dessous, VOS ECRITS qui ne sont pas parus dans la revue, faute de place

***********************************************************************************************************

VOS ECRITS SUR LES ARCHETYPES

**********************************************

Femme, divine

Aurais-je libertĂ© de dire je t’aime un jour
Sans que l’on veuille avoir mon corps
Aurais-je le droit de clamer mon amour
À tous, sans risquer leur mauvais sort

Quand pourrais-je rugir ce qui me brûle
Sans qu’aussitĂŽt se prĂ©cipitent
Des regards étonnés qui hurlent
Et de grandes lances Ă  incendie

Quand pourrais-je sortir à l’air libre
Ce qui me brise de l’intĂ©rieur
Sans m’éclater de mille morceaux, vivre
Sans me dissoudre dans des airs supérieurs

Quand pourrais-je partager cet amour
Sans que l’on ait peur des femmes
Sans que l’on ait peur de la flamme
Qui plus jamais ne s’éteindra.

DĂ©livrez-la. Envole- toi !

Alors s’ouvrent d’autres frontiùres
Je vois combien vous ĂȘtes diffĂ©rents
Hommes, vous me mirerez dans ma lumiĂšre
Je sens combien vous ĂȘtes vivants

Je suis la femme qui vous porte
Je suis la femme qui vous apporte
Initiatrice, puissante et forte
Je vous ouvre une nouvelle porte

Je peux enfin me reconnaĂźtre
Nourrir le feu qui monte en moi
Et si j’allume vos cierges, ah !
C’est pour qu’ils Ă©clairent notre nuit Ă  renaĂźtre

Si vous voyez en moi la déesse
Vous croiserez du monde la beauté
Si vous laissez se libĂ©rer en moi la prĂȘtresse
De tous tes maux, je vous guérirai

Alors, heureux je vous Ă©veillerai
À de nouvelles et tendres sexualitĂ©s
Au pays merveilleux d’un amour sacrĂ©
OĂč nous sommes tous reliĂ©s.

Marie-Pierre Demon, http://mariedemon.canalblog.com/
Ecrivain : http://mariedemon.canalblog.com/
Formatrice : www.recitsprocite.eu
mpierre.demon@orange.fr

**************

La puissance des archétypes

J’ai dĂ©veloppĂ© une approche holistique du corps fĂ©minin qui concerne la grossesse, le post-partum et le cycle menstruel. Mon outil premier c’est le corps, aussi je proposais un travail approfondi et prĂ©cis mĂȘlant l’expĂ©rience de soi dans le corps et la connaissance physiologique du corps. Mes ateliers sur le cycle menstruel me passionnaient, d’autant que j’ai eu l’immense privilĂšge de travailler avec un groupe de femmes qui s’investissaient pleinement. Leurs progrĂšs quant Ă  la qualitĂ© de leurs mouvements Ă©taient remarquables et cependant il y eut quelque chose, obstacle invisible, qui m’obligea Ă  questionner la mĂ©moire du corps.
L’élĂ©ment dĂ©clencheur fut la danse de l’utĂ©rus, des mouvements de bascules du bassin trĂšs basiques, issus de danses fĂ©minines ancestrales, qui ont servi, jadis, autant Ă  stimuler les ovulations qu’à dĂ©clencher les rĂšgles. J’ai peu Ă  peu compris que ce qui rendait difficile cette danse n’était pas d’ordre physique, mais relevait de l’inconscient. Un positionnement intĂ©rieur, liĂ© Ă  l’inconscient collectif, interdisant l’accĂšs Ă  certaines Ă©nergies, Ă  certains Ă©tats et relations Ă  soi. Pratiquer ces mouvements basiques mais chargĂ©s d’une vieille mĂ©moire nous Ă  Ă©branlĂ©es. Pour comprendre ce qui se passait nous sommes entrĂ©es dans le domaine des archĂ©types. Un domaine qui s’exprime par symboles, comme les rĂȘves, et qui nous relie Ă  la mĂ©moire de l’humanitĂ©.

Ainsi donc il y a quelque part dans notre mĂ©moire collective le modĂšle d’une femme « autorisĂ©e ». Elle est l’épouse. Elle est la mĂšre. Elle est fertile et enfante des enfants, elle est utile, nourriciĂšre et rassurante. Comme sur une mĂ©daille, il y a aussi l’autre face, l’autre femme. La femme « rĂ©prouvĂ©e ». Celle aux mƓurs douteuses, celle qui inquiĂšte, qui dĂ©range. Une femme sauvage, sĂ»rement amie du diable : la sorciĂšre.
L’archĂ©type mĂšre-Ă©pouse prend sa source aux mamelles nourriciĂšres de la terre fĂ©conde, la Materia Prima qui prodigue toute vie, qui enfante perpĂ©tuellement. C’est un archĂ©type « constructif », pilier central de la vie sociale qui s’organise et cherche Ă  pĂ©renniser une prospĂ©ritĂ© toujours menacĂ©e.
NĂ©anmoins, certains peuples isolĂ©s de par le monde et/ou dans les temps trĂšs anciens ont intĂ©grĂ© la dimension fragile de la vie Ă  leur vision cosmogonique. L’archĂ©type originel de la grande DĂ©esse MĂšre y tient une place prĂ©pondĂ©rante et elle y est vĂ©nĂ©rĂ©e tant dans son aspect lumineux et « constructif » que dans son aspect obscur et « destructif ». Car la DĂ©esse est tout Ă  la fois celle, ronde et gĂ©nĂ©reuse, qui donne la vie, rend la terre fertile, protĂšge et nourrit et celle, terrifiante, qui donne la mort. La vie, personnifiĂ©e par la DĂ©esse, est perçue comme cyclique Ă  l’image de la lune qui croĂźt, s’épanouit, dĂ©croĂźt et meurt. La mort est associĂ©e Ă  la rĂ©gĂ©nĂ©ration. Elle est une Ă©tape, indispensable, au processus vital qui est Vie-Mort-Renaissance. La DĂ©esse, tout comme la nature, n’est ni bonne ni mauvaise. Elle est puissance, magnificence. FragilitĂ© et humilitĂ©. Prodigieuse et implacable. Elle est mouvement, transformation et transmutation.
Mais cette harmonie n’a pas pu survivre aux valeurs patriarcales, conquĂ©rantes et guerriĂšres, qui se sont imposĂ©es Ă  peu prĂšs partout. Les diffĂ©rents aspects de la DĂ©esse furent sĂ©parĂ©s, dĂ©formĂ©s et furent catĂ©gorisĂ©s. Ses facettes antagonistes et complĂ©mentaires devinrent des divinitĂ©s fĂ©minines distinctes, opposĂ©es voire ennemies. Il y eut des dĂ©esses du ciel et des dĂ©esses des tĂ©nĂšbres.
Les divinitĂ©s tĂ©nĂ©breuses fĂ©minines furent de plus en plus rĂ©duites et rangĂ©es du cĂŽtĂ© du « mal », tandis que le royaume des dĂ©esses lumineuses fĂ»t peu Ă  peu circonscrit au foyer familial et au territoire d’un dieu dont elles devinrent les Ă©pouses.
Le pas suivant fut la propagation des valeurs monothĂ©istes judĂ©o-chrĂ©tiennes et avec elles le rejet total de la DĂ©esse et de tout ce qu’elle incarnait.
L’archĂ©type de la dĂ©esse, les archĂ©types qui dĂ©coulĂšrent de son morcellement, et tout archĂ©type en son essence, sont des reprĂ©sentations d’énergies, de forces psychiques vitales. A travers l’histoire de l’humanitĂ© ils changent d’aspect, sont parfois mis aux oubliettes, sont dĂ©formĂ©s, travestis, coupĂ©s en tout petits bouts
 mais ne peuvent ĂȘtre anĂ©antis.
L’observation de cette Ă©volution nous donne de prĂ©cieuses indications sur la relation que la sociĂ©tĂ© entretient avec chacun des points cardinaux du cycle de la vie, Vie-Mort-Vie.
Si l’on regarde du cĂŽtĂ© de la mort, la puissante DĂ©esse dans sa fonction de tueuse-rĂ©gĂ©nĂ©ratrice accompagnĂ©e de ses principaux symboles – vautour, hibou et chouette, coucou et faucon, colombe, sanglier, dame blanche et chien de meute, os dessĂ©chĂ© – est aujourd’hui rĂ©duite Ă  l’état de sorciĂšre.
Qu’elle soit la messagĂšre de mort qui rĂŽde autour des demeures et pousse des cris stridents qui glacent le sang ou la vieille courbĂ©e atrocement laide, repoussante et mĂ©chante du type Baba-Yaga, on n’échappe pas Ă  la mauvaise rĂ©putation de cette part-lĂ  du fĂ©minin. Il est difficile en tant qu’enfant qui construit son psychisme de femme de s’y identifier sainement et d’intĂ©grer les Ă©nergies qui y sont contenues. Et quand l’enfant, l’adolescente, reconnaĂźt en elle des pulsions qui s’y apparentent, il est difficile de ne pas en ĂȘtre troublĂ©e. En tant que femme il n’est pas facile, ni confortable, de convoquer en soi cet archĂ©type mĂȘme si l’instinct nous pousse Ă  avoir recours Ă  ses ressources pour vivre certaines situations.
Les Ă©nergies de mort-rĂ©gĂ©nĂ©ration sont reliĂ©es Ă  la force lunaire qui dĂ©croĂźt puis meurt avant de renaĂźtre. Dans la nature, sous cette influence, la force vitale des vĂ©gĂ©taux se concentre dans la partie souterraine de la plante. C’est un temps de retour aux profondeurs, de descente dans la matiĂšre, de renoncement Ă  l’apparence. La sorciĂšre habite donc la forĂȘt profonde, elle scrute l’obscuritĂ© et voit l’envers du dĂ©cor. Elle rassemble dans son chaudron ce qui doit mourir. Elle touille et fait bouillir. Elle transforme. Elle vit en marge de la sociĂ©tĂ©, elle n’obĂ©it Ă  aucun code social, elle est liĂ©e aux animaux sauvages et elle est elle-mĂȘme mi animal-mi humaine.
Tandis que l’archĂ©type de la mĂšre-Ă©pouse dĂ©veloppe nos compĂ©tences Ă  nous lier Ă  l’homme, Ă  l’enfant, Ă  la sociĂ©tĂ©, l’archĂ©type de la sorciĂšre nous connecte Ă  la singularitĂ© de notre ĂȘtre profond et restaure nos instincts.
En époussetant les contes et légendes pour les débarrasser des scories du « bien » et du « mal » dans lesquels la morale judéo-chrétienne les a enfermés, nous avons pu nous rebrancher aux forces vitales des archétypes féminins et relire autrement toutes ces histoires de princesses, de baisers, de rois, de grenouilles et de sorciÚres ! Lire et relire, et laisser les symboles nous questionner et nous enrichir.
Et puis nous avons acceptĂ© « d’ĂȘtre travaillĂ©e » de l’intĂ©rieur par notre cycle menstruel, microcosme du grand cycle de la vie. Nous avons cherchĂ© Ă  vivre en conscience chaque Ă©tape : l’ovulation et son rayonnement royal et maternant, la descente progressive vers le monde d’en bas, la solitude habitĂ©e de la sorciĂšre qui recueille le sang, la libertĂ© jouvencelle de celle qui en remonte.

Il est intĂ©ressant de constater l’étroite relation entre syndrome prĂ©menstruel et douleurs menstruelles dont souffrent tant de femmes et l’archĂ©type si malmenĂ© de la sorciĂšre.
Ce pourrait-il qu’en redonnant ses lettres de noblesse Ă  cet archĂ©type nous cessions de souffrir de notre descente dans la matiĂšre ?
Un archĂ©type qui, justement, nous relie Ă  notre corps dans ce qu’il a de beautĂ© sauvage et animale, ses odeurs, ses sĂ©crĂ©tions, ses poils, sa chaleur, sa pulsation

La sorciĂšre serait-elle l’antidote de la poupĂ©e Barbie ?
En tous cas, elle nous protĂšge des risques aliĂ©nants d’une trop forte identification Ă  la femme culturellement fĂ©minine. Elle nous permet de faire descendre nos racines dans l’humus profond du fĂ©minin originel. Le fĂ©minin sacrĂ©, qui n’appartient ni Ă  l’homme ni Ă  la femme, mais Ă  l’humanitĂ©.

Marie Peres

Bibliographie succincte et non exhaustive
Sylvia Brinton Perera, Retour vers la déesse.
Marija Gimbutas, Le langage de la déesse.
Clarissa Pinkola Estes, Femmes qui courent avec les loups.
Paule Salomon, la femme solaire
Miranda Gray, Red moon.
Jacqueline Kelen, Marie-Madeleine ou l’amour infini.
M. Murdock, The heroine’s journey.
Susun S. Weed, wise woman herbal for the childbearing year
Susun S Weed, Menopausal years, the wise woman way.
Angus McLaren, histoire de la contraception.
Joelle de Gravelaine, La DĂ©esse sauvage.
Joelle de Gravelaine, le retour de Lilith.
Eve Ensler, les Monologues du vagin.
Marie-Louise Von franz, La femme dans les contes de fées.
Christine Champougny-Oddoux, Femme et déesse, tout simplement.
Maitreyi D. Piontek, Les secrets de la sexualité Féminine.

************************

ARCHETYPES FEMININS
« Les richesses du féminin »

Il n’y a pas d’universel pour dĂ©crire La Femme, et d’ailleurs, c’est plutĂŽt dans sa forme plurielle qu’on aborde le fĂ©minin. Les femmes ne peuvent s’aborder qu’une par une, elles n’incarnent pas l’Unique, mais la singularitĂ©. C’est ainsi que le fĂ©minin se dĂ©cline en une multitude de figures : les archĂ©types. Les reprĂ©sentations fĂ©minines tirent leur source Ă  partir de diffĂ©rents « modĂšles primitifs » et ancestraux qui dessinent encore et toujours le paysage de la fĂ©minitĂ©.

Les archétypes : une palette de couleurs
Le fĂ©minin est associĂ© Ă  un rĂ©ceptacle, un contenant prĂȘt Ă  accueillir la vie dans toutes ses formes. Le fĂ©minin a donc pour rĂŽle de « recevoir », il reprĂ©sente une bordure qui entoure un vide. Or, accepter ce rien, ce vide dans l’ĂȘtre, c’est pouvoir aussi ĂȘtre tout ! Cette opĂ©ration s’apparente Ă  l’acte sacrĂ© et noble de la crĂ©ation puisque permettre le tout Ă  partir du rien revient Ă  sublimer ce qui nous constitue. Le fĂ©minin, dans son dĂ©pouillement, a l’avantage du rien alors que l’ordre masculin s’encombre d’objets, de mots pour dire les choses, obstruant la voie de la crĂ©ation. Dans cette extrapolation, on peut dire que le fĂ©minin a une Ăąme d’artiste : il s’agit de la volontĂ© de composer sa vie selon ses aspirations profondes et ses ressentis intĂ©rieurs, et avec la dĂ©termination comme outil, c’est permettre Ă  ce trĂ©sor cachĂ© de se rĂ©vĂ©ler Ă  la lumiĂšre du monde, de façonner ses projets selon les tonalitĂ©s qui colorent notre ĂȘtre. L’art sacrĂ© du fĂ©minin, c’est cette harmonisation entre la vie intĂ©rieure et la vie extĂ©rieure, c’est cette cohĂ©rence bienheureuse qui fait des femmes Ă  la fois fortes et sensibles, douces et audacieuses, nourriciĂšres et aventureuses

Le fĂ©minin est une Ă©nergie particuliĂšre qui, combinĂ©e Ă  sa polaritĂ© : le masculin, donne une force de vie, et chacun, possĂ©dant ces deux Ă©nergies Ă  proportions diffĂ©rentes, dĂ©veloppera son style qui lui est propre. Le fĂ©minin et le masculin se logent en tout ĂȘtre -homme ou femme - et leurs ressources sont immenses, leur pouvoir illimitĂ©.
Le fĂ©minin apporte une donnĂ©e essentielle : il donne accĂšs Ă  la profondeur de l’ĂȘtre. Suivre le prĂ©cieux adage « connais-toi toi-mĂȘme » suppose alors d’avoir recours Ă  cette force fĂ©minine qui nous incombe. Le devoir de se connaĂźtre va Ă  la rencontre du devoir d’aimer : s’aimer soi-mĂȘme et aimer les autres. C’est par la connaissance sacrĂ©e des choses de la vie et des ĂȘtres que l’amour peut prendre toute sa puissance.

De la dualité au paradoxe
On retrouve d’une part la polaritĂ© fĂ©minin / masculin : actif / rĂ©ceptif, Ă©nergie lunaire / Ă©nergie solaire, Yin / Yang... mais au travers des archĂ©types fĂ©minins, on trouve d’autre part des images contrastĂ©es, duelles, opposĂ©es : Eve en mĂšre originelle / Lilith en femme sĂ©ductrice et dominatrice, la magicienne / la sorciĂšre, la vamp / l’innocente, la sensitive / la mentale, la sauvage / l’altruiste, la guerriĂšre / la prĂȘtresse, la sirĂšne envoĂ»tante capturant les hommes / la pieuse dans le don de soi
 Les dualitĂ©s peuvent ĂȘtre une source de conflits internes ; or, ne peut-on pas les accepter comme faisant partie d’un tout ? Ces figures nous animent et nous rendent plus riches. La dualitĂ© suppose un choix, donc un renoncement, une rĂ©duction alors que le paradoxe Ă©voque une pluralitĂ©, une ouverture, voire une crĂ©ation. On peut donc entrevoir le fait que le principe du paradoxe est une complexitĂ© ouvrant sur des possibles, rendant au fĂ©minin son principal atout : la libertĂ© et l’inventivitĂ© de son ĂȘtre.

Les conceptions dualistes et les idĂ©ologies peuvent enfermer et figer ces reprĂ©sentations dans des Ă©noncĂ©s et dĂ©finitions allant parfois jusqu’aux stĂ©rĂ©otypes. Ces conceptions sont pourtant nĂ©cessaires puisqu’elles donnent des repĂšres et balisent un imaginaire consensuel mais elles contiennent aussi des limites qui viennent contredire l’essence mĂȘme du fĂ©minin. En effet, le fĂ©minin dans sa nature propre ne se cantonne pas Ă  une dĂ©finition, ne se comprend pas dans un dire, ne s’apprĂ©hende pas par les mots ou les images toutes faites ; le fĂ©minin au contraire s’éprouve dans l’ĂȘtre profond, se nourrit de subtilitĂ©s, il se veut libre et crĂ©atif, dans l’abondance de la vie et il appartient au monde de l’invisible, voire de l’indicible. Qui veut approcher l’essence du fĂ©minin doit marcher Ă  tĂątonnements, non dans le « voir » mais dans l’écoute subtile des pulsations de l’ĂȘtre.

Christelle Paolino

********************

Invitation à rencontrer les archétypes féminins
C’est un tout petit bout de mon histoire que je veux te faire partager. Ce partage pour t’inviter chaleureusement Ă  rencontrer les archĂ©types fĂ©minins qui pulsent en Toi.
Aujourd’hui, je peux l’écrire : il y a au fond de nos ĂȘtres des alliĂ©s aux forces insoupçonnĂ©es. Pourquoi je sais cela ? Parce que j’ai entendu leur chant. Un chant venu de mon ventre. De la petite niche oĂč ils Ă©taient, dans mon ventre, ils ont fait monter en moi leur histoire, leur histoire mĂȘlĂ©e Ă  la mienne. J’en ai Ă©tĂ© bouleversĂ©e. C’était ma premiĂšre rencontre avec les archĂ©types. Cela s’est passĂ© au Canada. GĂ©raldine Legend Keeper et Pierre-AndrĂ© Blanc m’ont appris l’existence des archĂ©types. Ils m’ont appris leurs noms, Ă  percevoir leur mode d’expression, Ă  Ă©couter leur message dans mon corps et dans mon cƓur, Ă  les rencontrer au quotidien pour mieux les connaĂźtre, Ă  honorer leur prĂ©sence.
Ce fut comme si je me donnais la vie...
NaĂźtre de moi en conscience,
DĂ©couvrir les parties qui me composent,
Accueillir avec compassion les archétypes vivant en moi,
Laisser la graine du féminin sacré déposer ses racines en mon temple,
M’aimer,
Aimer et
Etre aimée

Vois lĂ  le cadeau que je me suis offert.
Vois là le cadeau que je t’invite à t’offrir.

Nathalie Barras Riccio
nathaliebarras@msn.com

******************************

La danseuse-passeuse de lumiĂšre
vers un renouveau de la danse sacrée

Notre monde matĂ©rialiste a besoin de retrouver le lien avec le sacrĂ©. La danse est pour moi ce lien vivant qui passe par la priĂšre du corps et du cƓur. En Occident malheureusement elle a depuis longtemps perdue les racines qui la reliaient Ă  une tradition spirituelle, la religion ayant sĂ©parĂ© le corps et l’ñme. “La danse de l’Être” tente d’approcher ce mystĂšre de l’indicible. Pour cela, je dirais qu’elle est, dans un mouvement non duel, Ă  la fois un art et un art-thĂ©rapie (dans le sens Ă©tymologique de remettre en harmonie), transcendĂ© par un troisiĂšme Ă©lĂ©ment qui est la dimension sacrĂ©e de la danse. A travers cette trinitĂ©, je parlerais plutĂŽt de la fonction de danseur-passeur de lumiĂšre, faisant rĂ©fĂ©rence Ă  un archĂ©type ancien oĂč la danse Ă©tait l’Art qui permettait le passage d’un monde Ă  l’autre.

MĂȘme si je ne suis pas dans une tradition, ayant plutĂŽt crĂ©Ă© ma propre synthĂšse, je me sens appartenir Ă  un courant oĂč le sacrĂ© est au cƓur de l’Art. Je me suis Ă©loignĂ©e en cela du mouvement de la danse contemporaine dans lequel j’ai Ă©tĂ© nĂ©anmoins. En effet, celle-ci est plus orientĂ©e vers l’expression de la personne Ă  travers la technique. Il est dommage qu’elle laisse trĂšs peu transpirer la lumiĂšre de l’Être. Isadora Duncan disait “la grande faute de la danse moderne c’est qu’elle invente quand elle devrait se laisser inspirer par la nature”. C’est donc aprĂšs ma formation en danse classique puis contemporaine que je me suis tournĂ© vers l’Orient et que j’ai Ă©tĂ© initiĂ© au ButĂŽ de la nature, Ă  la danse NĂŽ, la danse indienne, la danse derviche. J’ai pu ainsi retrouver en moi les racines de la danse originelle et de la danse sacrĂ©e.

Je ne m‘identifie pas au rĂŽle de l’artiste telle que la sociĂ©tĂ© moderne l’entend. Lorsque je danse pour un public ou pour un lieu dans la nature, le mot spectacle me dĂ©range. Je prĂ©fĂšre employer le mot offrande. Je me mets dans l’ouverture et la rĂ©ceptivitĂ© de recevoir les Ă©nergies cosmiques et je me relie aux Ă©nergies de la terre. Si les canaux d’énergies internes sont libres, le physique, l’émotionnel et le mental apaisĂ©s, la frĂ©quence de l’Être peut passer. C’est comme une antenne qui, plus elle est libre et ouverte Ă  la vibration de l’Être, plus elle peut recevoir d’ondes de lumiĂšre qu’elle va redonner autour d’elle. Je dirais comme LĂ©onard de Vinci “PlaĂźt au Seigneur, la LumiĂšre de toute chose de m’éclairer, pour que je traite dignement de la LumiĂšre”.

Tout l’art est de ne pas chercher Ă  montrer ou exprimer quelque chose dans le sens de le sortir de soi. C’est plus un mouvement inverse. C’est s’effacer pour permettre le passage de la lumiĂšre. C’est entrer dans un Ă©tat vibratoire qui va permettre Ă  une Ă©motion, un sentiment, une force Ă©lĂ©mentaire, un archĂ©type d’émerger. Ne pas chercher Ă  fixer afin que ce qui traverse et passe par l’expression du corps soit en lien intime avec ce qui est lĂ  dans le moment, touchant chacun dans sa propre histoire. La danse se fait alors miroir de l’ñme oĂč chacun peut se reconnaĂźtre.
C’est ĂȘtre comme un diamant dont les multiples facettes vont Ă©mettre telle ou telle couleur, suivant l’éclairage que chacun va projeter sur la danse. Mais la LumiĂšre, elle, reste toujours la mĂȘme. Est-ce cela ĂȘtre une danseuse-passeuse de LumiĂšre ?
Il en est de mĂȘme pour la danse dans la nature. Danser pour les Ă©lĂ©ments, les pierres, l’eau, les arbres, les papillons, le vent... c’est se laisser traverser par les Ă©nergies terrestres et cĂ©lestes et leur offrir notre danse. Le retour est parfois surprenant, les Ă©lĂ©ments, les animaux et les ĂȘtres de la nature rĂ©pondent. C’est un vrai dialogue, voir une communion !

Un effacement de la personne, de l’égo est nĂ©cessaire pour se mettre au service de l’Être. Une bonne partie de la prĂ©paration, ormie la pratique pour affiner l’outil qu’est le corps, est avant tout psychique afin que le canal soit libre avec le moins possible d’interfĂ©rences. Il peut y avoir une musique, un thĂšme, une trame, mais ce ne sont que des supports. La danse peut ĂȘtre aussi totalement improvisĂ©e dans le moment prĂ©sent et dans le silence, surtout dans la nature.
Que ce soit en spectacle ou dans les stages ce cheminement de l’ñme est le mĂȘme. Dans cette attitude, ne retrouve-t-on pas la fonction de mĂ©diateur entre le Ciel et la Terre, le danseur ou la danseuse crĂ©ant le pont entre les mondes et reliant dans ses gestes les plans de conscience du plus subtil au plus dense ? La danse, mĂȘme si elle exprime alors des Ă©motions ou sentiments humains n’est pas personnelle. Elle revĂȘt un caractĂšre universel car la PrĂ©sence est lĂ , avec l’Ɠil du tĂ©moin qui regarde la danse des Ă©motions, sans identification.

J’aimerai vous partager la vision qui m’habite d’un archĂ©type des temps anciens de “danseuse-passeuse de lumiĂšre” dans sa fonction de femme-prĂȘtresse.
Elle dansait dans les temples ou dans la nature. Sa danse, en harmonie avec le lieu, les Ă©lĂ©ments, la communautĂ© et en lien avec l’Esprit permettait la connexion Terre-Homme-Ciel. Son corps habitĂ© Ă©tait un temple vivant et vibrant oĂč l’Esprit pouvait descendre. Dans sa reliance corps-Ăąme-esprit, elle faisait le pont entre les mondes. Son costumes Ă©tait l’univers. Ses gestes et les formes qu’elle crĂ©ait, Ă©taient comme un mandala ou figure gĂ©omĂ©trique sacrĂ©e qu’elle traçait dans l’éther. Son rĂŽle Ă©tait d’harmoniser, Ă©quilibrer, Ă©lever la vibration des lieux ou des personnes, alchimiser le lourd en lĂ©ger, amener les mondes de beautĂ© sur Terre. Parfois accompagnĂ©e d’un danseur, ils symbolisaient dans leur danse l’union sacrĂ©e, une des portes d’accĂšs Ă  l’ÊtretĂ©.

Cet Art de la danse des temps anciens est de plus en plus prĂ©sent en moi. Je crois qu’il est inscrit en chacun de nous, femme ou homme. Ne serait-il pas en train de revenir pour nous souvenir de ce que nous sommes rĂ©ellement : des Êtres de lumiĂšre ? Je crois qu’un renouveau de la danse sacrĂ©e est nĂ©cessaire pour notre monde matĂ©rialiste moderne en dĂ©crĂ©pitude, perdu dans les mĂ©andres de l’égo. Je citerais encore Isadora Duncan, femme visionnaire et initiatrice de la danse libre, disant en 1909 “La danse de l’avenir sera un art hautement spirituel comme au temps des Grecs. Car un art qui n’est pas spirituel n’est pas un art, c’est une marchandise quelconque”.
Ce renouveau du sacrĂ© dans l’art auquel je me consacre avec la “danse de l’Être” est pour moi un appel du Vivant, un hymne Ă  la vie, une ode Ă  la nouvelle Terre en train d’émerger.
Fabienne Courmont
Fabienne.courmont@wanadoo.fr
www.danse-de-l-etre.fr / www.buto-de-la-lumiere.fr


**************************************************

VOS ECRITS SUR L'ACCOUCHEMENT

**************************************************

L'Enfantement Enchantant
Je suis allongée sur une large mousse flottante dans la piscine du village, enceinte de 9 mois.
J'attends dĂ©jĂ  depuis quelques semaines le jour oĂč je vais ĂȘtre "dĂ©livrĂ©e" de cette drĂŽle d'incarcĂ©ration.
Ce jour est enfin arrivé car je viens de m'en apercevoir là dans cette piscine.
Des contractions à l'intérieur de mon ventre se font réguliÚres et prennent de la force.
Je dĂ©cide de rester dans cette piscine d'eau chaude le plus longtemps possible car je prĂ©fĂšre ĂȘtre lĂ  Ă  me baigner et me dĂ©tendre. Ce n'est que le dĂ©but de cette journĂ©e mĂȘme s'il est 16h.
Je vais de douche en douche, de jets d'eau chaude en jets d'eau chaude Ă  me masser le dos. Les gens me regardent, surpris sans doute de voir un si gros ventre tenir dans un maillot de bain d'une seule piĂšce.
Une heure, deux heures s'Ă©coulent. Il commence Ă  faire froid et se faire tard.
De retour à la maison, je vaque à mes occupations mais avec toujours une trÚs forte arriÚre pensée pour les évÚnements qui vont suivre et sûrement se précipiter.
Je pense à appeler la sage femme qui doit venir m'aider à enfanter. Cependant je préfÚre attendre car le travail peut durer.
Tout un tas d'idĂ©es me viennent Ă  l'esprit. MĂȘme si j'ai dĂ©jĂ  donnĂ© le jour Ă  un premier bĂ©bĂ©, je ne me sens absolument pas maĂźtre du sujet.
"OĂč vais-je me mettre? Est-ce que j'ai assez de draps pour Ă©tancher les liquides qui vont sortir de mon corps? Quelle position vais-je prendre? Et comment la sage femme va-t-elle se mettre pour accueillir le bĂ©bĂ© si je suis accroupie? Et si ça ne se passe pas bien? Il y a des ambulances et des hopitaux pas trop loin? Est-ce que j'ai bien fait de prendre la dĂ©cision d'accoucher chez moi, juste avec l'aide d'une sage femme et d'un mĂ©decin?"
Afin de canaliser mes pensées et ne pas laisser l'angoisse s'emparer de moi, je retourne à mes occupations tant que les contractions me le permettent.
Puis vient le moment oĂč je n'ai plus d'Ă©chappatoire, tout mon ĂȘtre est concentrĂ© sur ces vagues d'Ă©tirement qui cherchent Ă  m'ouvrir le bassin.
Allongée dans le canapé, je me frotte les pieds l'un contre l'autre pour diminuer la sensation de douleur. Pour maintenir mon cerveau occupé, je me concentre sur mon souffle et tente de garder une respiration profonde en expirant le plus lentement et longtemps possible.
D'autre part, j'essaie de me dĂ©tendre au maximum pour ne pas rĂ©sister au travail des muscles qui ouvrent le col de l'utĂ©rus. Pour me consoler, je me dis que plus ils tirent, plus le passage s'ouvre vite. Je me dis aussi que je n'ai pas mal aux pieds, ni aux genoux, ni aux mains, ni Ă  la tĂȘte...
Puis arrive le moment oĂč en fin de certaines contractions, je grimace et n'arrive plus Ă  me dĂ©tendre.
L'homme avec lequel je partage cette aventure pose alors sa main sur mon ventre, s'ensuit une sensation de soulagement puis dans la seconde qui suit, une explosion retentit à l'intérieur de mon ventre et de l'eau sort de mon sexe.
Je bondis hors du canapĂ© surprise et embĂȘtĂ©e de pouvoir salir le canapĂ©.
C'est la premiÚre fois que ça m'arrive.
Je suis tellement étonnée par ce qui vient de se passer que j'en oublie presque les contractions. Je vais dans la salle de bain lorsque la sage femme téléphone.
"Je viens juste de perdre les eaux, le bébé sortira cette nuit. On rappellera dans une heure ou deux pour vous tenir informée. "
Je prends une douche bien chaude. Je marche, je me sens bien malgré la sensaton d'avoir le bassin coincé!
J'enfile un long tee-shirt sous un joli pull over blanc trĂšs doux.
Je suis toujours debout dans la salle de bain lorsqu'il me semble avoir envie d'aller aux toilettes.
Je m'installe sur le siphon préférant vider mes urines et mes selles maintenant qu'au moment de la sortie du bébé. Chose qui arrive souvent en poussant.
Cependant rien ne se passe.
Je me relÚve , fais deux pas jusqu'au lavabo lorsque je sens trÚs clairement un haut-le-coeur mais dirigé vers le bas. Un genre nouveau de besoin impérieux!
Mon compagnon est bien embĂȘtĂ© de me voir comme ça, cramponnĂ©e au meuble du lavabo.
"Le bébé va sortir" dis-je catastrophée.
Il sort téléphoner pour prévenir la sage-femme.
Une seconde contraction de ce type réapparait. Pour tenter de la contrecarrer, je serre le périné mais renonce car cela est douloureux.
Je veux alors savoir oĂč est le bĂ©bĂ© et sans plus rĂ©flĂ©chir, je retourne dans le bac de douche que j'avais rĂ©curĂ© la veille et m'accroupis, le front appuyĂ© sur le mur. Je glisse une main entre mes jambes. La tĂȘte ronde et dure bouche l'entrĂ©e.
Je suis seule avec une grande mission Ă  accomplir que je ne dois pas rater. Une voix en moi me dit de me calmer, de garder le contrĂŽle de ma respiration. C'est difficile car je ressens beaucoup d'Ă©tirements Ă  pleins d'endroits.
J'ai mal et des peurs s'emparent de moi, je le sens. Il me faut à tout prix lutter contre l'angoisse qui monte. Je sens que la peur est directement liée à la douleur. Je dois me soulager, diminuer la sensation douloureuse, me soulager, me soulager...
Etant seule, sans personne pour me juger, c'est naturellement que ma main commence Ă  carresser un petit bouton magique qui habituellement me procure beaucoup de plaisir: le clitoris.
A peine je le touche qu'un grand soulagement se répend dans mon corps.
La douleur disparait, la sensation d'avoir le bassin bien plein seule reste. Je n'ai plus peur.
C'est alors qu'un autre mécanisme vient de s'enclencher.
Une contraction nouvelle et différente , répartie dans l'ensemble de mon ventre se resserre et fait pression sur l'ensemble du bébé.
Dans ce puissant mouvement de piston, le bĂ©bĂ© et moi-mĂȘme n'avons pas d'autre choix que de laisser sortir sa tĂȘte.
Ce mouvement d'une extrÚme lenteur garde une puissance de poussée impressionnante.
J'assiste Ă©bahie, presque comme une spectatrice Ă  la sortie de la tĂȘte de mon petit.
J'empaume tout de suite et soutiens cette belle boule toute chaude et humide.
Puis la contraction d'expulsion s'arrĂȘte.
La tĂȘte est dehors, je la vois mais le reste du corps est encore dedans.
Etrange moment suspendu du temps.
Le bébé est entre deux mondes.
Impossible de revenir en arriĂšre bonhomme, nous devons continuer...
Ne sachant pas trop quoi faire, je me dis que c'est peut-ĂȘtre maintenant qu'il faut pousser!
A peine je commence Ă  pousser qu'une violente douleur surgit.
Je relùche tout et attends la suite des évÚnements, quelques secondes qui me paraissent une éternité.
Enfin, une deuxiĂšme contraction d'expulsion de type syphon fait son apparition et finit ce qui est en cours.
Toujours trÚs lentement, les muscles lisses de l'utérus se ressÚrrent et réduisent l'espace alloué jusque là au bébé. Une épaule puis deux se dégagent, les bras passent, doucement mais sûrement.
J'ai toujours une main sous la tĂȘte, pendue en bas, et place mon autre main en dessous du tronc qui continue de descendre.
Une fois les bras complÚtement sortis, les fesses et les jambes tombent de cette porte grande ouverte entraßnant dans leur chute le bébé. Ce dernier tellement bien lubrifié, me glisse des mains et fait un surf impressionnant dans le bac de douche.
Il n'a quand mĂȘme pas l'air de trouver ça drĂŽle vu la tĂȘte qu'il fait mais il est magnifique, beau et plein de vie ce petit homme. Sans tirer sur le cordon, je prends dans mes bras ce bĂ©bĂ© qui a poussĂ© son premier cri en remplissant ses poumons d'air. Il respire seul. Tout va bien.
Je suis debout dans le bac de douche avec mon bébé tout rouge et luisant dans mes bras, le cordon ombilical sortant de mon entrejambe.
Je me sens puissante. Dame Nature déverse toute l'énergie de la Terre à travers moi.
Les anges chantent mes louanges
Tout mon ĂȘtre rayonne de joie, de fiertĂ© face Ă  ce qui m'a Ă©tĂ© donnĂ©.
Déboule alors dans la salle de bain, mon ami, le téléphone à la main qui n'a pas eu le temps de composer le numéro de la sage femme!!!
Je marche jusqu'au tas de draps et m'agenouille dessus en prenant garde de ne pas tirer sur le cordon.
Le nouveau venu est enveloppé dans des serviettes chaudes et reste contre moi. La lumiÚre est douce. ll ouvre un peu les yeux puis les referme. Tranquille.
Le cordon bat faiblement puis s'aplatit. Bébé n'a plus besoin du sang de sa maman. Il est autonome pour ses fonctions vitales.
Mon ami pousse le sang qui reste dans le cordon vers le bébé, fait une ligature avec du fil stérilisé à 3 cm du futur nombril pour que le sang ne ressorte pas. Une aure ligature est faite pour fermer la partie du cordon qui est relié au placenta avant de couper le cordon.
Je propose le sein au bébé qui essaye. Puis s'éloigne.
Assise sur mes talons sur le tas de draps, je ressens l'envie d'appuyer au niveau de mon estomac. Je fais glisser ma main sur mon ventre en appuyant vers le bas plusieurs fois et le placenta sort.
Mon travail s'arrĂȘte ici. Je sens que le repos de la guerriĂšre arrive.
Mon beau nouveau né est déposé dans un couffin bien au chaud et au calme. Je me lÚve, les jambes un peu fatiguées mais pas trop. Je prends une bonne douche, des habits bien confortables et je me jette dans le lit pour comtempler mon oeuvre qui dort bienheureux.
Il est 19H30. Trois heures plus tĂŽt, j'Ă©tais dans la piscine!
En racontant cette histoire à la sage femme, elle me dit que j'ai vécu un "démoulage livresque".
Un "DĂ©moulage", "Livresque"?
Qu'est-il donc Ă©crit dans les livres des sages femmes et accoucheurs exactement?
Qu'il est possible de se carresser le clitoris comme péridurale naturelle?
Qu'il est inutile de pousser?
Qu'il vaut mieux ĂȘtre accroupie?
Qu'il faut attendre que le cordon ne batte plus avant de le couper?
....
Quoi qu'il soit écrit dans les manuels d'obstétriciens qui puisse ressembler à ce qui m'a été donné de vivre, je n'en avais jamais entendu parler avant.
MĂȘme si chaque naissance est unique et qu'aucune ne se ressemble, je peux tĂ©moigner Ă  travers cette histoire qu'il est aussi possible de mettre au monde un enfant seule et sans souffrance.
Camille Farge
**********

L’Accouchement Orgasmique

Tout commence par une Caresse.
Le Corps se laisse délicatement bercer
Par la Main Invisible qui l‘enlace.
La Chaleur se répand doucement.
Les battements du CƓur harmonisent leurs pulsations.
La MĂ©lodie de la Respiration jusqu’ici discrĂšte, commence Ă  se faire entendre.
Car voilĂ  : la Vie est prĂȘte Ă  jaillir, la Vie est lĂ .
Elle ne veut plus, elle ne peut plus attendre.
Les Caresses se font dĂšs lors plus pressantes, plus insistantes.
Le Bercement devient Danse Vibrante, Torride et Percutante.
Tout s’accĂ©lĂšre.
La FiĂšvre du DĂ©sir d’Enfanter s’empare du Ventre de la future MĂšre.
Du plus Profond de ses Entrailles,
La voici Ouverte.
La voici Offerte.
De haut en bas, de bas en haut, son Corps devient Vague déferlante
Et sa Respiration Bourrasque suffocante.
Elle ne s’appartient plus.
Elle ne se contient plus.
Elle n’est plus
Et cependant, elle naĂźt.
L’Étreinte SacrĂ©e la consacrera DĂ©esse MĂšre
Quand, Ă  l’apogĂ©e de sa Transe,
A l’orĂ©e de sa DĂ©livrance,
Elle laissera s’échapper le Cri
MĂȘlĂ© de Douleur et de Plaisir InouĂŻs
Annonçant l’arrivĂ©e de l’Être ChĂ©ri,
Annonçant l’éclosion de sa Nouvelle Vie.
Dans l’IntimitĂ© et l’IntensitĂ© de cet Instant d‘ÉternitĂ©,
Elle cueillera de ses Mains tremblantes et portera Ă  sa Bouche
Le Fruit de Sa Passion.

Myriam Femme en Marche
http://femme-en-marche.over-blog.fr

**********************

Mardi 28 septembre
Je suis enceinte de mon 4Úme enfant, à trois semaines du terme théorique. Je lis :
Orgasme: du grec « orgasmos », dĂ©rivĂ© du verbe « orgao », enfler, ĂȘtre empli de dĂ©sir amoureux. C'est donc premiĂšrement dans un sens vieilli « l'Ă©tat de gonflement et d'excitation des organes », et dans un deuxiĂšme plus moderne, liĂ© Ă  la sexualitĂ©, « le point culminant du plaisir sexuel ».
Je gonfle, je gonfle, montgolfiÚre, bibendum, emplie chaque jour un peu plus du désir amoureux d'un matin de janvier. Emplie d'eau je pleure, comme une grande marée d'équinoxe sous la pleine lune. Je vis, je bruis. Comme une flÚche, sur son arc tendu, mon corps se tend vers ce but, l'éclosion de l'enfant, effort soutenu tout au long de ces mois, colonne vertébrale vibrante, ventre épanoui.
L'orgasme est cette valse ininterrompue entre la vague et le sabre, avec ses hauts et ses bas, ses gouffres et ses sommets, chemin patiemment (ou pas !) parcouru, dans mon corps d'abord, en résonnance avec celui de l'enfant qui se développe, et dans le couple « eh mais dis donc qu'est-ce qui nous arrive là, tu crois qu'on en sortira vivants de toute cette histoire? ».
Respirer. Plus que jamais, ouvrir, parfois pleurer, lùcher, mais aussi rire, grandir. Le corps s'apprivoise, se prépare. Oui j'ai peur, oui je suis morte de trouille, et oui j'y vais, oui on y va, on continue, toi, moi, et lui/elle.

Dimanche 3 octobre
Accouchement orgasmique... il me semble que j'accouche en 9 mois, que l'Ă©closion de la naissance est l'aboutissement, l'apothĂ©ose de ce concentrĂ© de vie et de crĂ©ation, oĂč se mĂȘlent mĂ©tamorphoses physiques, Ă©motionnelles, psychiques, et plus vaste encore.
Orgasmique, organique, plonger dans la matiĂšre, dans le corps et les sensations, quelles qu'elles soient, et vibrer Ă  l'unisson.
Orgasmique, cosmique, comique... Si mes enfants m'ont appris quelque chose, c'est bien le sens de l'humour ! L'accouchement comme une vaste blague, un Ă©clat de rire, entre pluie et soleil, arc-en-ciel...

vendredi 8 octobre
Et c'est comme pour tout, à viser l'orgasme à tout prix je me perds. L'accouchement reste en suspens, comme un fruit mur ne se décidant pas à tomber de l'arbre. Qu'est-ce qu'il reste à ouvrir, à préparer, à aimer encore ? Oui, rester en suspens... ventre immobile, animé seulement par la paisible brise de la respiration... écoute...

samedi 16 octobre
Le silence a pris place. Le silence s'est expansĂ©, et le temps suspendu. Comme une spirale aller de plus en plus profond en moi-mĂȘme, pour lĂącher.
Ça vient doucement, comme une vague, du fond du ventre, comme un siphon d'Ă©vier dont le bouchon s'Ă©branle. ObscuritĂ© noire, bleue, profond dans le bassin. Cadence sourde. Comme le vent Ă©pouse la vague qui se creuse, mon souffle, lui aussi, se cherche plus loin encore. Dans cette respiration ample, les os de mon crĂąne bougent, en rĂ©sonnance avec ceux du bassin. Ma conscience explose, une fois, deux fois...
L'aprĂšs-midi du dimanche se passe, entre dessins avec les enfants, tartes aux pommes. Je marche un moment, seule, dans la forĂȘt. Je jouis d'ĂȘtre arrivĂ©e avec mon bĂ©bĂ© jusqu'Ă  ce jour d'octobre, oĂč je respire les couleurs rousses des arbres. Toujours, les contractions, et je continue Ă  marcher, entre, confiante, et du plus profond de mon ventre, j'entends « Tout est lĂ  ».
Nous ramenons les enfants à leur papa. Sourires. Cùlins encore une fois. Je sais que « c'est parti », et subitement, l'envie d'une fois encore se retrouver à la mer. La liberté de pouvoir le vivre. On y va !
Et je suis sur la plage, les fesses et les jambes nues sous le pull, au soir qui tombe, La plage est immense et les vagues lĂšchent mes pieds, et je suis sous le ciel, au rythme des vagues de mon ventre, et de celles de la mer, la grande. Je me sens dans la gratitude et la libertĂ©. Mon Ăąme est tout prĂšs, sur cette grĂšve, mon cƓur.
Et mon souffle qui se creuse, et le vent, le froid qui pince. A 4 pattes sur le sable, respire, et chante, maintenant. C'est le temps de rentrer, parce que le petit va naĂźtre.
Sur les douze kilomÚtre du retour, je rentre en travail plus intense. J'entends le « Tu accoucheras dans la douleur » ancré collectivement devenir « Tu accoucheras dans la joie ». Oui. Et je chante.
Jocelyn conduit, tranquillement, enchainant virages et dos d'Ăąne avec grĂące.
J'entends "Ne fuis pas", et reste encore plus proche de la sensation au fond du bassin, dans tout le bassin... et respire...
Patiemment, mon hÎte trouve son chemin au creux de moi, je le sens glisser le long de mon vagin, se mouler contre mes membranes, comme un délicieux et tendre au revoir, qui me touche aux larmes.
L'enfant nait Ă  la sortie de la voiture, dans la cour de la maison, dehors, juste aprĂšs la poche qui perce et coule, petit poisson glissant accueilli par son papa et sa maman...Moment de folie pure, moment sacrĂ©, d'abandon, oĂč, de pleine, je me vide pour que naisse cette nouvelle vie . Oui, un vaste Ă©clat de rire... le don de la libertĂ©, de l'amour, jusqu'au bout. Il s'appelle Saul, on est le 10.10.10, au coucher du soleil.

dimanche 17 octobre
Il a maintenant une semaine. L'ouverture, le passage se referme, doucement, et le quotidien reprend ses droits. L'orgasme, ce moment de grande ouverture au monde « cosmique », laisse place au reflux de la marée. Etre à ce qui est, maintenant, et continuer...

Pauline Beau

************************

Femmes qui accouchent en liberté

L'accompagnement d'une naissance peut et devrait, quel qu'en soit le lieu, laisser la place Ă  l'intime et Ă  l'ĂȘtre. Que la grossesse soit eutocique ou suivie de trĂšs prĂšs pour des raisons particuliĂšres, la chaleur humaine est de mise. Le plaisir d'ĂȘtre en soi, entourĂ©e de personnes en lesquelles on a une confiance profonde, avec lesquelles on se sent vivre un rapport d'Ă©gal Ă  Ă©gal : oui, cela existe, cela se prĂ©pare aussi. Le choix d'ĂȘtre seule, en soi-mĂȘme, l'accompagnant se faisant extrĂȘmement discret, ou n'existant pas, cela se vit aussi.

En quĂȘte de pistes et ne voulant me limiter Ă  ma propre expĂ©rience ou Ă  des sources livresques, j'ai envoyĂ© des questions autour de moi. Je reçus cette rĂ©ponse de Sarah Destrebecq, qui fut ma doula : "J'ai l'impression qu'il y a eu un moment, quand je te massais, oĂč on s'approchait dangereusement de l'orgasme... Je crois que si ce moment avait pu se prolonger et que tu aies accouchĂ© Ă  ce moment-lĂ , cela aurait Ă©tĂ© orgasmique. Qu'est-ce qui Ă©tait prĂ©sent? De la confiance, beaucoup, pour pouvoir lĂącher prise sur l'extĂ©rieur. En ce qui me concerne, confiance Ă  l'intĂ©rieur de moi, et en toi. Il fallait du calme aussi, en tout cas que tu puisses ĂȘtre dans ta bulle sans distraction, sans rien qui vienne stimuler ton nĂ©o-cortex, pour parler comme Odent.Âč Il me fallait ĂȘtre Ă  l'Ă©coute de ta vibration profonde. Sans le toucher, je ne suis pas sĂ»re que j'y serais parvenue. Pour que l'accompagnement que j'offrirais Ă  une femme lui permette de s'approcher d'un accouchement orgasmique, il faudrait qu'elle se sente tout Ă  fait libre de s'abandonner devant moi, et qu'elle sente mon soutien inconditionnel. La confiance. Jusqu'au fond des tripes." Diantre ! J'aurais frĂŽlĂ© la chose... Il est vrai que ce massage nous emmenait dans une danse Ă©tonnante, moi dans l'eau, elle au dehors. Je n'ai point oubliĂ© le baiser Ă©changĂ© avec le pĂšre de mes enfants, alors que je baignais dans cette piscine qui m'offrait la sĂ©rĂ©nitĂ© me permettant de m'ouvrir par moi-mĂȘme. J'avais priĂ© ma sage-femme de sortir. Nous Ă©tions entre nous. Qu'Ina May GaskinÂČ soit ici remerciĂ©e pour la suggestion de ce doux moment !

Primum non nocereÂł
Annick de Lamotte, sage-femme, sait sur le bout des doigts ce que discrĂ©tion veut dire : "Le but est que la femme vive son accouchement selon son dĂ©sir profond et selon ce qu'elle est Ă  ce moment. Savoir vraiment qu'elle est compĂ©tente et adapter son accompagnement Ă  ce principe de base : ne pas la toucher sans sa permission, ĂȘtre trĂšs discret, savoir que c'est elle la personne importante et pas soi, veiller Ă  une atmosphĂšre pleine d'amour et de respect, ĂȘtre bien ancrĂ©e dans son ĂȘtre profond, veiller Ă  l'environnement, chaleur?, lumiĂšre?, tĂ©lĂ©phone?, sonnette?, odeurs?, mains chaudes et douces?" Notons ici la place offerte au dĂ©sir et Ă  la personne qu'est la mĂšre. De lĂ  le choix de l'intimitĂ©, ou de ce que Michel Odent nomme privacy. Car lĂ  oĂč l'on se tient devant la femme et lui parle, on peut tout aussi bien se tapir dans un coin. La pĂ©nombre, la chaleur et la prĂ©sence discrĂšte renforcent la sĂ©curitĂ© que la mĂšre construit en elle-mĂȘme. La question revient sans cesse : qui est lĂ ? Qui est, qui sont ces personnes qui accompagnent? "Compagnon/compagne (amant/amante) ou autre. Y aura-t-il partenariat ou non ? Autrement dit, s'il s'agit d'un partenaire, cet instant intime, sera-t-il la vraie prolongation de celui qui a conduit Ă  la fĂ©condation et s'est dĂ©jĂ  poursuivi tout au long de la grossesse ? Il s'agit plutĂŽt d'un moment intime solitaire, dans lequel toute autre personne n'a aucune place directe. L'accompagnant reste Ă  sa place, c'est-Ă -dire distante, ne rĂ©pondant qu'aux sollicitations, aux questions, aux ordres, et reste vigilant aux signes. Mais, y a-t-il une autre maniĂšre d'accompagner un enfantement ?" dixit Jean-Claude Verduyckt, sage-femme. Il n'est peut-ĂȘtre pas d'autre maniĂšre d'accompagner une femme qui se connait, se respecte et dispose de sa propre personne. Ou en fait la conquĂȘte. OĂč la naissance n'est pas uniquement celle de qui l'on croit... "Pour accĂ©der potentiellement Ă  ce vĂ©cu, il faut que la femme - et l'homme - se sentent en sĂ©curitĂ© et surtout que la maman vive cette aventure comme un acte d'amour, comme si elle faisait l'amour, c'est-Ă -dire qu'elle soit en pleine possession de son pouvoir de femme et de son pouvoir d'ĂȘtre humain. Et qu'elle exprime ce pouvoir dans sa façon de donner naissance Ă  son enfant." Jane Delespesse, accompagnatrice de vie et doula.

Parler d'orgasme?
Non, il ne faut pas avoir un orgasme en donnant la vie. Il survient quelquefois, bien imprévisible : "Orgasme : Point culminant du plaisir sexuel, jouissance. Stade ultime de l'érotisation, retentissant durant quelques secondes dans le cerveau comme un vertige éblouissant la conscience. Je ne sais pas ce que les gens comprennent en lisant "naissance orgasmique". Je sais encore moins ce que les hommes comprennent à ces deux mots quand ils sont appliqués à la femme enfantante. Parler de naissance orgasmique, pour moi, c'est parler de femmes, de sexualité et d'érotisme féminin, mais je ne peux pas en parler à la place des autres. On sait que la jouissance est atteinte dans diverses conditions. Il faut lire les bouquins érotiques. Existe-t-il une recette pour accompagner une naissance orgasmique? Je ne peux déjà pas employer le mot accouchement. Ce simple mot évoque pour moi le viol: "couche toi là, que je te fasse du bien !" Existe t-il une recette? Connaissez-vous une recette qui vous fait jouir à tous les coups? Moi, non... Si : la masturbation, mais je n'ai besoin de personne, surtout de personne. La masturbation qui me fait jouir à TOUS les coups est solitaire...." Joelle Terrien, sage-femme et auteure.

Parler du plaisir
"Un accompagnement pour moi va vers le respect de la personne et de ses dĂ©sirs. Je parle de sexualitĂ© et, souvent, il y a des surprises. Je parle des diffĂ©rents ressentis que peuvent avoir les femmes, y compris l'orgasme. C'est essentiel de savoir que c'est possible. Je dis les conditions nĂ©cessaires Ă  ce qu'un accouchement se passe le plus physiologiquement possible, et je compare souvent cela Ă  l'orgasme : si vous avez un spot dans la figure et 3 personnes autour, c'est compliquĂ©. À part cela, une amie a eu un orgasme en accouchant dans une maternitĂ© de niveau 3, le gynĂ©cologue entre ses jambes et 3 personnes dans la piĂšce et j'ai connu plein d'accouchements trĂšs respectĂ©s, Ă  la maison, oĂč il y avait plein de belles choses, mais pas d'orgasme. Il faut aller chercher la douceur et le plaisir, particuliĂšrement pendant la grossesse. Se mettre au centre aide Ă  accoucher dans sa puissance, orgasmique ou pas, mais en tous cas dans du "bon". Quand on me demande s'il faut se masser le pĂ©rinĂ©e pour le prĂ©parer, je rĂ©ponds : "si vous y prenez du plaisir, foncez, mais si vous faites cela en vous forçant, en Ă©cartant de force les muscles, je pense qu'il vaut mieux Ă©viter." Si on proposait aux femmes d'Ă©couter leur ressenti, quel qu'il soit, au lieu de leur donner des solutions... Mais jamais jamais je ne promettrais un accompagnement vers une naissance orgasmique. Une naissance respectĂ©e, oui et oui. GoĂ»ter du plaisir dans le processus, oui. Mais orgasmique, en faire une fin en soi ? Se mettre une pression en plus ? Je suis convaincue qu'il y a aujourd'hui des femmes qui se sentent nulles de ne pas avoir eu un orgasme en accouchant et qui se posent la question de ce qu'elles ont ratĂ©." Charlotte Marchandise, doula.
Parler des peurs et de la logistique
"Je travaille en pré-natal sur les peurs des parents : peur de la douleur, de devenir mÚre/pÚre, peurs au sujet du corps et de la santé de la mÚre, autour du bébé. Mon objectif est qu'ils ressentent la confiance, ayant compris leurs peurs, changé d'avis éventuellement, ou pris des décisions pour mettre en place des filets de sécurité sur ce qui continue de les inquiéter. L'idéal est qu'ils arrivent le plus zen possible au moment de la naissance. Qu'ils n'aient qu'à penser à la magie de cette rencontre qui s'en vient. Par ailleurs, je conseille de réfléchir aux conditions matérielles, afin qu'ils mettent tout en place pour respecter leurs besoins personnels : intimité, bain, musique, ce qui leur convient. Un plan de naissance permet aux parents de parler avec le personnel soignant : cela les rassure - ou non - sur le lieu et les personnes qu'ils ont choisis. C'est encore le moment de choisir un autre lieu." Julie Gaffarel, doula.

Ou d'autres accompagnants. Un changement de derniÚre minute est toujours possible. Michel Odent a mis en vidence l'effet nocebo des consultations prénatales. Des accompagnants informés de la littérature médicale, qui n'induisent pas de stress superflu par effet nocebo, seront toujours utiles. Enfin, des personnes bien dans leur peau. N'est-ce pas essentiel pour envisager de leur ouvrir la porte de son intimité?

Ingrid van den Peereboom
auteure, formatrice et mĂšre de 8 enfants
http://www.lamysterieuseenviedetremere.blogspot.com

1. Michel Odent, chirurgien français, précurseur de l'accouchement en salle de naissance "comme à la maison" et de piscines pour faciliter le déroulement du travail, fondateur du Primal Health Research Centre à Londres, auteur de L'Amour scientifié, Paris, Jouvence, 2001 et de nombreux autres ouvrages. Il milite pour un changement des pratiques autour de la naissance, en se basant sur l'ensemble des données scientifiques actuelles.
2. Ina May Gaskin, sage-femme libĂ©rale amĂ©ricaine qui a fortement marquĂ© la culture de la naissance naturelle aux États-Unis depuis les annĂ©es 1970.
Son site internet : http://inamay.com
3. "D'abord, ne pas nuire" : un des principaux préceptes enseignés aux étudiants en médecine.

 

 

GALERIE

   
 

 

PORTRAIT DE FEMME

Stéphanie Zwahlen
J’avais un rĂȘve

A la lecture de votre dernier numĂ©ro, c’est plus qu’un magazine que j’ouvrais : une vĂ©ritable boĂźte de Pandore, mais nouvelle version (positive celle lĂ  !) Un rĂȘve d’enfant me sautait Ă  la figure : Un rĂȘve qui me disait Ecris !!!! Alors j’ai Ă©crit. Pour la premiĂšre fois, j’acceptais l’invitation d’oser. Ça m’a plu, alors je vous l’envoie, comme on envoie un rĂȘve

A travers les Ă©toiles, entre la lune et le soleil, sur l’écrin d’un arc-en-ciel, pour rejoindre le paysage que je souhaite Ă©ternel : le lieu nacrĂ© et dorĂ©, gardien de tous les rĂȘves de femmes.
Comme Apollinaire, je tente de « rallumer les Ă©toiles », il est temps ! A regarder en arriĂšre, et ce que j’aimais
faire enfant, je pense plus ou moins manifester, ou en tous cas tendre à mettre en place des projets qui représentent le plus fidÚlement mes aspirations.
A 38 ans, il m’apparaĂźt clairement que le point de dĂ©part du fil rouge Ă©tait mon handicap. Il me manque le bras gauche de naissance. Sur un plan terrestre, la cause est la prise d’un mĂ©dicament par ma maman, qui ignorait sa grossesse (cela a entraĂźnĂ© par la suite chez moi une hostilitĂ© au chimique, tendant Ă  me soigner
dans la mesure du possible par l’abondance thĂ©rapeutique et aimante de dame nature).
Sur un plan spirituel, par l’ouverture Ă  des causes karmiques Ă  « Ă©purer » dans cette vie, Ă  tenter d'accepter les limites que mon handicap m’impose, et Ă  pratiquer les 5 entraĂźnements bouddhistes.
Douteuse devant l’éternel, en manque de confiance en moi, redoutant le regard des autres, motivĂ©e par une volontĂ© tenace de m’adapter (me suradapter) aux exigences sociales et professionnelles (induites par qui ?). Les 4 burn-out, une psychothĂ©rapie et quelques belles rencontres auront eu raison de mon obstination
Ă  faire comme tout le monde, et Ă  courir en avant, histoire de ne pas avoir le temps de m’arrĂȘter pour rĂ©pondre aux vraies questions, bref, Ă  continuer sur le chemin Ă  un rythme qui est le mien, et surtout Ă  enfin oser mes rĂȘves, en partageant mon Amour de l’écriture. AprĂšs le « racontage » de contes, mon investissement pour l’environnement (petite, je pleurais souvent, j’avais le mal du monde), me voilĂ  avec
l’audace d’en Ă©crire, de pousser le bouchon en explorant l’écriture automatique, et en m’amusant comme la gosse hypersensible, rĂȘveuse, observatrice pointue du monde et des adultes, avec le regard de l’enfant idĂ©aliste que j’étais dĂ©jĂ  et Ă  qui j’ai repris la main, Ă  Ă©crire des articles dans une revue qui incarne le mieux
qui je suis, et mon « rĂȘve de femme ».
En rĂ©alisant combien j’avais Ă©tĂ© violente envers moi-mĂȘme, mĂȘme si je suis encore porteuse de colĂšre, j’ai choisi la voie de la non violence (bouddhisme, communication-non violente).
De plus en plus authentique, 100% naturelle, sensible, en quĂȘte de conscience et dĂ©finitivement reliĂ©e Ă  l’universel.
Enfant, j’aimais dĂ©jĂ  aller Ă  la rencontre des autres, avec une sensibilitĂ© particuliĂšre pour ceux qui Ă©taient plus vulnĂ©rables. J’en ai fait mon mĂ©tier d’éducatrice spĂ©cialisĂ©e, de thĂ©rapeute, de conteuse.
Mon prochain but et d’accompagner enfants est peut-ĂȘtre adultes Ă  conter leur vie, leurs utopies, reprendre un rendez-vous avec la joie pure.
Et si des projets se mettent en place, c’est doucement, comme une caresse, une promesse envers la Vie.
Stéphanie ZWAHLEN
Stephanie.tara@bluewin.ch
 

 

 
 

© Rêve de Femmes 2009 - mentions légales