Rve de femmes
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N°46 - Abusée, violée, sensible et pleinement vivante
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N°45 - S'abandonner, s'ouvrir, s'offrir, ça s'apprend
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N°44 - Cultiver la joie
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N°43 - Rites des Premières Lunes
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N°42 - Une Sexualité Sacrée - Pour quoi ? Comment ?
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N°41 - L'alimentation vivante peut-elle restaurer la santé des femmes ?
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N°40 - L'appel de la Femme Sauvage
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N°39 - Se séparer sans se déchirer
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N°6 - Agenda lunaire 2016 - N°6 - PDF
N°38 - Une femme avec une femme
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N°37 - Amour, tendresse, fluidité
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N°36 - La fonction de l'orgasme
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N°5 - Agenda lunaire 2015 - N°5
N°35 - Oser rêver grand et vivre ses Rêves pdf
N°34 - Sorcières, soeurcières, sourcières d'aujourd'hui PDF
N°33 - La Gynéco autrement PDF
N°32 - Les blessures sexuelles PDF
N°31 - Vivre en harmonie avec son cycle lunaire PDF
N°30 - Le Polyamour PDF
N°29 - Rites de purification PDF
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N°28 - La fidélité : à qui, à quoi ? PDF
N°27 - Tentes rouges, Cercles de Femmes PDF
N°26 - Clitoris et points A, B, C, D, E, F, G... - Parlons d'amour et de sexualité aux ados PDF
N°25 - L'argent, une valeur féminine - Décoder le calendrier Maya PDF
N°2 - Agenda lunaire 2012 - N°2
N°24 - Mystère et Puissance de la Matrice - Lorsque les Mères saturent PDF
N°23 - Femmes lunaires, femmes solaires - Secrets de beauté au naturel PDF
N°22 - L'Homme honore le Féminin - Histoires de Seins PDF
N°21 - Les Archétypes - Accouchement Orgasmique PDF
N°1 - Agenda Lunaire 2011
N°20 - Saisons de vie - L'enfant... école alternative PDF
N°20 - Saisons de vie - L'enfant... école alternative
N°19 - Réinventons le couple - Perceptions subtiles PDF
N°18 - Ménopause épanouie - Tao des émotions PDF
N°17 - Contraception naturelle - Rivalité... Sororité PDF
N°17 - Contraception naturelle - Rivalité... Sororité
N°16 - L'IVG - L'Apparence reflète l'Intérieur PDF
N°15 - Le Sang des Lunes - Pretresses d'aujourd'hui PDF
N°14 - Contes Initiatiques - Sexualité Yin PDF
N°14 - Contes Initiatiques - Sexualité Yin
N°13 - Femmes en réalisation - Prière... action PDF
N°12 - Gratitude - Danse, Grand-Mère
N°11 - Du corps à l'esprit - Femmes de Pouvoir PDF
N°10 - Femme créative - Porter la Vie
N°9 - Semences pr l'à-venir / Mère Terre
N°8 - L'Esprit des Plantes - S'ouvrir à la Mort
N°7 - Le Don d'Amour - Sexualité Sacrée PDF
N°6 - Gai-rire de soi - Apprentie de la Vie PDF
N°5 - La Voix du Silence - Notre lieu de Pouvoir PDF
N°4 - Appel des Femmes... conscience planétaire PDF
N°3 - Responsabilité/Liberté - ...les Ados PDF
N°2 - Sororité/Coopération-Ménopause... Sagesse PDF
N°1 - Cycles du corps-Cycle Lunaire Féminin PDF
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Les Archétypes - Accouchement Orgasmique PDF - N21

> Extrait | > Galerie | > Portrait

SOMMAIRE

3 édito

PAROLE DE TERRIEN
4 Lorsque la Déesse Mère veille au foyer
5 Astrologie mondiale, suite. . .
6 L'hiver

DOSSIER
Archétypes Féminins

7 Hiver, saison de la sagesse et archétype de la femme bison blanc
9 Les archétypes féminins en astrologie
10 Le chaperon et la Gitane
11 Les quatre archétypes de la Roue Médecine
13 L'archétype de la Prostituée Sacrée
14 Ode à Lilith, ma bien-aimée
15 Puissance et pouvoir de la Réceptive-Passive
16 Femme sauvage au XXIème siècle
17 TEST : Quelle déesse êtes-vous ?

TEMOIGNAGES
L'accouchement orgasmique

20 Extase de l'enfantement
21 Ici ou là
23 Au-delà des apparences
23 Témoignage de Carine, 3 enfants
24 Extrait de Naissances
25 Et tu enfanteras dans la douleur
26 Histoire d'accouchement
27 Le centre du milieu
28 La naissance extatique

29 Publicités
34 Abonnement
35 Le rêve d’une femme
36 Portrait d’Artiste : Véronique Viala

 
 

 

EXTRAIT

L’Archétype de la Prostituée Sacrée.

Je suis l'envoyée de la Déesse,
et je suis venue pour ceux que je trouble
et j'ai été comprise par ceux qui me cherchent.
Regardez au-delà de moi, vous que je trouble,
et vous qui m'écoutez, écoutez-moi.
Vous qui m'attendiez, prenez-moi dans vos bras
et ne me chassez pas de votre vue.
Car je suis la première et la dernière
Je suis celle qu'on honore et qu'on méprise,
Je suis la putain et la sainte...
Je suis le silence inintelligible
et le tabou qui revient souvent en mémoire.
Je suis la voix dont le son varie
et la parole aux multiples sens.
Je suis ce qu'éveille mon nom.

Extraits de « Le Tonnerre, L’Intellect Parfait »
LA BIBLIOTHEQUE DE NAG HAMMADI.[1]

La Prostituée Sacrée : cette expression qui, à première vue parait être une contradiction, peut éveiller une myriade de sentiments et de pensées, allant des plus profanes aux plus respectueux. En tant qu'archétype, il unifie symboliquement notre nature sexuelle et notre nature spirituelle et dissout entièrement notre séparation du sexuel et du spirituel pour l’amener à une unité sacrée, sexuelle complète. Elle nous invite à entrer dans les profondeurs de nos propres mystères féminins où la vérité de notre nature essentielle de femme se trouve illuminée d'une puissante force de vie.

Si je suis un être sexuel entier, pourquoi est-ce que ma sexualité est vue comme quelque chose de moins sacré ?

Le titre « Prostituée Sacrée » est un terme général inadapté pour désigner une vue d'ensemble historique de la sexualité des femmes. Nous pouvons également l’examiner sous l’angle de l'influence des religions patriarcales. Lors de la période pré-patriarcale, le titre de « Prostituée Sacrée » n'était pas utilisé car le concept de « prostituée » n'existait pas. A sa place, le titre de « Prêtresse du Temple » était accordé pour désigner une femme dont le corps était vu comme un « contenant » sacré pour guérir les autres. Une telle prêtresse se devait de servir son temple et sa communauté par des actes sexuels ; elle guérissait ainsi les guerriers afin qu'ils puissent être réintégrés dans la communauté sans craindre qu'ils ne s'en prennent à des femmes ou des enfants. « La pute originelle était une prêtresse, le canal vers le divin. A travers son corps, on entrait dans l’arène sacrée et on était rétabli. Les guerriers et soldats, souillés par le combat dans le monde des hommes, venaient à la Prostituée Sacrée, la Quedishtu - qui veut dire littéralement « celle qui est non souillée » - afin d’être purifié et réunifié avec le divin.[2]

A la période post-patriarcale est arrivé le mot « prostituée », qui désignait une femme en contact intime avec sa nature érotico-sensuelle-sexuelle, même s'il s'agissait en réalité d'une prêtresse formée, au service de son temple, ou d'une courtisane rémunérée.

De plus, la société portait un regard respectueux envers la femme profondément présente dans sa sexualité, regard qui s’est ensuite déplacé vers celle qui était « vierge » ou qui n'avait aucune expression de sa nature érotico-sensuelle.

Cette femme « pure » était considérée tellement sacrée que sa présence même pouvait changer le résultat des exécutions : « elles pouvaient libérer des esclaves et des prisonniers condamnés en les touchant - si un condamné à mort, sur le chemin de son exécution, voyait une Vestale, il était automatiquement pardonné ».[3] A travers l’histoire, cette division entre la pureté et la sexualité a été profondément ancrée dans nos consciences par l’utilisation perpétuelle et erronée des termes « pute » ou « prostituée », pour désigner chaque femme qui se servait de son corps. Ainsi a été créée cette puissante et fausse représentation (un virus mental propagé comme une vérité) dans laquelle nous ne séparons plus les femmes et la sexualité.

Afin de mieux nous comprendre en tant qu'êtres sacrés, sensuels et sexuels, nous devons tout d'abord retourner à l’époque où notre sexualité était en effet entière et sacrée et où elle faisait partie intégrante de la totalité de notre être. Historiquement, dans les religions matriarcales, nous trouvons des preuves signifiant que la féminité, la sensualité et la pureté/le sacré se confondaient avec les aspects essentiels de la Déesse. A cette époque, les femmes étaient en lien profond avec leur fertilité et leur Nature, et vivaient avec la compréhension qu’elles étaient des représentations vivantes de la Déesse. Ainsi, une prostituée sacrée n'était pas juste un archétype, elle était une vraie femme dont l’acte de service envers le Divin incluait l'utilisation de son corps-temple sacré et elle était vénérée pour son service à la communauté. Les femmes qui servaient ainsi « se sont vues accorder un statut social et ont été éduquées. Dans certains cas, elles restaient égales aux hommes aux niveaux politique et juridique ».[4] Ces femmes très éduquées et influentes contribuaient de manière puissante au bien de leur communauté et de leur pays.

Si les femmes étaient autrefois égales aux hommes, puissantes et entières, qu’est-ce qui a changé alors ?

... la suite dans la revue n°21...

Saïda Désilets

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ci-dessous, VOS ECRITS qui ne sont pas parus dans la revue, faute de place

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VOS ECRITS SUR LES ARCHETYPES

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Femme, divine

Aurais-je liberté de dire je t’aime un jour
Sans que l’on veuille avoir mon corps
Aurais-je le droit de clamer mon amour
À tous, sans risquer leur mauvais sort

Quand pourrais-je rugir ce qui me brûle
Sans qu’aussitôt se précipitent
Des regards étonnés qui hurlent
Et de grandes lances à incendie

Quand pourrais-je sortir à l’air libre
Ce qui me brise de l’intérieur
Sans m’éclater de mille morceaux, vivre
Sans me dissoudre dans des airs supérieurs

Quand pourrais-je partager cet amour
Sans que l’on ait peur des femmes
Sans que l’on ait peur de la flamme
Qui plus jamais ne s’éteindra.

Délivrez-la. Envole- toi !

Alors s’ouvrent d’autres frontières
Je vois combien vous êtes différents
Hommes, vous me mirerez dans ma lumière
Je sens combien vous êtes vivants

Je suis la femme qui vous porte
Je suis la femme qui vous apporte
Initiatrice, puissante et forte
Je vous ouvre une nouvelle porte

Je peux enfin me reconnaître
Nourrir le feu qui monte en moi
Et si j’allume vos cierges, ah !
C’est pour qu’ils éclairent notre nuit à renaître

Si vous voyez en moi la déesse
Vous croiserez du monde la beauté
Si vous laissez se libérer en moi la prêtresse
De tous tes maux, je vous guérirai

Alors, heureux je vous éveillerai
À de nouvelles et tendres sexualités
Au pays merveilleux d’un amour sacré
Où nous sommes tous reliés.

Marie-Pierre Demon, http://mariedemon.canalblog.com/
Ecrivain : http://mariedemon.canalblog.com/
Formatrice : www.recitsprocite.eu
mpierre.demon@orange.fr

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La puissance des archétypes

J’ai développé une approche holistique du corps féminin qui concerne la grossesse, le post-partum et le cycle menstruel. Mon outil premier c’est le corps, aussi je proposais un travail approfondi et précis mêlant l’expérience de soi dans le corps et la connaissance physiologique du corps. Mes ateliers sur le cycle menstruel me passionnaient, d’autant que j’ai eu l’immense privilège de travailler avec un groupe de femmes qui s’investissaient pleinement. Leurs progrès quant à la qualité de leurs mouvements étaient remarquables et cependant il y eut quelque chose, obstacle invisible, qui m’obligea à questionner la mémoire du corps.
L’élément déclencheur fut la danse de l’utérus, des mouvements de bascules du bassin très basiques, issus de danses féminines ancestrales, qui ont servi, jadis, autant à stimuler les ovulations qu’à déclencher les règles. J’ai peu à peu compris que ce qui rendait difficile cette danse n’était pas d’ordre physique, mais relevait de l’inconscient. Un positionnement intérieur, lié à l’inconscient collectif, interdisant l’accès à certaines énergies, à certains états et relations à soi. Pratiquer ces mouvements basiques mais chargés d’une vieille mémoire nous à ébranlées. Pour comprendre ce qui se passait nous sommes entrées dans le domaine des archétypes. Un domaine qui s’exprime par symboles, comme les rêves, et qui nous relie à la mémoire de l’humanité.

Ainsi donc il y a quelque part dans notre mémoire collective le modèle d’une femme « autorisée ». Elle est l’épouse. Elle est la mère. Elle est fertile et enfante des enfants, elle est utile, nourricière et rassurante. Comme sur une médaille, il y a aussi l’autre face, l’autre femme. La femme « réprouvée ». Celle aux mœurs douteuses, celle qui inquiète, qui dérange. Une femme sauvage, sûrement amie du diable : la sorcière.
L’archétype mère-épouse prend sa source aux mamelles nourricières de la terre féconde, la Materia Prima qui prodigue toute vie, qui enfante perpétuellement. C’est un archétype « constructif », pilier central de la vie sociale qui s’organise et cherche à pérenniser une prospérité toujours menacée.
Néanmoins, certains peuples isolés de par le monde et/ou dans les temps très anciens ont intégré la dimension fragile de la vie à leur vision cosmogonique. L’archétype originel de la grande Déesse Mère y tient une place prépondérante et elle y est vénérée tant dans son aspect lumineux et « constructif » que dans son aspect obscur et « destructif ». Car la Déesse est tout à la fois celle, ronde et généreuse, qui donne la vie, rend la terre fertile, protège et nourrit et celle, terrifiante, qui donne la mort. La vie, personnifiée par la Déesse, est perçue comme cyclique à l’image de la lune qui croît, s’épanouit, décroît et meurt. La mort est associée à la régénération. Elle est une étape, indispensable, au processus vital qui est Vie-Mort-Renaissance. La Déesse, tout comme la nature, n’est ni bonne ni mauvaise. Elle est puissance, magnificence. Fragilité et humilité. Prodigieuse et implacable. Elle est mouvement, transformation et transmutation.
Mais cette harmonie n’a pas pu survivre aux valeurs patriarcales, conquérantes et guerrières, qui se sont imposées à peu près partout. Les différents aspects de la Déesse furent séparés, déformés et furent catégorisés. Ses facettes antagonistes et complémentaires devinrent des divinités féminines distinctes, opposées voire ennemies. Il y eut des déesses du ciel et des déesses des ténèbres.
Les divinités ténébreuses féminines furent de plus en plus réduites et rangées du côté du « mal », tandis que le royaume des déesses lumineuses fût peu à peu circonscrit au foyer familial et au territoire d’un dieu dont elles devinrent les épouses.
Le pas suivant fut la propagation des valeurs monothéistes judéo-chrétiennes et avec elles le rejet total de la Déesse et de tout ce qu’elle incarnait.
L’archétype de la déesse, les archétypes qui découlèrent de son morcellement, et tout archétype en son essence, sont des représentations d’énergies, de forces psychiques vitales. A travers l’histoire de l’humanité ils changent d’aspect, sont parfois mis aux oubliettes, sont déformés, travestis, coupés en tout petits bouts… mais ne peuvent être anéantis.
L’observation de cette évolution nous donne de précieuses indications sur la relation que la société entretient avec chacun des points cardinaux du cycle de la vie, Vie-Mort-Vie.
Si l’on regarde du côté de la mort, la puissante Déesse dans sa fonction de tueuse-régénératrice accompagnée de ses principaux symboles – vautour, hibou et chouette, coucou et faucon, colombe, sanglier, dame blanche et chien de meute, os desséché – est aujourd’hui réduite à l’état de sorcière.
Qu’elle soit la messagère de mort qui rôde autour des demeures et pousse des cris stridents qui glacent le sang ou la vieille courbée atrocement laide, repoussante et méchante du type Baba-Yaga, on n’échappe pas à la mauvaise réputation de cette part-là du féminin. Il est difficile en tant qu’enfant qui construit son psychisme de femme de s’y identifier sainement et d’intégrer les énergies qui y sont contenues. Et quand l’enfant, l’adolescente, reconnaît en elle des pulsions qui s’y apparentent, il est difficile de ne pas en être troublée. En tant que femme il n’est pas facile, ni confortable, de convoquer en soi cet archétype même si l’instinct nous pousse à avoir recours à ses ressources pour vivre certaines situations.
Les énergies de mort-régénération sont reliées à la force lunaire qui décroît puis meurt avant de renaître. Dans la nature, sous cette influence, la force vitale des végétaux se concentre dans la partie souterraine de la plante. C’est un temps de retour aux profondeurs, de descente dans la matière, de renoncement à l’apparence. La sorcière habite donc la forêt profonde, elle scrute l’obscurité et voit l’envers du décor. Elle rassemble dans son chaudron ce qui doit mourir. Elle touille et fait bouillir. Elle transforme. Elle vit en marge de la société, elle n’obéit à aucun code social, elle est liée aux animaux sauvages et elle est elle-même mi animal-mi humaine.
Tandis que l’archétype de la mère-épouse développe nos compétences à nous lier à l’homme, à l’enfant, à la société, l’archétype de la sorcière nous connecte à la singularité de notre être profond et restaure nos instincts.
En époussetant les contes et légendes pour les débarrasser des scories du « bien » et du « mal » dans lesquels la morale judéo-chrétienne les a enfermés, nous avons pu nous rebrancher aux forces vitales des archétypes féminins et relire autrement toutes ces histoires de princesses, de baisers, de rois, de grenouilles et de sorcières ! Lire et relire, et laisser les symboles nous questionner et nous enrichir.
Et puis nous avons accepté « d’être travaillée » de l’intérieur par notre cycle menstruel, microcosme du grand cycle de la vie. Nous avons cherché à vivre en conscience chaque étape : l’ovulation et son rayonnement royal et maternant, la descente progressive vers le monde d’en bas, la solitude habitée de la sorcière qui recueille le sang, la liberté jouvencelle de celle qui en remonte.

Il est intéressant de constater l’étroite relation entre syndrome prémenstruel et douleurs menstruelles dont souffrent tant de femmes et l’archétype si malmené de la sorcière.
Ce pourrait-il qu’en redonnant ses lettres de noblesse à cet archétype nous cessions de souffrir de notre descente dans la matière ?
Un archétype qui, justement, nous relie à notre corps dans ce qu’il a de beauté sauvage et animale, ses odeurs, ses sécrétions, ses poils, sa chaleur, sa pulsation…
La sorcière serait-elle l’antidote de la poupée Barbie ?
En tous cas, elle nous protège des risques aliénants d’une trop forte identification à la femme culturellement féminine. Elle nous permet de faire descendre nos racines dans l’humus profond du féminin originel. Le féminin sacré, qui n’appartient ni à l’homme ni à la femme, mais à l’humanité.

Marie Peres

Bibliographie succincte et non exhaustive
Sylvia Brinton Perera, Retour vers la déesse.
Marija Gimbutas, Le langage de la déesse.
Clarissa Pinkola Estes, Femmes qui courent avec les loups.
Paule Salomon, la femme solaire
Miranda Gray, Red moon.
Jacqueline Kelen, Marie-Madeleine ou l’amour infini.
M. Murdock, The heroine’s journey.
Susun S. Weed, wise woman herbal for the childbearing year
Susun S Weed, Menopausal years, the wise woman way.
Angus McLaren, histoire de la contraception.
Joelle de Gravelaine, La Déesse sauvage.
Joelle de Gravelaine, le retour de Lilith.
Eve Ensler, les Monologues du vagin.
Marie-Louise Von franz, La femme dans les contes de fées.
Christine Champougny-Oddoux, Femme et déesse, tout simplement.
Maitreyi D. Piontek, Les secrets de la sexualité Féminine.

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ARCHETYPES FEMININS
« Les richesses du féminin »

Il n’y a pas d’universel pour décrire La Femme, et d’ailleurs, c’est plutôt dans sa forme plurielle qu’on aborde le féminin. Les femmes ne peuvent s’aborder qu’une par une, elles n’incarnent pas l’Unique, mais la singularité. C’est ainsi que le féminin se décline en une multitude de figures : les archétypes. Les représentations féminines tirent leur source à partir de différents « modèles primitifs » et ancestraux qui dessinent encore et toujours le paysage de la féminité.

Les archétypes : une palette de couleurs
Le féminin est associé à un réceptacle, un contenant prêt à accueillir la vie dans toutes ses formes. Le féminin a donc pour rôle de « recevoir », il représente une bordure qui entoure un vide. Or, accepter ce rien, ce vide dans l’être, c’est pouvoir aussi être tout ! Cette opération s’apparente à l’acte sacré et noble de la création puisque permettre le tout à partir du rien revient à sublimer ce qui nous constitue. Le féminin, dans son dépouillement, a l’avantage du rien alors que l’ordre masculin s’encombre d’objets, de mots pour dire les choses, obstruant la voie de la création. Dans cette extrapolation, on peut dire que le féminin a une âme d’artiste : il s’agit de la volonté de composer sa vie selon ses aspirations profondes et ses ressentis intérieurs, et avec la détermination comme outil, c’est permettre à ce trésor caché de se révéler à la lumière du monde, de façonner ses projets selon les tonalités qui colorent notre être. L’art sacré du féminin, c’est cette harmonisation entre la vie intérieure et la vie extérieure, c’est cette cohérence bienheureuse qui fait des femmes à la fois fortes et sensibles, douces et audacieuses, nourricières et aventureuses…
Le féminin est une énergie particulière qui, combinée à sa polarité : le masculin, donne une force de vie, et chacun, possédant ces deux énergies à proportions différentes, développera son style qui lui est propre. Le féminin et le masculin se logent en tout être -homme ou femme - et leurs ressources sont immenses, leur pouvoir illimité.
Le féminin apporte une donnée essentielle : il donne accès à la profondeur de l’être. Suivre le précieux adage « connais-toi toi-même » suppose alors d’avoir recours à cette force féminine qui nous incombe. Le devoir de se connaître va à la rencontre du devoir d’aimer : s’aimer soi-même et aimer les autres. C’est par la connaissance sacrée des choses de la vie et des êtres que l’amour peut prendre toute sa puissance.

De la dualité au paradoxe
On retrouve d’une part la polarité féminin / masculin : actif / réceptif, énergie lunaire / énergie solaire, Yin / Yang... mais au travers des archétypes féminins, on trouve d’autre part des images contrastées, duelles, opposées : Eve en mère originelle / Lilith en femme séductrice et dominatrice, la magicienne / la sorcière, la vamp / l’innocente, la sensitive / la mentale, la sauvage / l’altruiste, la guerrière / la prêtresse, la sirène envoûtante capturant les hommes / la pieuse dans le don de soi… Les dualités peuvent être une source de conflits internes ; or, ne peut-on pas les accepter comme faisant partie d’un tout ? Ces figures nous animent et nous rendent plus riches. La dualité suppose un choix, donc un renoncement, une réduction alors que le paradoxe évoque une pluralité, une ouverture, voire une création. On peut donc entrevoir le fait que le principe du paradoxe est une complexité ouvrant sur des possibles, rendant au féminin son principal atout : la liberté et l’inventivité de son être.

Les conceptions dualistes et les idéologies peuvent enfermer et figer ces représentations dans des énoncés et définitions allant parfois jusqu’aux stéréotypes. Ces conceptions sont pourtant nécessaires puisqu’elles donnent des repères et balisent un imaginaire consensuel mais elles contiennent aussi des limites qui viennent contredire l’essence même du féminin. En effet, le féminin dans sa nature propre ne se cantonne pas à une définition, ne se comprend pas dans un dire, ne s’appréhende pas par les mots ou les images toutes faites ; le féminin au contraire s’éprouve dans l’être profond, se nourrit de subtilités, il se veut libre et créatif, dans l’abondance de la vie et il appartient au monde de l’invisible, voire de l’indicible. Qui veut approcher l’essence du féminin doit marcher à tâtonnements, non dans le « voir » mais dans l’écoute subtile des pulsations de l’être.

Christelle Paolino

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Invitation à rencontrer les archétypes féminins
C’est un tout petit bout de mon histoire que je veux te faire partager. Ce partage pour t’inviter chaleureusement à rencontrer les archétypes féminins qui pulsent en Toi.
Aujourd’hui, je peux l’écrire : il y a au fond de nos êtres des alliés aux forces insoupçonnées. Pourquoi je sais cela ? Parce que j’ai entendu leur chant. Un chant venu de mon ventre. De la petite niche où ils étaient, dans mon ventre, ils ont fait monter en moi leur histoire, leur histoire mêlée à la mienne. J’en ai été bouleversée. C’était ma première rencontre avec les archétypes. Cela s’est passé au Canada. Géraldine Legend Keeper et Pierre-André Blanc m’ont appris l’existence des archétypes. Ils m’ont appris leurs noms, à percevoir leur mode d’expression, à écouter leur message dans mon corps et dans mon cœur, à les rencontrer au quotidien pour mieux les connaître, à honorer leur présence.
Ce fut comme si je me donnais la vie...
Naître de moi en conscience,
Découvrir les parties qui me composent,
Accueillir avec compassion les archétypes vivant en moi,
Laisser la graine du féminin sacré déposer ses racines en mon temple,
M’aimer,
Aimer et
Etre aimée…
Vois là le cadeau que je me suis offert.
Vois là le cadeau que je t’invite à t’offrir.

Nathalie Barras Riccio
nathaliebarras@msn.com

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La danseuse-passeuse de lumière
vers un renouveau de la danse sacrée

Notre monde matérialiste a besoin de retrouver le lien avec le sacré. La danse est pour moi ce lien vivant qui passe par la prière du corps et du cœur. En Occident malheureusement elle a depuis longtemps perdue les racines qui la reliaient à une tradition spirituelle, la religion ayant séparé le corps et l’âme. “La danse de l’Être” tente d’approcher ce mystère de l’indicible. Pour cela, je dirais qu’elle est, dans un mouvement non duel, à la fois un art et un art-thérapie (dans le sens étymologique de remettre en harmonie), transcendé par un troisième élément qui est la dimension sacrée de la danse. A travers cette trinité, je parlerais plutôt de la fonction de danseur-passeur de lumière, faisant référence à un archétype ancien où la danse était l’Art qui permettait le passage d’un monde à l’autre.

Même si je ne suis pas dans une tradition, ayant plutôt créé ma propre synthèse, je me sens appartenir à un courant où le sacré est au cœur de l’Art. Je me suis éloignée en cela du mouvement de la danse contemporaine dans lequel j’ai été néanmoins. En effet, celle-ci est plus orientée vers l’expression de la personne à travers la technique. Il est dommage qu’elle laisse très peu transpirer la lumière de l’Être. Isadora Duncan disait “la grande faute de la danse moderne c’est qu’elle invente quand elle devrait se laisser inspirer par la nature”. C’est donc après ma formation en danse classique puis contemporaine que je me suis tourné vers l’Orient et que j’ai été initié au Butô de la nature, à la danse Nô, la danse indienne, la danse derviche. J’ai pu ainsi retrouver en moi les racines de la danse originelle et de la danse sacrée.

Je ne m‘identifie pas au rôle de l’artiste telle que la société moderne l’entend. Lorsque je danse pour un public ou pour un lieu dans la nature, le mot spectacle me dérange. Je préfère employer le mot offrande. Je me mets dans l’ouverture et la réceptivité de recevoir les énergies cosmiques et je me relie aux énergies de la terre. Si les canaux d’énergies internes sont libres, le physique, l’émotionnel et le mental apaisés, la fréquence de l’Être peut passer. C’est comme une antenne qui, plus elle est libre et ouverte à la vibration de l’Être, plus elle peut recevoir d’ondes de lumière qu’elle va redonner autour d’elle. Je dirais comme Léonard de Vinci “Plaît au Seigneur, la Lumière de toute chose de m’éclairer, pour que je traite dignement de la Lumière”.

Tout l’art est de ne pas chercher à montrer ou exprimer quelque chose dans le sens de le sortir de soi. C’est plus un mouvement inverse. C’est s’effacer pour permettre le passage de la lumière. C’est entrer dans un état vibratoire qui va permettre à une émotion, un sentiment, une force élémentaire, un archétype d’émerger. Ne pas chercher à fixer afin que ce qui traverse et passe par l’expression du corps soit en lien intime avec ce qui est là dans le moment, touchant chacun dans sa propre histoire. La danse se fait alors miroir de l’âme où chacun peut se reconnaître.
C’est être comme un diamant dont les multiples facettes vont émettre telle ou telle couleur, suivant l’éclairage que chacun va projeter sur la danse. Mais la Lumière, elle, reste toujours la même. Est-ce cela être une danseuse-passeuse de Lumière ?
Il en est de même pour la danse dans la nature. Danser pour les éléments, les pierres, l’eau, les arbres, les papillons, le vent... c’est se laisser traverser par les énergies terrestres et célestes et leur offrir notre danse. Le retour est parfois surprenant, les éléments, les animaux et les êtres de la nature répondent. C’est un vrai dialogue, voir une communion !

Un effacement de la personne, de l’égo est nécessaire pour se mettre au service de l’Être. Une bonne partie de la préparation, ormie la pratique pour affiner l’outil qu’est le corps, est avant tout psychique afin que le canal soit libre avec le moins possible d’interférences. Il peut y avoir une musique, un thème, une trame, mais ce ne sont que des supports. La danse peut être aussi totalement improvisée dans le moment présent et dans le silence, surtout dans la nature.
Que ce soit en spectacle ou dans les stages ce cheminement de l’âme est le même. Dans cette attitude, ne retrouve-t-on pas la fonction de médiateur entre le Ciel et la Terre, le danseur ou la danseuse créant le pont entre les mondes et reliant dans ses gestes les plans de conscience du plus subtil au plus dense ? La danse, même si elle exprime alors des émotions ou sentiments humains n’est pas personnelle. Elle revêt un caractère universel car la Présence est là, avec l’œil du témoin qui regarde la danse des émotions, sans identification.

J’aimerai vous partager la vision qui m’habite d’un archétype des temps anciens de “danseuse-passeuse de lumière” dans sa fonction de femme-prêtresse.
Elle dansait dans les temples ou dans la nature. Sa danse, en harmonie avec le lieu, les éléments, la communauté et en lien avec l’Esprit permettait la connexion Terre-Homme-Ciel. Son corps habité était un temple vivant et vibrant où l’Esprit pouvait descendre. Dans sa reliance corps-âme-esprit, elle faisait le pont entre les mondes. Son costumes était l’univers. Ses gestes et les formes qu’elle créait, étaient comme un mandala ou figure géométrique sacrée qu’elle traçait dans l’éther. Son rôle était d’harmoniser, équilibrer, élever la vibration des lieux ou des personnes, alchimiser le lourd en léger, amener les mondes de beauté sur Terre. Parfois accompagnée d’un danseur, ils symbolisaient dans leur danse l’union sacrée, une des portes d’accès à l’Êtreté.

Cet Art de la danse des temps anciens est de plus en plus présent en moi. Je crois qu’il est inscrit en chacun de nous, femme ou homme. Ne serait-il pas en train de revenir pour nous souvenir de ce que nous sommes réellement : des Êtres de lumière ? Je crois qu’un renouveau de la danse sacrée est nécessaire pour notre monde matérialiste moderne en décrépitude, perdu dans les méandres de l’égo. Je citerais encore Isadora Duncan, femme visionnaire et initiatrice de la danse libre, disant en 1909 “La danse de l’avenir sera un art hautement spirituel comme au temps des Grecs. Car un art qui n’est pas spirituel n’est pas un art, c’est une marchandise quelconque”.
Ce renouveau du sacré dans l’art auquel je me consacre avec la “danse de l’Être” est pour moi un appel du Vivant, un hymne à la vie, une ode à la nouvelle Terre en train d’émerger.
Fabienne Courmont
Fabienne.courmont@wanadoo.fr
www.danse-de-l-etre.fr / www.buto-de-la-lumiere.fr


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VOS ECRITS SUR L'ACCOUCHEMENT

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L'Enfantement Enchantant
Je suis allongée sur une large mousse flottante dans la piscine du village, enceinte de 9 mois.
J'attends déjà depuis quelques semaines le jour où je vais être "délivrée" de cette drôle d'incarcération.
Ce jour est enfin arrivé car je viens de m'en apercevoir là dans cette piscine.
Des contractions à l'intérieur de mon ventre se font régulières et prennent de la force.
Je décide de rester dans cette piscine d'eau chaude le plus longtemps possible car je préfère être là à me baigner et me détendre. Ce n'est que le début de cette journée même s'il est 16h.
Je vais de douche en douche, de jets d'eau chaude en jets d'eau chaude à me masser le dos. Les gens me regardent, surpris sans doute de voir un si gros ventre tenir dans un maillot de bain d'une seule pièce.
Une heure, deux heures s'écoulent. Il commence à faire froid et se faire tard.
De retour à la maison, je vaque à mes occupations mais avec toujours une très forte arrière pensée pour les évènements qui vont suivre et sûrement se précipiter.
Je pense à appeler la sage femme qui doit venir m'aider à enfanter. Cependant je préfère attendre car le travail peut durer.
Tout un tas d'idées me viennent à l'esprit. Même si j'ai déjà donné le jour à un premier bébé, je ne me sens absolument pas maître du sujet.
"Où vais-je me mettre? Est-ce que j'ai assez de draps pour étancher les liquides qui vont sortir de mon corps? Quelle position vais-je prendre? Et comment la sage femme va-t-elle se mettre pour accueillir le bébé si je suis accroupie? Et si ça ne se passe pas bien? Il y a des ambulances et des hopitaux pas trop loin? Est-ce que j'ai bien fait de prendre la décision d'accoucher chez moi, juste avec l'aide d'une sage femme et d'un médecin?"
Afin de canaliser mes pensées et ne pas laisser l'angoisse s'emparer de moi, je retourne à mes occupations tant que les contractions me le permettent.
Puis vient le moment où je n'ai plus d'échappatoire, tout mon être est concentré sur ces vagues d'étirement qui cherchent à m'ouvrir le bassin.
Allongée dans le canapé, je me frotte les pieds l'un contre l'autre pour diminuer la sensation de douleur. Pour maintenir mon cerveau occupé, je me concentre sur mon souffle et tente de garder une respiration profonde en expirant le plus lentement et longtemps possible.
D'autre part, j'essaie de me détendre au maximum pour ne pas résister au travail des muscles qui ouvrent le col de l'utérus. Pour me consoler, je me dis que plus ils tirent, plus le passage s'ouvre vite. Je me dis aussi que je n'ai pas mal aux pieds, ni aux genoux, ni aux mains, ni à la tête...
Puis arrive le moment où en fin de certaines contractions, je grimace et n'arrive plus à me détendre.
L'homme avec lequel je partage cette aventure pose alors sa main sur mon ventre, s'ensuit une sensation de soulagement puis dans la seconde qui suit, une explosion retentit à l'intérieur de mon ventre et de l'eau sort de mon sexe.
Je bondis hors du canapé surprise et embêtée de pouvoir salir le canapé.
C'est la première fois que ça m'arrive.
Je suis tellement étonnée par ce qui vient de se passer que j'en oublie presque les contractions. Je vais dans la salle de bain lorsque la sage femme téléphone.
"Je viens juste de perdre les eaux, le bébé sortira cette nuit. On rappellera dans une heure ou deux pour vous tenir informée. "
Je prends une douche bien chaude. Je marche, je me sens bien malgré la sensaton d'avoir le bassin coincé!
J'enfile un long tee-shirt sous un joli pull over blanc très doux.
Je suis toujours debout dans la salle de bain lorsqu'il me semble avoir envie d'aller aux toilettes.
Je m'installe sur le siphon préférant vider mes urines et mes selles maintenant qu'au moment de la sortie du bébé. Chose qui arrive souvent en poussant.
Cependant rien ne se passe.
Je me relève , fais deux pas jusqu'au lavabo lorsque je sens très clairement un haut-le-coeur mais dirigé vers le bas. Un genre nouveau de besoin impérieux!
Mon compagnon est bien embêté de me voir comme ça, cramponnée au meuble du lavabo.
"Le bébé va sortir" dis-je catastrophée.
Il sort téléphoner pour prévenir la sage-femme.
Une seconde contraction de ce type réapparait. Pour tenter de la contrecarrer, je serre le périné mais renonce car cela est douloureux.
Je veux alors savoir où est le bébé et sans plus réfléchir, je retourne dans le bac de douche que j'avais récuré la veille et m'accroupis, le front appuyé sur le mur. Je glisse une main entre mes jambes. La tête ronde et dure bouche l'entrée.
Je suis seule avec une grande mission à accomplir que je ne dois pas rater. Une voix en moi me dit de me calmer, de garder le contrôle de ma respiration. C'est difficile car je ressens beaucoup d'étirements à pleins d'endroits.
J'ai mal et des peurs s'emparent de moi, je le sens. Il me faut à tout prix lutter contre l'angoisse qui monte. Je sens que la peur est directement liée à la douleur. Je dois me soulager, diminuer la sensation douloureuse, me soulager, me soulager...
Etant seule, sans personne pour me juger, c'est naturellement que ma main commence à carresser un petit bouton magique qui habituellement me procure beaucoup de plaisir: le clitoris.
A peine je le touche qu'un grand soulagement se répend dans mon corps.
La douleur disparait, la sensation d'avoir le bassin bien plein seule reste. Je n'ai plus peur.
C'est alors qu'un autre mécanisme vient de s'enclencher.
Une contraction nouvelle et différente , répartie dans l'ensemble de mon ventre se resserre et fait pression sur l'ensemble du bébé.
Dans ce puissant mouvement de piston, le bébé et moi-même n'avons pas d'autre choix que de laisser sortir sa tête.
Ce mouvement d'une extrème lenteur garde une puissance de poussée impressionnante.
J'assiste ébahie, presque comme une spectatrice à la sortie de la tête de mon petit.
J'empaume tout de suite et soutiens cette belle boule toute chaude et humide.
Puis la contraction d'expulsion s'arrête.
La tête est dehors, je la vois mais le reste du corps est encore dedans.
Etrange moment suspendu du temps.
Le bébé est entre deux mondes.
Impossible de revenir en arrière bonhomme, nous devons continuer...
Ne sachant pas trop quoi faire, je me dis que c'est peut-être maintenant qu'il faut pousser!
A peine je commence à pousser qu'une violente douleur surgit.
Je relâche tout et attends la suite des évènements, quelques secondes qui me paraissent une éternité.
Enfin, une deuxième contraction d'expulsion de type syphon fait son apparition et finit ce qui est en cours.
Toujours très lentement, les muscles lisses de l'utérus se ressèrrent et réduisent l'espace alloué jusque là au bébé. Une épaule puis deux se dégagent, les bras passent, doucement mais sûrement.
J'ai toujours une main sous la tête, pendue en bas, et place mon autre main en dessous du tronc qui continue de descendre.
Une fois les bras complètement sortis, les fesses et les jambes tombent de cette porte grande ouverte entraînant dans leur chute le bébé. Ce dernier tellement bien lubrifié, me glisse des mains et fait un surf impressionnant dans le bac de douche.
Il n'a quand même pas l'air de trouver ça drôle vu la tête qu'il fait mais il est magnifique, beau et plein de vie ce petit homme. Sans tirer sur le cordon, je prends dans mes bras ce bébé qui a poussé son premier cri en remplissant ses poumons d'air. Il respire seul. Tout va bien.
Je suis debout dans le bac de douche avec mon bébé tout rouge et luisant dans mes bras, le cordon ombilical sortant de mon entrejambe.
Je me sens puissante. Dame Nature déverse toute l'énergie de la Terre à travers moi.
Les anges chantent mes louanges
Tout mon être rayonne de joie, de fierté face à ce qui m'a été donné.
Déboule alors dans la salle de bain, mon ami, le téléphone à la main qui n'a pas eu le temps de composer le numéro de la sage femme!!!
Je marche jusqu'au tas de draps et m'agenouille dessus en prenant garde de ne pas tirer sur le cordon.
Le nouveau venu est enveloppé dans des serviettes chaudes et reste contre moi. La lumière est douce. ll ouvre un peu les yeux puis les referme. Tranquille.
Le cordon bat faiblement puis s'aplatit. Bébé n'a plus besoin du sang de sa maman. Il est autonome pour ses fonctions vitales.
Mon ami pousse le sang qui reste dans le cordon vers le bébé, fait une ligature avec du fil stérilisé à 3 cm du futur nombril pour que le sang ne ressorte pas. Une aure ligature est faite pour fermer la partie du cordon qui est relié au placenta avant de couper le cordon.
Je propose le sein au bébé qui essaye. Puis s'éloigne.
Assise sur mes talons sur le tas de draps, je ressens l'envie d'appuyer au niveau de mon estomac. Je fais glisser ma main sur mon ventre en appuyant vers le bas plusieurs fois et le placenta sort.
Mon travail s'arrête ici. Je sens que le repos de la guerrière arrive.
Mon beau nouveau né est déposé dans un couffin bien au chaud et au calme. Je me lève, les jambes un peu fatiguées mais pas trop. Je prends une bonne douche, des habits bien confortables et je me jette dans le lit pour comtempler mon oeuvre qui dort bienheureux.
Il est 19H30. Trois heures plus tôt, j'étais dans la piscine!
En racontant cette histoire à la sage femme, elle me dit que j'ai vécu un "démoulage livresque".
Un "Démoulage", "Livresque"?
Qu'est-il donc écrit dans les livres des sages femmes et accoucheurs exactement?
Qu'il est possible de se carresser le clitoris comme péridurale naturelle?
Qu'il est inutile de pousser?
Qu'il vaut mieux être accroupie?
Qu'il faut attendre que le cordon ne batte plus avant de le couper?
....
Quoi qu'il soit écrit dans les manuels d'obstétriciens qui puisse ressembler à ce qui m'a été donné de vivre, je n'en avais jamais entendu parler avant.
Même si chaque naissance est unique et qu'aucune ne se ressemble, je peux témoigner à travers cette histoire qu'il est aussi possible de mettre au monde un enfant seule et sans souffrance.
Camille Farge
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L’Accouchement Orgasmique

Tout commence par une Caresse.
Le Corps se laisse délicatement bercer
Par la Main Invisible qui l‘enlace.
La Chaleur se répand doucement.
Les battements du Cœur harmonisent leurs pulsations.
La Mélodie de la Respiration jusqu’ici discrète, commence à se faire entendre.
Car voilà : la Vie est prête à jaillir, la Vie est là.
Elle ne veut plus, elle ne peut plus attendre.
Les Caresses se font dès lors plus pressantes, plus insistantes.
Le Bercement devient Danse Vibrante, Torride et Percutante.
Tout s’accélère.
La Fièvre du Désir d’Enfanter s’empare du Ventre de la future Mère.
Du plus Profond de ses Entrailles,
La voici Ouverte.
La voici Offerte.
De haut en bas, de bas en haut, son Corps devient Vague déferlante
Et sa Respiration Bourrasque suffocante.
Elle ne s’appartient plus.
Elle ne se contient plus.
Elle n’est plus
Et cependant, elle naît.
L’Étreinte Sacrée la consacrera Déesse Mère
Quand, à l’apogée de sa Transe,
A l’orée de sa Délivrance,
Elle laissera s’échapper le Cri
Mêlé de Douleur et de Plaisir Inouïs
Annonçant l’arrivée de l’Être Chéri,
Annonçant l’éclosion de sa Nouvelle Vie.
Dans l’Intimité et l’Intensité de cet Instant d‘Éternité,
Elle cueillera de ses Mains tremblantes et portera à sa Bouche
Le Fruit de Sa Passion.

Myriam Femme en Marche
http://femme-en-marche.over-blog.fr

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Mardi 28 septembre
Je suis enceinte de mon 4ème enfant, à trois semaines du terme théorique. Je lis :
Orgasme: du grec « orgasmos », dérivé du verbe « orgao », enfler, être empli de désir amoureux. C'est donc premièrement dans un sens vieilli « l'état de gonflement et d'excitation des organes », et dans un deuxième plus moderne, lié à la sexualité, « le point culminant du plaisir sexuel ».
Je gonfle, je gonfle, montgolfière, bibendum, emplie chaque jour un peu plus du désir amoureux d'un matin de janvier. Emplie d'eau je pleure, comme une grande marée d'équinoxe sous la pleine lune. Je vis, je bruis. Comme une flèche, sur son arc tendu, mon corps se tend vers ce but, l'éclosion de l'enfant, effort soutenu tout au long de ces mois, colonne vertébrale vibrante, ventre épanoui.
L'orgasme est cette valse ininterrompue entre la vague et le sabre, avec ses hauts et ses bas, ses gouffres et ses sommets, chemin patiemment (ou pas !) parcouru, dans mon corps d'abord, en résonnance avec celui de l'enfant qui se développe, et dans le couple « eh mais dis donc qu'est-ce qui nous arrive là, tu crois qu'on en sortira vivants de toute cette histoire? ».
Respirer. Plus que jamais, ouvrir, parfois pleurer, lâcher, mais aussi rire, grandir. Le corps s'apprivoise, se prépare. Oui j'ai peur, oui je suis morte de trouille, et oui j'y vais, oui on y va, on continue, toi, moi, et lui/elle.

Dimanche 3 octobre
Accouchement orgasmique... il me semble que j'accouche en 9 mois, que l'éclosion de la naissance est l'aboutissement, l'apothéose de ce concentré de vie et de création, où se mêlent métamorphoses physiques, émotionnelles, psychiques, et plus vaste encore.
Orgasmique, organique, plonger dans la matière, dans le corps et les sensations, quelles qu'elles soient, et vibrer à l'unisson.
Orgasmique, cosmique, comique... Si mes enfants m'ont appris quelque chose, c'est bien le sens de l'humour ! L'accouchement comme une vaste blague, un éclat de rire, entre pluie et soleil, arc-en-ciel...

vendredi 8 octobre
Et c'est comme pour tout, à viser l'orgasme à tout prix je me perds. L'accouchement reste en suspens, comme un fruit mur ne se décidant pas à tomber de l'arbre. Qu'est-ce qu'il reste à ouvrir, à préparer, à aimer encore ? Oui, rester en suspens... ventre immobile, animé seulement par la paisible brise de la respiration... écoute...

samedi 16 octobre
Le silence a pris place. Le silence s'est expansé, et le temps suspendu. Comme une spirale aller de plus en plus profond en moi-même, pour lâcher.
Ça vient doucement, comme une vague, du fond du ventre, comme un siphon d'évier dont le bouchon s'ébranle. Obscurité noire, bleue, profond dans le bassin. Cadence sourde. Comme le vent épouse la vague qui se creuse, mon souffle, lui aussi, se cherche plus loin encore. Dans cette respiration ample, les os de mon crâne bougent, en résonnance avec ceux du bassin. Ma conscience explose, une fois, deux fois...
L'après-midi du dimanche se passe, entre dessins avec les enfants, tartes aux pommes. Je marche un moment, seule, dans la forêt. Je jouis d'être arrivée avec mon bébé jusqu'à ce jour d'octobre, où je respire les couleurs rousses des arbres. Toujours, les contractions, et je continue à marcher, entre, confiante, et du plus profond de mon ventre, j'entends « Tout est là ».
Nous ramenons les enfants à leur papa. Sourires. Câlins encore une fois. Je sais que « c'est parti », et subitement, l'envie d'une fois encore se retrouver à la mer. La liberté de pouvoir le vivre. On y va !
Et je suis sur la plage, les fesses et les jambes nues sous le pull, au soir qui tombe, La plage est immense et les vagues lèchent mes pieds, et je suis sous le ciel, au rythme des vagues de mon ventre, et de celles de la mer, la grande. Je me sens dans la gratitude et la liberté. Mon âme est tout près, sur cette grève, mon cœur.
Et mon souffle qui se creuse, et le vent, le froid qui pince. A 4 pattes sur le sable, respire, et chante, maintenant. C'est le temps de rentrer, parce que le petit va naître.
Sur les douze kilomètre du retour, je rentre en travail plus intense. J'entends le « Tu accoucheras dans la douleur » ancré collectivement devenir « Tu accoucheras dans la joie ». Oui. Et je chante.
Jocelyn conduit, tranquillement, enchainant virages et dos d'âne avec grâce.
J'entends "Ne fuis pas", et reste encore plus proche de la sensation au fond du bassin, dans tout le bassin... et respire...
Patiemment, mon hôte trouve son chemin au creux de moi, je le sens glisser le long de mon vagin, se mouler contre mes membranes, comme un délicieux et tendre au revoir, qui me touche aux larmes.
L'enfant nait à la sortie de la voiture, dans la cour de la maison, dehors, juste après la poche qui perce et coule, petit poisson glissant accueilli par son papa et sa maman...Moment de folie pure, moment sacré, d'abandon, où, de pleine, je me vide pour que naisse cette nouvelle vie . Oui, un vaste éclat de rire... le don de la liberté, de l'amour, jusqu'au bout. Il s'appelle Saul, on est le 10.10.10, au coucher du soleil.

dimanche 17 octobre
Il a maintenant une semaine. L'ouverture, le passage se referme, doucement, et le quotidien reprend ses droits. L'orgasme, ce moment de grande ouverture au monde « cosmique », laisse place au reflux de la marée. Etre à ce qui est, maintenant, et continuer...

Pauline Beau

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Femmes qui accouchent en liberté

L'accompagnement d'une naissance peut et devrait, quel qu'en soit le lieu, laisser la place à l'intime et à l'être. Que la grossesse soit eutocique ou suivie de très près pour des raisons particulières, la chaleur humaine est de mise. Le plaisir d'être en soi, entourée de personnes en lesquelles on a une confiance profonde, avec lesquelles on se sent vivre un rapport d'égal à égal : oui, cela existe, cela se prépare aussi. Le choix d'être seule, en soi-même, l'accompagnant se faisant extrêmement discret, ou n'existant pas, cela se vit aussi.

En quête de pistes et ne voulant me limiter à ma propre expérience ou à des sources livresques, j'ai envoyé des questions autour de moi. Je reçus cette réponse de Sarah Destrebecq, qui fut ma doula : "J'ai l'impression qu'il y a eu un moment, quand je te massais, où on s'approchait dangereusement de l'orgasme... Je crois que si ce moment avait pu se prolonger et que tu aies accouché à ce moment-là, cela aurait été orgasmique. Qu'est-ce qui était présent? De la confiance, beaucoup, pour pouvoir lâcher prise sur l'extérieur. En ce qui me concerne, confiance à l'intérieur de moi, et en toi. Il fallait du calme aussi, en tout cas que tu puisses être dans ta bulle sans distraction, sans rien qui vienne stimuler ton néo-cortex, pour parler comme Odent.¹ Il me fallait être à l'écoute de ta vibration profonde. Sans le toucher, je ne suis pas sûre que j'y serais parvenue. Pour que l'accompagnement que j'offrirais à une femme lui permette de s'approcher d'un accouchement orgasmique, il faudrait qu'elle se sente tout à fait libre de s'abandonner devant moi, et qu'elle sente mon soutien inconditionnel. La confiance. Jusqu'au fond des tripes." Diantre ! J'aurais frôlé la chose... Il est vrai que ce massage nous emmenait dans une danse étonnante, moi dans l'eau, elle au dehors. Je n'ai point oublié le baiser échangé avec le père de mes enfants, alors que je baignais dans cette piscine qui m'offrait la sérénité me permettant de m'ouvrir par moi-même. J'avais prié ma sage-femme de sortir. Nous étions entre nous. Qu'Ina May Gaskin² soit ici remerciée pour la suggestion de ce doux moment !

Primum non nocere³
Annick de Lamotte, sage-femme, sait sur le bout des doigts ce que discrétion veut dire : "Le but est que la femme vive son accouchement selon son désir profond et selon ce qu'elle est à ce moment. Savoir vraiment qu'elle est compétente et adapter son accompagnement à ce principe de base : ne pas la toucher sans sa permission, être très discret, savoir que c'est elle la personne importante et pas soi, veiller à une atmosphère pleine d'amour et de respect, être bien ancrée dans son être profond, veiller à l'environnement, chaleur?, lumière?, téléphone?, sonnette?, odeurs?, mains chaudes et douces?" Notons ici la place offerte au désir et à la personne qu'est la mère. De là le choix de l'intimité, ou de ce que Michel Odent nomme privacy. Car là où l'on se tient devant la femme et lui parle, on peut tout aussi bien se tapir dans un coin. La pénombre, la chaleur et la présence discrète renforcent la sécurité que la mère construit en elle-même. La question revient sans cesse : qui est là? Qui est, qui sont ces personnes qui accompagnent? "Compagnon/compagne (amant/amante) ou autre. Y aura-t-il partenariat ou non ? Autrement dit, s'il s'agit d'un partenaire, cet instant intime, sera-t-il la vraie prolongation de celui qui a conduit à la fécondation et s'est déjà poursuivi tout au long de la grossesse ? Il s'agit plutôt d'un moment intime solitaire, dans lequel toute autre personne n'a aucune place directe. L'accompagnant reste à sa place, c'est-à-dire distante, ne répondant qu'aux sollicitations, aux questions, aux ordres, et reste vigilant aux signes. Mais, y a-t-il une autre manière d'accompagner un enfantement ?" dixit Jean-Claude Verduyckt, sage-femme. Il n'est peut-être pas d'autre manière d'accompagner une femme qui se connait, se respecte et dispose de sa propre personne. Ou en fait la conquête. Où la naissance n'est pas uniquement celle de qui l'on croit... "Pour accéder potentiellement à ce vécu, il faut que la femme - et l'homme - se sentent en sécurité et surtout que la maman vive cette aventure comme un acte d'amour, comme si elle faisait l'amour, c'est-à-dire qu'elle soit en pleine possession de son pouvoir de femme et de son pouvoir d'être humain. Et qu'elle exprime ce pouvoir dans sa façon de donner naissance à son enfant." Jane Delespesse, accompagnatrice de vie et doula.

Parler d'orgasme?
Non, il ne faut pas avoir un orgasme en donnant la vie. Il survient quelquefois, bien imprévisible : "Orgasme : Point culminant du plaisir sexuel, jouissance. Stade ultime de l'érotisation, retentissant durant quelques secondes dans le cerveau comme un vertige éblouissant la conscience. Je ne sais pas ce que les gens comprennent en lisant "naissance orgasmique". Je sais encore moins ce que les hommes comprennent à ces deux mots quand ils sont appliqués à la femme enfantante. Parler de naissance orgasmique, pour moi, c'est parler de femmes, de sexualité et d'érotisme féminin, mais je ne peux pas en parler à la place des autres. On sait que la jouissance est atteinte dans diverses conditions. Il faut lire les bouquins érotiques. Existe-t-il une recette pour accompagner une naissance orgasmique? Je ne peux déjà pas employer le mot accouchement. Ce simple mot évoque pour moi le viol: "couche toi là, que je te fasse du bien !" Existe t-il une recette? Connaissez-vous une recette qui vous fait jouir à tous les coups? Moi, non... Si : la masturbation, mais je n'ai besoin de personne, surtout de personne. La masturbation qui me fait jouir à TOUS les coups est solitaire...." Joelle Terrien, sage-femme et auteure.

Parler du plaisir
"Un accompagnement pour moi va vers le respect de la personne et de ses désirs. Je parle de sexualité et, souvent, il y a des surprises. Je parle des différents ressentis que peuvent avoir les femmes, y compris l'orgasme. C'est essentiel de savoir que c'est possible. Je dis les conditions nécessaires à ce qu'un accouchement se passe le plus physiologiquement possible, et je compare souvent cela à l'orgasme : si vous avez un spot dans la figure et 3 personnes autour, c'est compliqué. À part cela, une amie a eu un orgasme en accouchant dans une maternité de niveau 3, le gynécologue entre ses jambes et 3 personnes dans la pièce et j'ai connu plein d'accouchements très respectés, à la maison, où il y avait plein de belles choses, mais pas d'orgasme. Il faut aller chercher la douceur et le plaisir, particulièrement pendant la grossesse. Se mettre au centre aide à accoucher dans sa puissance, orgasmique ou pas, mais en tous cas dans du "bon". Quand on me demande s'il faut se masser le périnée pour le préparer, je réponds : "si vous y prenez du plaisir, foncez, mais si vous faites cela en vous forçant, en écartant de force les muscles, je pense qu'il vaut mieux éviter." Si on proposait aux femmes d'écouter leur ressenti, quel qu'il soit, au lieu de leur donner des solutions... Mais jamais jamais je ne promettrais un accompagnement vers une naissance orgasmique. Une naissance respectée, oui et oui. Goûter du plaisir dans le processus, oui. Mais orgasmique, en faire une fin en soi ? Se mettre une pression en plus ? Je suis convaincue qu'il y a aujourd'hui des femmes qui se sentent nulles de ne pas avoir eu un orgasme en accouchant et qui se posent la question de ce qu'elles ont raté." Charlotte Marchandise, doula.
Parler des peurs et de la logistique
"Je travaille en pré-natal sur les peurs des parents : peur de la douleur, de devenir mère/père, peurs au sujet du corps et de la santé de la mère, autour du bébé. Mon objectif est qu'ils ressentent la confiance, ayant compris leurs peurs, changé d'avis éventuellement, ou pris des décisions pour mettre en place des filets de sécurité sur ce qui continue de les inquiéter. L'idéal est qu'ils arrivent le plus zen possible au moment de la naissance. Qu'ils n'aient qu'à penser à la magie de cette rencontre qui s'en vient. Par ailleurs, je conseille de réfléchir aux conditions matérielles, afin qu'ils mettent tout en place pour respecter leurs besoins personnels : intimité, bain, musique, ce qui leur convient. Un plan de naissance permet aux parents de parler avec le personnel soignant : cela les rassure - ou non - sur le lieu et les personnes qu'ils ont choisis. C'est encore le moment de choisir un autre lieu." Julie Gaffarel, doula.

Ou d'autres accompagnants. Un changement de dernière minute est toujours possible. Michel Odent a mis en vidence l'effet nocebo des consultations prénatales. Des accompagnants informés de la littérature médicale, qui n'induisent pas de stress superflu par effet nocebo, seront toujours utiles. Enfin, des personnes bien dans leur peau. N'est-ce pas essentiel pour envisager de leur ouvrir la porte de son intimité?

Ingrid van den Peereboom
auteure, formatrice et mère de 8 enfants
http://www.lamysterieuseenviedetremere.blogspot.com

1. Michel Odent, chirurgien français, précurseur de l'accouchement en salle de naissance "comme à la maison" et de piscines pour faciliter le déroulement du travail, fondateur du Primal Health Research Centre à Londres, auteur de L'Amour scientifié, Paris, Jouvence, 2001 et de nombreux autres ouvrages. Il milite pour un changement des pratiques autour de la naissance, en se basant sur l'ensemble des données scientifiques actuelles.
2. Ina May Gaskin, sage-femme libérale américaine qui a fortement marqué la culture de la naissance naturelle aux États-Unis depuis les années 1970.
Son site internet : http://inamay.com
3. "D'abord, ne pas nuire" : un des principaux préceptes enseignés aux étudiants en médecine.

 

 

GALERIE

   
 

 

PORTRAIT DE FEMME

Stéphanie Zwahlen
J’avais un rêve…
A la lecture de votre dernier numéro, c’est plus qu’un magazine que j’ouvrais : une véritable boîte de Pandore, mais nouvelle version (positive celle là !) Un rêve d’enfant me sautait à la figure : Un rêve qui me disait Ecris !!!! Alors j’ai écrit. Pour la première fois, j’acceptais l’invitation d’oser. Ça m’a plu, alors je vous l’envoie, comme on envoie un rêve…
A travers les étoiles, entre la lune et le soleil, sur l’écrin d’un arc-en-ciel, pour rejoindre le paysage que je souhaite éternel : le lieu nacré et doré, gardien de tous les rêves de femmes.
Comme Apollinaire, je tente de « rallumer les étoiles », il est temps ! A regarder en arrière, et ce que j’aimais
faire enfant, je pense plus ou moins manifester, ou en tous cas tendre à mettre en place des projets qui représentent le plus fidèlement mes aspirations.
A 38 ans, il m’apparaît clairement que le point de départ du fil rouge était mon handicap. Il me manque le bras gauche de naissance. Sur un plan terrestre, la cause est la prise d’un médicament par ma maman, qui ignorait sa grossesse (cela a entraîné par la suite chez moi une hostilité au chimique, tendant à me soigner
dans la mesure du possible par l’abondance thérapeutique et aimante de dame nature).
Sur un plan spirituel, par l’ouverture à des causes karmiques à « épurer » dans cette vie, à tenter d'accepter les limites que mon handicap m’impose, et à pratiquer les 5 entraînements bouddhistes.
Douteuse devant l’éternel, en manque de confiance en moi, redoutant le regard des autres, motivée par une volonté tenace de m’adapter (me suradapter) aux exigences sociales et professionnelles (induites par qui ?). Les 4 burn-out, une psychothérapie et quelques belles rencontres auront eu raison de mon obstination
à faire comme tout le monde, et à courir en avant, histoire de ne pas avoir le temps de m’arrêter pour répondre aux vraies questions, bref, à continuer sur le chemin à un rythme qui est le mien, et surtout à enfin oser mes rêves, en partageant mon Amour de l’écriture. Après le « racontage » de contes, mon investissement pour l’environnement (petite, je pleurais souvent, j’avais le mal du monde), me voilà avec
l’audace d’en écrire, de pousser le bouchon en explorant l’écriture automatique, et en m’amusant comme la gosse hypersensible, rêveuse, observatrice pointue du monde et des adultes, avec le regard de l’enfant idéaliste que j’étais déjà et à qui j’ai repris la main, à écrire des articles dans une revue qui incarne le mieux
qui je suis, et mon « rêve de femme ».
En réalisant combien j’avais été violente envers moi-même, même si je suis encore porteuse de colère, j’ai choisi la voie de la non violence (bouddhisme, communication-non violente).
De plus en plus authentique, 100% naturelle, sensible, en quête de conscience et définitivement reliée à l’universel.
Enfant, j’aimais déjà aller à la rencontre des autres, avec une sensibilité particulière pour ceux qui étaient plus vulnérables. J’en ai fait mon métier d’éducatrice spécialisée, de thérapeute, de conteuse.
Mon prochain but et d’accompagner enfants est peut-être adultes à conter leur vie, leurs utopies, reprendre un rendez-vous avec la joie pure.
Et si des projets se mettent en place, c’est doucement, comme une caresse, une promesse envers la Vie.
Stéphanie ZWAHLEN
Stephanie.tara@bluewin.ch
 

 

 
 

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